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Allégations d’agressions sexuelles: recours contre le diocèse de Québec

Il pourrait y avoir des milliers de victimes

Pierre Bolduc affirme avoir été victime des abus d’un curé dans les années 60. Lors d’un point de presse, vendredi, à Québec, l’homme était sous le coup de l’émotion.
Photo Pascal Huot Pierre Bolduc affirme avoir été victime des abus d’un curé dans les années 60. Lors d’un point de presse, vendredi, à Québec, l’homme était sous le coup de l’émotion.

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Délestées depuis le mois de juin du délai de prescription qui les empêchait d’agir, deux présumées victimes qui auraient servi de jouet sexuel à des prêtres dans les années 50 et 60 ont décidé d’intenter un recours collectif contre le diocèse de Québec. 

En 1954, Gaétan Bégin était à peine âgé de 13 ans lorsque le curé de sa paroisse, Rosaire Giguère, lui a demandé de venir le rencontrer au presbytère pour lui parler, disait-il, de la santé de sa mère qui était précaire.   

Pierre Bolduc affirme avoir été victime des abus d’un curé dans les années 60. Lors d’un point de presse, vendredi, à Québec, l’homme était sous le coup de l’émotion.
Photo Pascal Huot

« Mon père disait souvent que le curé Giguère pouvait faire des miracles. Alors, dans ma tête d’enfant, je croyais que si je lui faisais plaisir, il allait guérir ma mère », a raconté l’homme aujourd’hui âgé de 80 ans.   

  • Écoutez l'entrevue du chroniqueur Alain Pronkin avec Benoit Dutrizac à QUB Radio:

Pierre Bolduc affirme avoir été victime des abus d’un curé dans les années 60. Lors d’un point de presse, vendredi, à Québec, l’homme était sous le coup de l’émotion.
Photo Pascal Huot

De fil en aiguille, les accolades se sont transformées en caresses intimes puis en agressions sexuelles complètes. 

« Quand on se fait voler notre enfance, on ne peut pas vieillir en paix », a ajouté l’homme avec émotion. 

Il y a de cela dix ans, Pierre Bolduc, qui aurait lui aussi été victime d’un curé dans les années 60, a dénoncé son présumé agresseur, le curé Jean-Marie Bégin.

Toutefois, le délai de prescription l’a empêché de poursuivre sur la voie qui aurait pu le mener vers l’apaisement. 

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Bolduc à QUB Radio:  

Pierre Bolduc affirme avoir été victime des abus d’un curé dans les années 60. Lors d’un point de presse, vendredi, à Québec, l’homme était sous le coup de l’émotion.
Photo Pascal Huot

« Le 12 juin dernier, le gouvernement du Québec a aboli cette loi rétrograde. Par respect pour nous, les victimes, nous demandons au cardinal Gérald Cyprien Lacroix et au diocèse de Québec de faire preuve de compassion en coopérant avec le système de justice afin de mettre un terme à cette interminable saga », a-t-il mentionné. 

Pour mener leur combat à terme, les deux hommes se sont adjoint les services de Me Marc Bellemare ainsi que ceux de Me Alain Arsenault, un expert dans ce type de recours. 

Grand nombre

« Pour une victime qui dénonce, neuf ne le font pas... Avec ce recours, qui vise toutes les personnes ayant été agressées sexuellement par des membres du clergé depuis 1940, l’anonymat des gens sera respecté », a souligné Me Arsenault en précisant qu’il pourrait y avoir des milliers de victimes.

Pierre Bolduc affirme avoir été victime des abus d’un curé dans les années 60. Lors d’un point de presse, vendredi, à Québec, l’homme était sous le coup de l’émotion.
Photo Pascal Huot

L'action collective concerne « toutes les personnes, de même que leurs héritiers, ayant été agressées sexuellement par des membres du clergé ou du personnel pastoral laïque sous la responsabilité de la Corporation archiépiscopale catholique romaine de Québec et de l’archevêque catholique romain de Québec entre le 1er janvier 1940 et le jugement à intervenir ».   

Pierre Bolduc affirme avoir été victime des abus d’un curé dans les années 60. Lors d’un point de presse, vendredi, à Québec, l’homme était sous le coup de l’émotion.
Photo Pascal Huot

Après avoir pris connaissance de la demande d’action collective, l’archidiocèse de Québec a fait savoir que ses représentants avaient entrepris une « enquête interne » et qu’ils allaient « collaborer avec la justice pour faire la lumière sur ces allégations » sans vouloir commenter davantage « à ce stade du processus judiciaire ».