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Superbike: une recrue vite sur ses deux roues

Avec les moyens du bord, le Québécois Samuel Guérin fait sa place chez les professionnels

Samuel Guerin
Photo courtoisie La moto numéro 82 de Samuel Guérin a fait tourner les têtes la fin de semaine dernière sur le circuit de Mosport, en Ontario.

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Un motocycliste de Québec est en train de se faire un nom en Superbike avec les moyens du bord après avoir obtenu deux podiums le week-end dernier sur le prestigieux circuit de Mosport, en Ontario. 

À ses deuxième et troisième courses chez les professionnels au sein du Championnat canadien en Pro Superbike, à huis clos, Samuel Guérin, 28 ans, a fini deuxième, puis troisième, soufflant dans le cou d’un ténor de la discipline en Jordan Szoke, qui détient 13 titres nationaux en carrière.

Ses performances lui ont permis d’inscrire son nom dans les livres de la catégorie reine du Superbike au pays en devenant le troisième pilote seulement après Szoke et Ben Young, le champion en titre, à monter sur le podium à ses trois premières épreuves en carrière.

Tout ça avec une moto usagée BMW, achetée au coût de 15 000 $, et avec comme seul soutien un mécanicien inexpérimenté pendant que les gros noms du sport bénéficient d’appuis en commandites et d’équipes chevronnées. 

Guérin avait d’ailleurs dû se contenter d’une cinquième place à sa rentrée, il y a quelques semaines, après avoir connu un problème avec le moteur d’une moto qu’il s’était procurée sur Marketplace, le site de revente de Facebook, pour 7500 $.  

Pas la bonne couleur de numéros

« À ma première course, je me suis qualifié troisième et il y a des yeux qui se sont écarquillés. Ils [les organisateurs] cherchaient des infos sur moi pour savoir qui était mon équipe, mes commanditaires et tout ça pour le dossier de presse.

« Puis, on m’a dit que mes numéros en rouge étaient pour les amateurs. J’ai dû colorier mes numéros en noir avec un marqueur. Disons que j’étais une surprise face à des pros qui ont le soutien de manufacturiers », a reconnu ce vice-président du groupe EFC, une entreprise spécialisée dans le revêtement de panneaux isolants ainsi qu’en revêtement architectural, lors d’une entrevue téléphonique avec Le Journal.

Une passion dévorante

Le Québécois s’est même permis de rouler en tête lors de la deuxième manche présentée à Mosport. Les deux mains sur le guidon, il peinait à croire ce qu’il était en train d’accomplir.

« Aussitôt que j’ai été en avant de Jordan, le cœur s’est mis à débattre. C’était super intense. Je n’ai pas besoin de ça pour avoir de l’adrénaline parce que c’est déjà très difficile mentalement et physiquement de garder le focus. Disons que ce n’est pas difficile de faire une erreur quand tu te retrouves devant des requins et des gars d’expérience comme ça ! »

Avant de se lancer dans cette aventure, Guérin avait brièvement goûté à l’expérience du Superbike l’an passé chez les amateurs. Là encore, la recrue a épaté la galerie, tellement que certains de ses adversaires se demandaient pourquoi il ne courait pas déjà avec les pros.

Passionné de vitesse et de moto depuis toujours, il explique son succès actuel par son expérience acquise en karting où il était responsable de toutes les facettes de la course, dont la mécanique. Selon lui, ses bons résultats pourraient l’aider à recevoir des offres d’acteurs importants de l’industrie.

« Oui, ça pourrait m’offrir des opportunités et j’attends des propositions. Je suis deuxième au championnat des pilotes et on attend de savoir quand sera la prochaine course. C’est compliqué pour eux de réserver une date à cause de la COVID », a-t-il expliqué. 

Chose certaine, le nom Guérin veut maintenant dire quelque chose.