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Bravo Kirk!

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Peu importe le résultat final, Kirk Muller aura accompli son boulot avec distinction.

Depuis qu’il a remplacé Claude Julien, il a pris des décisions étonnantes, soulevant, évidemment, des interrogations sur son statut avec le Canadien.

Par exemple :

Pourra-t-il travailler avec l’entraîneur-chef après avoir jonglé avec les effectifs, osant modifier les structures mises en place par Claude Julien ?

A-t-il perdu le respect de certains vétérans alors qu’il a augmenté les responsabilités des jeunes joueurs de l’organisation ?

Comment parviendra-t-il à composer avec les événements après avoir démontré qu’il ne manquait pas d’imagination derrière le banc dans le rôle de commandant en chef ?

Tout d’abord, la question qu’on se posera dans quelques semaines est la suivante : Claude Julien sera-t-il de retour derrière le banc ? Ce sera une décision que devront prendre l’entraîneur de concert avec les médecins et les décideurs du Canadien. On lui fournira toutes les informations pertinentes sur son état de santé et ce que représente un retour aux activités quotidiennes.

Les spéculations ne s’amenuiseront pas, mais force est de reconnaître que la réalité comporte ses secrets.

Donc, d’ici à ce que l’on puisse répondre aux interrogations, le Canadien sème l’inquiétude chez les Flyers de Philadelphie.

Pourquoi ?

Parce que les points accumulés au cours du calendrier régulier ne tiennent pas dans le contexte des présentes séries éliminatoires. Et, surtout, parce que le Canadien d’avant la pandémie est maintenant une formation différente. C’est une équipe qui a une autre personnalité.

Nombreux bouleversements

Et, également, c’est une équipe qui, au cours de la dernière semaine, a été impliquée dans plusieurs bouleversements et qui, en fin de compte, est toujours dans le coup.  

Pourquoi ?

Kirk Muller a inévitablement joué un rôle important dans ce scénario créé à la toute dernière minute à la suite de l’absence de Claude Julien. Il aurait été facile pour lui de diriger l’équipe sans faire de vagues, sans égratigner l’ego de certains vétérans, sans apporter trop de changements à la formation.

Il a choisi l’autre option.

Dès le premier match, il a fait connaître ses couleurs. Ceux qui ne fonctionneront pas à plein régime risquent de passer quelques moments au bout du banc. Muller a indiqué clairement que personne ne jouit de l’immunité en raison des années de service et aussi en raison de l’impact que l’on peut avoir au sein du groupe.

On vit dans un monde de résultats.  

On ne se contera pas d’histoire. Muller veut également profiter de l’opportunité qui s’offre pour attirer les regards, pour démontrer que son expérience en Caroline, alors qu’il cumulait les fonctions d’entraîneur-chef, lui a été profitable. Qu’il peut encore occuper un poste de décision.

Il a sauté sur l’occasion pour diriger le Tricolore avec une philosophie de gestion sans doute différente de celle de Claude Julien. Par contre, on peut imaginer que les décisions prises jusqu’ici ont sans doute été portées à l’attention de Marc Bergevin et aussi de Claude Julien puisque le triumvirat discute de stratégie tous les jours. Il a fourni des explications détaillées pour justifier son plan d’attaque.

Jusqu’ici, les résultats sont encourageants.

Deux victoires et deux défaites.

Et une participation à un sixième match contre les Flyers de Philadelphie.

Une surprise

Aujourd’hui, on dira que le Canadien joue sa saison. Je crois plutôt que le Canadien a déjà persuadé les plus sceptiques qu’il est sur la bonne voie. Que Marc Bergevin a tiré sur les bonnes ficelles même dans la tempête alors qu’on lui reprochait de ne pas dépenser d’argent pour améliorer sa formation.

Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi ont changé la donne. On connaissait le talent de Suzuki, mais jusqu’où pouvait-il s’acquitter des responsabilités qu’on lui a confiées ?

La réponse est venue plus rapidement que prévu et dans un contexte bien particulier.

Kotkaniemi ? Il a réussi un retour qui vient combler un besoin criant en attaque. Il devra apprendre maintenant à bien canaliser ses énergies, à savoir contenir ses émotions et, surtout, à réaliser que sa réaction contre Sanheim, l’autre jour, aurait pu entraîner l’élimination de l’équipe. Frapper un rival, oui, mais en respectant les règles du jeu. Dans l’ensemble, Kotkaniemi a profité des dernières semaines pour chasser tous les doutes soulevés par les résultats de l’an dernier.

Quant à Muller, j’ignore ce que l’avenir lui réserve... mais il a pris des décisions audacieuses et bien réfléchies. Des vétérans n’ont pas apprécié, d’autres ont donné leur accord... et surtout, il doit sûrement ramener son nom sur la liste de quelques équipes.