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Le meurtrier de sa tante retrouve une semi-liberté

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Ce n’est jamais une bonne nouvelle et c'est parfois même angoissant d’apprendre que le meurtrier d’une femme qui faisait partie de votre famille retrouve sa liberté. Robert Gaudette, qui avait assassiné froidement sa femme Cindy Bouchard en 2000, vient d’obtenir cette autorisation de la Commission des libérations conditionnelles, a appris TVA Nouvelles.

«À chaque fois qu’il y a du nouveau dans ce dossier, ça nous fait revivre des émotions, d’autant plus que ça fait 20 ans cette année, une importante date pour nous», a expliqué avec émotion Marie-Claude Lacasse, la nièce de la victime.

Le week-end dernier, la famille de Cindy Bouchard, qui avait 42 ans, a appris que le meurtrier avait obtenu de la Commission des libérations conditionnelles sa semi-liberté. 

Il pourra ainsi participer à des activités dans la collectivité pour se préparer à la libération conditionnelle totale. Il vivra dans une maison de transition.

«On se sent quand même privilégiés de savoir que cet homme a purgé 18 ans de prison, contrairement à d’autres meurtriers qui peuvent s’en tirer avec des peines moins lourdes. En même temps, ce n’est pas plaisant de savoir qu’il va vivre dans la collectivité. De plus, ce qu’il a fait à ma tante, je ne souhaiterais pas ça à mon pire ennemi. Je ne comprendrai jamais comment il a pu se rendre jusque-là. Il l’a mis dans une boîte et il l’a jetée en faisant croire qu’elle avait été kidnappée», déplore la nièce de la victime.

Robert Gaudette avait été reconnu coupable de meurtre non prémédité. Il avait étranglé son épouse, avant de jeter le corps aux ordures dans le secteur d'Anjou, à Montréal. Gaudette s’était même évadé en 2014 de la prison à Laval, pour finalement être arrêté quelques jours plus tard.

«Le pardon envers cet homme, il n’y en aura pas de notre part. Nous sommes des victimes collatérales de tout ça. On aurait souhaité le voir faire la prison à vie. Pourquoi lui a droit de revivre en collectivité quand il a littéralement enlevé la vie d’un être cher? On ne la reverra jamais. Je ne pourrai jamais lui présenter mes enfants. Elle n’a jamais rencontré mon mari. Il nous a enlevé de super beaux moments avec ma tante, c’est ce que je trouve triste. On essaie de se rappeler des beaux moments et lui, on veut juste l’oublier.»

Décision de la Commission des libérations

Dans sa décision, la Commission des libérations conditionnelles du Canada a étudié des rapports d’expertise qui déterminent que le risque de récidive violent est évalué à un niveau modéré-faible, et recommande une réinsertion graduelle en communauté.

«Votre risque de récidive générale est pour sa part évalué à faible», peut-on lire.

La Commission impose des conditions spéciales nécessaires afin de protéger la société et les victimes indirectes. 

«Afin d’éviter que vos relations avec les femmes ne deviennent des situations à risque de débordements, vous devrez informer votre surveillant de libération conditionnelle immédiatement de toutes vos fréquentations ou relations intimes (sexuelles et non sexuelles) avec les femmes et de l’évolution de celles-ci», explique-t-on.

«Il vous sera interdit de communiquer directement ou indirectement avec la famille de la victime. Ces personnes ont le droit de vivre une vie paisible, en toute quiétude. (...) Il vous sera interdit de vous livrer à des jeux de hasard et d’entrer dans un établissement où les jeux de hasard constituent la principale source de revenus», ajoute le rapport.

On y apprend par ailleurs que l’accusé a accompli «des progrès, notamment en lien avec la gestion de vos émotions, votre ouverture et votre honnêteté.(...) La Commission est d’avis que vous connaissez bien votre cycle de délinquance et vous avez en main les outils nécessaires afin de réussir votre réinsertion sociale», conclut le rapport.