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Prison à domicile pour des abus sexuels sur sa nièce

La victime veut montrer qu’il est possible de se tenir debout face à son agresseur

PH-Facebook
Photo tirée de Facebook Daniel Côté
Pédophile

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Un « mononcle » coupable d’avoir abusé sexuellement de sa nièce de 11 ans, il y a deux décennies, s’en est sorti avec de la prison à domicile, à la déception de sa victime qui se réjouit quand même qu’il soit maintenant étiqueté délinquant sexuel.

  • ÉCOUTEZ Kim Bernard, victime d’agressions sexuelles par un «mononcle», sur QUB radio:

«J’aurais aimé qu’il aille faire un tour en prison pour qu’il voie ce que j’ai vécu tout ce temps ; j’avale la pilule tranquillement, mais je veux quand même m’impliquer dans le combat contre les violences sexuelles, montrer que c’est possible de se lever et de se tenir debout face à son agresseur», explique Kim Bernard, la victime de Daniel Côté.

Kim Bernard, lors du verdict de l’agresseur Daniel Côté au palais de justice de Sherbrooke, en janvier dernier.
Photo courtoisie, Pierre-Olivier Garant
Kim Bernard, lors du verdict de l’agresseur Daniel Côté au palais de justice de Sherbrooke, en janvier dernier.

Côté, un résident de Nantes en Estrie âgé de 56 ans, avait commis ses crimes en 1998, alors que la victime n’avait que 11 ans. Lors du procès, cette dernière avait fait lever l’ordonnance interdisant de l’identifier, si bien qu’on peut la nommer, tout comme son agresseur.

Son premier crime est survenu dans une roulotte, alors qu’il avait servi de l’alcool fort à Mme Bernard. L’événement avait pris fin dans une chambre, alors que Côté était sur la victime et que le frère du pédophile était entré dans la pièce.

« Comme un morceau de viande »

D’autres événements sont survenus dans une voiture, alors que Côté « était agressif et ricanait en même temps qu’il l’insultait, car il prétendait que c’était un jeu », a expliqué le juge la semaine passée au palais de justice de Sherbrooke. 

La victime s’était alors sentie « comme un morceau de viande » et avait dû se débattre. 

Le dernier événement est survenu dans la résidence familiale, et la victime avait dû mordre le pédophile pour qu’il cesse les attouchements. 

Ce dernier était alors parti, non sans avoir donné un coup de pied au visage de la fillette.

Mais même s’il s’en est sorti avec 20 mois de prison à domicile et 150 heures de travaux communautaires, alors que la défense suggérait 90 jours à purger les fins de semaine et que la Couronne réclamait 30 mois d’incarcération, Mme Bernard, qui travaille comme infirmière, ne se laisse pas abattre, loin de là.

Sensibilisation

« Il y a un mouvement de sensibilisation à faire, je souhaite donner des conférences, transformer mon expérience en quelque chose de positif pour les autres, a-t-elle confié. Ça pourrait peut-être aussi faire réfléchir de futurs agresseurs. »

Mais même si le processus judiciaire a été ardu, qu’elle a longtemps été isolée par ses proches qui soutenaient son oncle, elle ne regrette en rien d’avoir porté plainte, bien au contraire, puisque justice a été rendue.

« Je comprends que des gens veulent dénoncer [sur les réseaux sociaux], mais il y en a peut-être qui sont accusés à tort, peut-être aussi que des gens qui devraient être sur le registre des délinquants sexuels ne le seront pas. Je me demande si, comme ça, la justice est vraiment obtenue. C’est un couteau à double tranchant », a conclu Mme Bernard au sujet de la vague de dénonciations ayant frappé le Québec dans les dernières semaines.