/portemonnaie/entrepreneurship
Navigation

Les Chèvres de montagne: bâtir une communauté de filles pour jouer dehors

Les Chèvres de montagne: bâtir une communauté de filles pour jouer dehors
Courtoisie | Les Chèvres de montagne - Yan Kaczynski

Coup d'oeil sur cet article

Envie de pratiquer un sport extrême sans avoir à suivre un groupe de gars? Envie de partir pour une expédition de randonnée en étant pleinement autonome, sans laisser le copain prendre les devants? Des passionnées de plein air au féminin ont mis sur pied un organisme qui développe une communauté pour des femmes souhaitant jouer dehors, Les Chèvres de montagne.

Pascale Vézina Rioux n’est peut-être pas une athlète olympique, mais elle raffole de plein air depuis longtemps et surtout, elle n’a pas peur d’essayer de nouveaux sports. «Je me retrouve souvent sur le terrain avec une gang de gars et je me demande où sont les autres filles. Je ne suis certainement pas la seule à avoir un côté téméraire», lance la directrice des Chèvres de montagne

C’est avec cette motivation qu’elle s’est jointe à Maryse Paquette, l’idéatrice du projet, il y a cinq ans. Cette dernière avait elle-même pris part à des événements pour les filles dans son ancien rôle d’ambassadrice Oakley, puis avait décidé d’organiser des activités à son tour.

«Maryse voyait qu’il y avait vraiment de la demande, mais que l’offre était surtout orientée autour de la course, du triathlon et des retraites de yoga. Pour tout ce qui était plus extrême, qui requérait des connaissances théoriques et techniques, il fallait que les filles s’intègrent à des groupes majoritairement masculins pour faire les formations et apprendre le sport. Il fallait avoir la volonté de dépasser la barrière de la majorité masculine», raconte Pascale.

Des Chèvres de montage, dont Pascale Vézina Rioux, deuxième sur la rangée du bas (de gauche à droite).
Des Chèvres de montage, dont Pascale Vézina Rioux, deuxième sur la rangée du bas (de gauche à droite).

Rien contre les gars  

La vision des Chèvres de montagne est loin de dénigrer les sportifs masculins. Elle permet plutôt aux femmes d’apprendre un sport et de se dépasser entre elles, avant de pratiquer avec d’autres. «On n’est pas en train de dire qu’il faut faire juste du sport entre filles et que c’est mieux entre filles, mais on est en train de dire qu’il y a des avantages à apprendre entre filles», précise Pascale.

Et ces avantages, qui ont particulièrement trait à l’estime de soi et à la confiance, la directrice les comprend parfaitement bien. «J’ai fait ma formation de AST (Avalanche Skills Training) avec mon chum en Nouvelle-Zélande de niveau 2, un gros cours. C’est lui qui prenait le lead de tout ça. Je l’ai refait entre filles deux ans plus tard et c’est comme si je réapprenais d’une autre façon parce qu’il n’y avait personne pour me regarder et me valider. Ça m’obligeait à être sûre de moi.»

Des chèvres partout au Québec  

Les Chèvres de montagne organisent des événements qui touchent autant au vélo de montagne qu’à la pêche à la mouche, la voile, le canot-camping, la randonnée ou le ski hors-piste. Ces activités sont offertes dans plusieurs régions du Québec (Estrie, Québec, Mauricie et Laurentides) et s’adressent à un public de sportives qui souhaitent s’initier à un sport ou progresser dans une discipline qu’elles connaissent déjà. «On a des coachs et des guides de haut niveau et ils ont vraiment le bagage pour amener les filles plus loin», dit-elle.

Avantage non négligeable des activités proposées par l’organisme: l’équipement, souvent dispendieux lorsque l’on débute la pratique d’un nouveau sport, est pleinement fourni. Les guides prennent d’ailleurs du temps avec les participantes pour passer à travers la liste d’équipement nécessaire afin d’exercer le sport par soi-même après l’activité. 

Les Chèvres de montagne: bâtir une communauté de filles pour jouer dehors
Couroisie | Les Chèvres de montagne - Yan Kaczynski

Un cercle agrandi  

Au-delà des activités, les participantes peuvent aussi se créer un réseau de partenaires qui pratiquent le même sport qu’elles. «Même si tes amies de toujours ne veulent pas essayer le vélo de montagne, eh bien, il y a 20 autres filles qui veulent l’essayer. Elles viennent peut-être d’ailleurs au Québec, mais c’est facile de se rejoindre à mi-chemin et d’aller faire du vélo avec quelqu’un d’autre», souligne Pascale.

Fonceuses, malgré la pandémie  

Si la pandémie a poussé l’équipe des Chèvres à modifier sa programmation, la directrice assure que les événements au calendrier respectent la distanciation sociale. Elle mise notamment sur des activités qui comportent des volets éducatifs, favorisant par exemple l’orientation et l’autonomie en forêt. 

La tête pleine d’idées pour la suite, Pascale et son équipe travaillent sur des formations en ligne, des conférences et une collection d’objets promotionnels. Elles espèrent aussi proposer des événements dans un plus grand nombre de régions, mais doivent parallèlement composer avec certaines limites de financement. 

«En événementiel, on ne peut pas payer toutes les heures qu’on met, admet Pascale. [...] On est à la recherche de financement pour avoir plus d’aide et s’investir sur un plus large territoire». Par-dessus tout, elles souhaitent poursuivre leur croissance en conservant les activités accessibles à toutes et en respectant la juste valeur de l’implication de chacun de leurs collaborateurs.

Pour plus d'informations sur les activités des Chèvres de montagne, visitez leur site web ici.

Les Chèvres de montagne: bâtir une communauté de filles pour jouer dehors
Courtoisie | Les Chèvres de montagne - Yan Kaczynski

Suivez-nous sur
les réseaux sociaux