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Une rentrée scolaire sous haute surveillance

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La rentrée scolaire crée cette année plusieurs inquiétudes chez les parents qui se préparent à envoyer leurs enfants en classe en septembre, en pleine pandémie de coronavirus. Bien que les scientifiques n’aient pas fini d’établir les risques potentiels de ce virus, certains constats sont encourageants, comme un plus faible risque de complications sévères chez les enfants. Les jeunes de 19 ans et moins représentent d’ailleurs seulement 8,6 % des cas confirmés de COVID-19 au Québec. Une étude avance notamment qu’en Suède, les enfants qui sont allés à l’école pendant la pandémie n’ont pas attrapé davantage le virus. Peu d’éclosions semblent avoir eu lieu jusqu’à ce jour dans les écoles primaires à travers le monde, et plusieurs pays occidentaux n’hésitent pas à renvoyer les enfants sur les bancs d’école dès cet automne. Voici en un coup d’œil ce que l’on sait jusqu’à présent sur le coronavirus dans les écoles, ici et ailleurs.

La COVID dans les écoles publiques du Québec  

Depuis le 25 mai, le nombre de cas positifs de COVID-19 n’a jamais été plus élevé que 44 cas actifs en même temps dans le réseau public, selon le ministère de l’Éducation. 

Nombre de cas actifs dans les écoles publiques

*Le même cas peut se retrouver plus d’une fois dans le tableau, puisque les données sont comptabilisées en nombre de cas actifs.   

  • 25 mai : 19  
  • 31 mai : 44  
  • 5 juin : 34  
  • 12 juin : 10  
  • 19 juin : 6   

Les infections chez les enfants au Québec  

  • 0-9 ans : 3,3%  
  • 10-19 ans : 5,3%  
  • 20-29 ans : 14,2%  
  • 30-39 ans : 13,1%  
  • 40-49 ans : 14,9%  
  • 50-59 ans : 14,3%  
  • 60-69 ans : 8,7%  
  • 70-79 ans : 7,4%  
  • 80-89 ans : 11,1%  
  • 90 ans et plus : 7,8%   

Peu d’éclosions à travers le monde  

Une vue de l’Institut Pasteur, institut international de recherche et d’enseignement, à Paris.
Photo d’archives, AFP
Une vue de l’Institut Pasteur, institut international de recherche et d’enseignement, à Paris.

À l’heure actuelle, peu d’écoles primaires, à travers le monde, qui ont mis en place des mesures de distanciation et d’hygiène semblent avoir été frappées par des éclosions de coronavirus.    

  • Le nombre de cas n’a pas augmenté de façon importante après la réouverture des écoles en Norvège et au Danemark, où la transmission dans la communauté était plus faible, selon une recension de l’Université de Washington.    
  • L’Institut Pasteur a déterminé qu’il y avait eu très peu de transmission du coronavirus entre les élèves et les enseignants à Crépy-en-Valois, en France, avant la fermeture des écoles en février. Il y a eu trois cas probables de coronavirus sur 510 élèves provenant de six écoles primaires. Aucun cas secondaire n’a été décelé parmi les autres élèves ou professeurs. Une autre étude menée dans le même secteur par la même équipe a toutefois montré que le taux d’infection était plus élevé chez les adolescents et le personnel d’écoles secondaires.     
  • Il y a des exceptions. Par exemple, la classe de l’École Louis-de-France, à Trois-Rivières, a été touchée au printemps par une éclosion qui a contaminé deux membres du personnel et 10 élèves, dont neuf qui étaient dans la même classe. Des éclosions ont aussi été recensées en Israël en juin et juillet, après que des écoles eurent relâché certaines précautions.       

Les risques pour les enfants   

L’exemple de la Suède

Si le nombre de cas de COVID-19 en Suède était parmi les plus élevés en Europe à la fin du mois de juin, cette hausse n’était pas causée par des transmissions à l’intérieur des écoles. Une étude a comparé la décision de fermer les écoles en Finlande à celle de les garder ouvertes en Suède. Ses auteurs ont déterminé que ces approches n’ont pas eu de conséquences sur le nombre de cas. En effet, le nombre d’enfants qui ont contracté la COVID-19 est similaire d’un pays à l’autre. 

Moins de risques de complications chez les enfants 

À ce jour, la plupart des enfants ne semblent pas souffrir de complications sévères liées au coronavirus et présentent moins de symptômes que les adultes. On rapporte également beaucoup moins de cas chez les enfants, et ce, partout dans le monde. « La faible proportion des cas [...] est certainement liée au fait que plusieurs enfants présentent des formes asymptomatiques ou peu graves de la maladie, et donc, ont eu une plus faible probabilité d’être dépistés », a expliqué l’INSPQ à la fin du mois de mai dans une publication.  

Quel rôle dans la transmission du virus ? 

Il n’a pas encore été pleinement établi quel impact et quel rôle ont les enfants dans la transmission du virus. Les constats des études publiées à ce jour sont parfois contradictoires. Des pédiatres de Chicago ont par exemple rapporté à la fin juillet que les enfants de moins de 5 ans pouvaient avoir jusqu’à 100 fois plus de virus dans leurs voies respiratoires que les adultes et les enfants plus âgés. Une étude menée en Corée du Sud a plutôt montré que les enfants de moins de 10 ans transmettraient moins le coronavirus au sein de leur foyer, tandis que ceux plus âgés et les adultes le transmettraient tout autant. Une autre étude de la London School of Hygiene & Tropical Medicine a de son côté déterminé que les jeunes de moins de 20 ans seraient environ deux fois moins susceptibles d’être infectés que les adultes.

Presque tout le monde en classe  

Plusieurs provinces et pays ont publié leurs recommandations pour la rentrée scolaire cet automne. Les élèves doivent en grande majorité retourner physiquement en classe et les mesures entourant le port du masque diffèrent d’un endroit à l’autre. Au plus fort de la pandémie, en avril, 194 pays ont fermé tous leurs établissements scolaires, avec plus de 1,5 milliard d’étudiants touchés à travers le globe, selon l’UNESCO. 

Ontario 

Les masques seront requis pour les élèves de la 4e à la 12e année à l’intérieur de l’école, y compris dans leur classe. Les élèves de la maternelle à la 3e année sont encouragés à porter le masque, mais pas obligés. 

Les parents peuvent prendre la décision d’envoyer ou non leurs enfants physiquement en classe ; un papier du médecin n’est pas nécessaire.   

Nouvelle-Écosse  

Plus de 14 000 ordinateurs portables ont été achetés pour les prêter aux élèves qui n’en auraient pas, en cas de confinement. 

Le masque est fortement recommandé pour tous les élèves, mais obligatoire dans les couloirs et les aires communes pour les élèves du secondaire.  

Le gouvernement encourage également les enseignants à donner des cours en plein air lorsque c’est possible. 

France 

Le port du masque sera obligatoire pour les élèves à partir de 11 ans lorsque la distanciation physique d’un mètre n’est pas possible.  

Les groupes-bulles ne sont plus privilégiés, mais un effort pour éviter un trop grand nombre de contacts doit être fait.  

Si la distanciation physique ne permet pas d’accueillir tous les élèves dans une classe, elle ne sera plus obligatoire. 

Royaume-Uni  

Il sera obligatoire pour les élèves de retourner sur les bancs d’école, même s’ils vivent sous le même toit que des personnes à risque.  

Le port du masque n’est pas recommandé pour les élèves et les employés des écoles.  

Les bureaux devront être placés côte à côte vers l’avant de la classe pour éviter que des élèves se retrouvent trop longtemps face à face.  


Sources : Agence de la santé publique du Canada, Institut national de santé publique du Québec, gouvernements nationaux, médias, publications scientifiques.