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Ralentissement économique: Québec ne réduira pas les seuils d’immigration

La ministre de l’Immigration, Nadine Girault
Photo Simon Clark La ministre de l’Immigration, Nadine Girault

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Le gouvernement Legault poursuivra l'augmentation du nombre d’immigrants admis annuellement, malgré la hausse du taux de chômage et le ralentissement économique causés par la COVID-19.

«Il n’y aura pas de baisse des seuils d’immigration dans les cartons pour les prochaines années», a déclaré la ministre de l’Immigration, Nadine Girault, au premier jour de l’étude des crédits à l’Assemblée nationale lundi. 

«C’est évident qu’avec la COVID, on a eu moins d’immigrants qui sont rentrés, les frontières étaient fermées, a souligné Mme Girault. Mais ça n’a pas affecté les seuils d’immigration et ça n’affectera pas les seuils d’immigration pour les prochaines années.» 

La ministre répondait aux préoccupations du député solidaire Andrés Fontecilla, qui s’inquiétait d’un retour à la baisse, comme ce fut le cas au début du mandat du gouvernement caquiste. Le nombre d’immigrants admis était alors passé de 51 118 à 40 546 et doit maintenant remonter graduellement au seuil original d’ici 2022.  

Le 14 avril dernier, le premier ministre François Legault avait évoqué la possibilité d’accepter moins de nouveaux arrivants si la pandémie devait mener à une hausse importante du taux de chômage. «On n'est pas rendus là, mais effectivement, c'est quelque chose qu'on va regarder, avait-il déclaré dans les premières semaines de la pandémie. Je pense qu'il faut tout revoir, puis, entre autres, le nombre d'immigrants avec le taux de chômage élevé qu'on va avoir dans les prochains mois. On pourrait effectivement réduire le nombre.» Au mois de juillet, le taux de chômage atteignait 10,7% au Québec.  

Mais la ministre Girault fait valoir que, même si le Québec ne sera plus en situation de plein emploi, «on va avoir quand même des gros manques au niveau de certains secteurs d’emploi».  

D’autres «anges gardiens» à risque

Toutefois, c’est l’entente avec Ottawa pour permettre aux demandeurs d’asile du réseau de la santé de régulariser leur statut qui a surtout retenu l’attention du PLQ et de QS durant l’audience de quatre heures. Les deux partis d’opposition reprochent à Québec d’avoir restreint l’accès au programme uniquement à ceux qui ont donné des soins directement aux patients entre le 13 mars et le 14 août, et ce, sur une période d’au moins 120 heures. 

«Je suis persuadé que les gens comprennent que ce qu’on fait, c’est parce qu’on voulait s’occuper et prendre soin de nos anges gardiens, qui eux, ont pris soin de nos gens», a martelé la ministre Girault.  

Mais le critique libéral Gaétan Barrette fait valoir que le risque est le même de contracter le virus pour tous les employés d’un établissement de santé. «Que je sois préposé à l’entretien ménager ou gardien de sécurité, quand j’attrape le virus et que je meurs, c’est moi qui suis mort et ma famille qui en pâtit», a-t-il souligné.  

Les secrets de Fatima

Dans un autre dossier, la ministre Girault refuse de rendre public le rapport d’expert sur la gestion de la délégation du Québec au Sénégal. Récemment relevée de ses fonctions, l’ex-déléguée générale Fatima Houda-Pepin estime avoir été chassée injustement et que le document permettrait de la disculper des accusations de mauvaise gestion.  

«C’est une décision administrative», affirme la ministre. Mme Girault affirme que le gouvernement ne peut, légalement, rendre un tel document public.  

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