/weekend
Navigation

«Isabelle, l’après-midi»: apprentissage amoureux à Paris

Douglas Kennedy
Photo courtoisie, Sebastien LEBAN, Leextra Douglas Kennedy

Coup d'oeil sur cet article

Inspiré par des pans de sa propre vie et par ses séjours à Paris, Douglas Kennedy dépeint une grande passion amoureuse sans issue, se déroulant sur presque 40 ans, dans son nouveau roman, Isabelle, l’après-midi. L’amour fiévreux entre Sam, un jeune Américain installé à Paris, et Isabelle, une femme un peu plus âgée, sophistiquée et mariée, résistera-t-il à l’épreuve du temps ?

Sam arrive à Paris dans les années 1970. Il se destine à de hautes études en droit et débarque dans la Ville Lumière sans le sou, mais curieux de tout. Dans une librairie de la Rive gauche, il rencontre Isabelle, qui lui donne rendez-vous... l’après-midi seulement.

S’ensuit une liaison torride, tumultueuse, qui unit longtemps les deux amants, même si leurs mariages respectifs, la vie quotidienne et même un océan les séparent. Sam veut plus. Mais Isabelle n’est pas prête à tout sacrifier pour lui.

<strong><em>Isabelle, l’après-midi</em><br>Douglas Kennedy</strong><br>Éditions Belfond,<br>312 pages
Photo courtoisie
Isabelle, l’après-midi
Douglas Kennedy

Éditions Belfond,
312 pages

Douglas Kennedy, un Américain francophile qui aime beaucoup le Québec et la langue française, parle avec passion de son nouveau roman et des grandes questions abordées. « J’ai vécu avec une Québécoise. C’était mon deuxième mariage. On a été ensemble pendant cinq ans. Quand tout s’est terminé en 2016, j’ai commencé à réfléchir sur ce que c’est, un couple », dit-il.

Maintenant qu’il se dit « vacciné contre le mariage », l’écrivain à succès assure qu’il n’est pas contre l’amour, ni contre l’idée de vivre avec quelqu’un... mais contre le mariage. « J’ai vécu 25 ans avec ma première femme et la mère de mes deux enfants. »

« L’horreur du quotidien » 

Il dit avoir été inspiré par Madame Bovary, roman de Gustave Flaubert, décrivant « l’horreur du quotidien ». « C’est fréquemment le piège. Chez les gens de la génération de mes parents, par exemple, c’était très rare qu’on divorçait. Maintenant, ma génération et les suivantes, on a la possibilité de changer notre vie. »

« Regardez le taux de divorce : c’est 55 % des couples !, fait-il remarquer. Comme j’ai dit récemment à ma fille de 24 ans, au beau milieu d’une rupture avec son petit ami après trois ans ensemble, la vérité, la vie intime, tout le monde a l’espoir que ce soit comme dans un roman, jusqu’à la fin. La vérité, simplement, c’est que c’est seulement un chapitre. »

Il poursuit. « Il y a des chapitres qui durent une centaine de pages, comme une nouvelle, et d’autres qui durent plus ou moins longtemps. Je me suis aussi questionné sur la fidélité – c’était pour moi une question primordiale. Si quelqu’un me dit : je ne suis pas concerné par l’infidélité, je pense en moi-même que c’est un menteur, ou une menteuse. »

Chercher l’amour

Ces grandes questions ont fait naître ce roman intense, où l’auteur écrit pour la première fois quelques passages érotiques. « Isabelle est une femme mariée et le narrateur cherche quelqu’un, cherche le véritable amour. Il pense, au début : “Mon Dieu, si on fait l’amour comme ça, si on a une telle passion, c’est que c’est l’amour total !” La vérité, c’est autre chose. »

Sam partage ses réflexions sur la vie de couple, sur l’engagement. « C’était toujours mon idée : donner le point de vue de Sam, un homme que j’espère touchant. Un homme qui a grandi dans une famille froide et qui a eu un père qui n’est pas un monstre, mais un homme distant. Et une mère sympa, mais mélancolique, enfermée dans sa propre prison. »

« Sam est vraiment seul lorsqu’il arrive à Paris. Très intelligent, il a aussi une grande curiosité. Il cherche quelqu’un. Avec Isabelle, ce n’est pas possible. Elle est avec son mari, qui n’est pas un monstre non plus. Mais c’est un homme plus âgé et après quelques années, la passion a diminué. »   

  • Douglas Kennedy est né à New York en 1955. 
  • ll a écrit plusieurs best-sellers, vendus à plus de 14 millions d’exemplaires à travers le monde et traduits en 22 langues. 
  • On lui doit, entre autres, les trois tomes de La symphonie du hasard et un essai, Toutes ces grandes questions sans réponses
  • Il a passé son été dans le Maine.   

EXTRAIT 

« Je l’ai appelée à dix heures le lendemain. Erreur de débutant : trop de hâte, trop d’empressement. Tandis que la roulette de casino tournait sur le téléphone du Sélect, j’ai pensé : pas tout de suite. Pas encore. Attends. Même si c’était elle qui m’avait dit : “Appelle-moi demain” au moment de nous séparer. Depuis, j’avais passé chaque minute à revivre cette fin d’après-midi. Ébloui par ma chance, et à présent inquiet de l’idée de peut-être la perdre. »