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Bergevin: une main intéressante

SPO-Tournois de golf de la Fondation des Canadiens de Montr�al
Photo d'archives, Agence QMI Il n’en tient qu’à Marc Bergevin de bien analyser les offres qui s’offriront à lui dans les prochains mois pour ajouter de la profondeur à son équipe.

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Marc Bergevin regarde les cartes qu’il tient dans sa main. Près de lui, il y a des directeurs généraux qui le surveillent du coin de l’œil et pourraient éventuellement l’inviter à une discussion franche.

« Je dois liquider quelques salaires pour respecter le plafond salarial et toi, Marc, tu possèdes une “tonne” de choix au repêchage et je suis justement à la recherche de choix parce que ça m’arrangerait au niveau de mes engagements financiers. »

En l’espace de quelques mois, Bergevin sait maintenant qu’il doit revoir son modèle d’affaires. Il soutient que l’organisation a grandi au même rythme que Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi.  

A-t-il raison ? Les deux jeunes joueurs, avouons-le, lui ont fourni des arguments intéressants pour se lancer dans une aventure captivante. Le but, solidifier la structure de l’entreprise, mais cette fois-ci, la base n’a jamais été aussi solide.

Ce qui s’avérait une priorité, il y a à peine un an, l’acquisition d’un joueur de centre de haut niveau, occupe une place moins importante dans les actions à poser. 

Dénicher un ailier, avec un bon gabarit, capable de seconder Suzuki et Jonathan Drouin meublera les discussions avec ses homologues. Un peu plus de profondeur à la ligne bleue, bien que Brett Kulak ait gagné des points et que Alexander Romanov s’ajoutera à la brigade dirigée par Shea Weber et Jeff Petry, est une nécessité. Weber aura 35 ans et Petry 33.

Des noms

Un gardien auxiliaire capable de permettre à l’équipe d’accumuler des points précieux dans le contexte de la parité est une nécessité.  

Des aubaines, il y en aura.

Des joueurs autonomes sans restriction, ils attireront l’attention comme c’est toujours le cas, mais la pandémie va inévitablement modifier la donne au chapitre des investissements et du nombre d’années qu’un propriétaire sera disposé à offrir.

Quelques noms intéressants :

  • Alex Pietrangelo, (déf.), St. Louis, 30 ans, 6,5 M$
  • Torey Krug, (déf.), Boston, 29 ans, 5,25 M$
  • Mike Hoffman, (ail.), Floride, 30 ans, 5,187 M$
  • Tyler Toffoli, (ail.), Vancouver, 28 ans, 4,6 M$
  • Evgeni Dadonov, (ail.), Floride, 31 ans, 4 M$
  • Brenden Dillon, (déf.), Washington, 29 ans, 3,27 M$
  • Anton Khudobin, (gar.), Dallas, 34 ans, 2,5 M$
  • Brian Elliot, (gar.), Philadelphie, 35 ans, 2 M$

Cependant, le marché des joueurs autonomes avec restriction, comme à chaque année, et, à part Marc Bergevin, l’an dernier, dans le dossier Sebastian Aho, les directeurs généraux deviennent frileux quand on pose la question sur la perspective de tenter leurs chances avec une offre hostile.

Je vous fournis quelques noms:

  • Sam Reinhart, (ail.), Buffalo, 24 ans, 3,65 M$
  • Anthony Mantha, (ail.), Detroit, 25 ans, 3,3 M$
  • Radek Faksa, (cen.), Dallas, 25 ans, 2,2 M$
  • Ryan Pulock, (déf.), NY Islanders, 25 ans, 2 M$
  • Denis Gurianov, (ail.), Dallas, 23 ans, 894 000 $
  • Pierre-Luc Dubois, (cen.), Columbus, 22 ans, 894 000 $
  • Mathew Barzal, (cen.), NY Islanders, 23 ans, 894 000 $
  • Roope Hintz, (ail./cen.), Dallas, 23 ans, 811 000 $

Sauf que la tendance peut rapidement changer. Si le plafond salarial demeure à 81,5 M$ pour deux autres saisons, et qui peut garantir que la conjoncture économique, lourdement affectée par la pandémie, permettra une hausse substantielle des revenus, personne ne peut avancer une telle théorie. Bien au contraire.

Par conséquent, il y aura de plus en plus de contrats de courte durée. 

Équilibre budgétaire

Mais, des équipes avec un équilibre budgétaire approprié, comme c’est le cas pour Marc Bergevin, envisageront toujours la perspective d’une offre hostile. L’an dernier, il a fait jaser, mais plutôt que d’attirer la colère de ses homologues, sauf en Caroline, il a lancé un message à la compétition.

Maintenant que l’analyse des effectifs a considérablement changé, avec tous les choix à disposition, il peut répondre aux besoins de bien des formations cherchant à amenuiser leurs engagements financiers. S’il est vigilant, et tout permet de croire qu’il le sera, il pourra réaliser un coup fumant.

Entre-temps, il devra aussi prévoir les coups. Jeff Petry, Brendan Gallagher, Tomas Tatar, Joel Armia, Phillip Danault termineront la dernière année de leur entente. Tous pourront se prévaloir de leur statut de joueur autonome sans restriction.  

Et, il y a Max Domi. Il avait l’occasion, pendant les trois semaines passées à Toronto, de démontrer son leadership, de chasser les doutes sur ses capacités de produire dans les matchs d’une grande importance. Or, il a fait chou blanc et, du même coup, il ne laisse pas trop d’alternatives à Bergevin. Il devra s’en départir.  

Le décideur du Canadien bénéficie d’une enveloppe de près de 18,5 M$. Et il a des engagements financiers avec 16 joueurs. Il ne pouvait souhaiter un meilleur scénario dans une période de crise.

Maintenant, à la lumière des événements des trois dernières semaines, il devra trouver une solution pour bien encadrer Suzuki et Kotkaniemi. L’acquisition d’un ailier capable de s’imposer autant en attaque qu’au niveau physique, animera assurément les discussions dans les bureaux du Canadien.

Qui ? Les équipes mal en point au niveau du plafond salarial risquent de placer dans la vitrine des patineurs qui répondent au profil recherché.

C’est pourquoi Bergevin peut faire du « shopping » et exiger les meilleurs prix.  

Il a beaucoup de fric dans les poches... et bien des choix de repêchage !