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Gaudreault compare ses adversaires à Trump

Le candidat à la chefferie du Parti québécois, Sylvain Gaudreault.
Photo d'archives, Simon Clark Le candidat à la chefferie du Parti québécois, Sylvain Gaudreault.

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Les adversaires de Sylvain Gaudreault dans la course à la chefferie du Parti québécois ne digèrent pas d’avoir été comparés au président américain, Donald Trump, en matière d’immigration.

La course a pris une tournure acrimonieuse après la diffusion sur Facebook Live, jeudi, d’une rencontre entre Sylvain Gaudreault et des citoyens de Dolbeau-Mistassini, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.  

Le député péquiste y expliquait son concept d’observatoire chargé de conseiller le gouvernement sur les seuils d’immigration. Comme il l’avait fait par le passé, le candidat à la chefferie a, du même souffle, reproché à ses adversaires de déterminer de façon arbitraire le nombre de nouveaux arrivants que le Québec devrait accueillir.   

«Ce n’est pas vrai qu’on va s’improviser en sortant un chiffre d’une boîte de céréales, comme une surprise, pis dire que ça va être ça. Ça, c’est la politique de Donald Trump. Moi, je fais de la politique de façon beaucoup plus sérieuse que ça», a-t-il déclaré aux militants venus l’écouter.  

«Diffamatoire»

Piqué au vif, Paul St-Pierre Plamondon se dit «surpris et déçu» de la comparaison utilisée par son adversaire. «Il n’y a pas de raison de verser dans des accusations diffamatoires, dit-il. On est tous dans le même parti et c’est certain qu’il n’y a personne qui s’inspire de Donald Trump dans cette course. Affirmer le contraire serait vraiment de la mauvaise foi.» 

Il estime même que de tels propos risquent de «faire reculer le Parti québécois» en lui accolant l’image d’une politique négative faite à coups d’insultes. «Ça nuit à la réputation, à l’image du Parti québécois, pour aucune raison, estime-t-il. Je maintiens le droit de chaque candidat d’avoir une opinion sur chaque sujet, sans se faire insulter et sans se faire diffamer.»  

L’autre candidat visé par les propos de M. Gaudreault, Frédéric Bastien, n’apprécie pas non plus la comparaison. «Je ne comprends pas que Sylvain Gaudreault fasse la diabolisation de ses adversaires», dit l’historien.  

«Parce que c’est ça quand il dit Donald Trump: Trump, c’est le diable, ajoute-t-il. [Sylvain Gaudreault] est en train de verser dans les pires travers de Québec solidaire. C’est de l’intimidation intellectuelle, de la rectitude politique, les pires travers de QS.»  

Les positions de Guy Nantel sur l’immigration ne sont pas encore connues. L’humoriste devenu candidat fera connaître sa plateforme mardi prochain.  

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«Décisions sur un coup de tête»

Sans renier ses propos, Sylvain Gaudreault affirme ne pas avoir fait une «comparaison directe» entre le président américain et ses adversaires. Ceux-ci l’accusent de vouloir éviter de débattre sur les seuils d’immigration, mais le député péquiste rétorque que son observatoire permettra plutôt de «prendre la meilleure décision pour les citoyens».  

«Quand on ne fait pas ça, on se retrouve dans des situations où on a des politiciens comme Donald Trump, des politiciens populistes, qui prennent des décisions sur un coup de tête ou juste en fonction de tendances qui font leur affaire», dit-il pour expliquer ses propos.  

Quant à ses opposants, M. Gaudreault estime qu’ils choisissent les seuils d’immigration «qui font leur affaire». Par exemple, Frédéric Bastien propose de revenir à environ 30 000 nouveaux arrivants par année, comme à l’époque de Jacques Parizeau. Mais le Québec a changé depuis, souligne Sylvain Gaudreault.