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Maxime Coutié aurait pu détrôner Arcand

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Paul Arcand est le « king » de la radio du matin depuis plus de deux décennies. La vedette du 98,5 dépasse donc en longévité nos plus célèbres animateurs du matin.

À Radio-Canada, Miville Couture a duré 17 ans, Joël Le Bigot 19 ans – comme Jacques Proulx à CKAC – et l’autre marathonien du matin, René Homier-Roy, 21 ans. Malgré ses qualités exceptionnelles et une équipe de collaborateurs beaucoup plus nombreuse que celle d’Arcand, Homier-Roy n’a jamais mis en danger la suprématie d’Arcand. 

Même s’il a perdu de précieux acolytes, Jean Lapierre n’étant pas le moindre, Paul Arcand peut continuer de dormir tranquille. Le gentil Patrick Masbourian ne menacera pas son trône. Pas plus que Pierre Nantel et mon collègue Richard Martineau, qui officient à QUB aux premières heures du jour. Leurs propos sont audacieux et provocateurs, mais l’auditoire de cette radio internet reste à construire.

UN JOURNALISTE FIABLE

Arcand a fait la preuve qu’une grande partie des auditeurs du matin cherchent une information honnête et veulent écouter une revue de presse intelligente. Ils sont loin d’être réfractaires à son franc-parler et à ses partis pris, car ils sont exprimés de bonne foi. Les auditeurs aiment ses entrevues pugnaces et trouvent plaisir à le voir pousser le bouchon.

Avec le temps, Paul Arcand a peu changé. Il reste un journaliste fiable et crédible. Il a appris à mettre une sourdine à ses montées de lait qui en rebutaient plusieurs. Son plus grand rival n’est pas Masbourian, mais la logorrhée de publicités qui dévore son émission.

Si je syntonise Tout un matin par intermittence, c’est plus pour me reposer des pubs abrutissantes de Puisqu’il faut se lever que pour écouter Patrick Masbourian et son équipe. Je déteste écrire cela, car Masbourian est un animateur gentil, intelligent et allumé que j’écoutais avec plaisir l’après-midi. Mais il ne fait pas le poids le matin.

Dans une chronique que j’ai publiée dans l’édition du 22 août 2017 du Journal, j’avais écrit ce qui suit : « Comment ne pas avoir songé à quand est venu le temps de faire chausser les grandes bottes de René Homier-Roy à l’émission du matin de la SRC ? » 

QUELLE OCCASION MANQUÉE !

Cet été-là, j’avais été séduit par l’intelligence qu’avait Coutié de l’actualité et la pertinence de ses entrevues. J’avais aussi beaucoup apprécié sa manière fluide de diriger ses collaborateurs. Il remplaçait alors Annie Desrochers pour l’été. Depuis, celle-ci a troqué l’émission du matin pour celle du retour à la maison. À la longue, le côté fringant et verbomoteur de madame Desrochers finit par lasser un peu. Quant à Coutié, plus je l’écoute, plus il m’épate et m’intéresse.

Il a de la profondeur et de la rigueur. Il sait interpréter l’information, il confronte ses invités sans les brusquer et, comme Paul Arcand, il a de l’autorité. Une autorité qui se fait moins abrupte et moins rude que celle d’Arcand, mais qui n’empêche pas moins ses invités de se défiler ou de recourir à leurs cassettes.

Comme il arrive trop souvent, au lieu de faire le tour des talents déjà à l’emploi de la maison, Radio-Canada s’est tournée vers l’extérieur. Elle a confié son émission matinale à Patrick Masbourian, alors qu’elle avait en son sein le seul animateur susceptible, à terme, de détrôner Paul Arcand.