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Il faut reconfiner la partisanerie politique

Assemblée Nationale
x Il est souvent arrivé que notre Assemblée nationale soit le témoin de grands débats démocratiques à l’abri de la partisanerie.

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Les moments où les Québécoises et les Québécois observent avec beaucoup d’intérêt la gouvernance de leur État sont éphémères. Ce n’est pas étonnant, car ce sont généralement les épisodes où la classe politique laisse de côté la partisanerie politique. Et ces moments sont rares.

À l’extérieur comme à l’intérieur de la « bulle » politique, la majorité des gens n’a pas à cœur la partisanerie politique. On la trouve nocive, toxique et dégradante pour la démocratie. Et, sens du bien commun oblige, il arrive parfois que l’ensemble des élus, notamment à Québec, en prennent sincèrement conscience.

Ce sont généralement des épisodes de crises durant lesquels les débats sont apaisés et constructifs. Et au sein de la population, on entend alors dans ces circonstances l’agréable écho des mots grâce, collégialité, consensus, responsabilité, etc. 

La « petite politique » a fait place à un idéal maintes fois torpillé.

Les espoirs avortés

Mais pourquoi diable ne pas donc continuer dans le même sens sur une base permanente ? Tous partis confondus, de longs débats substantiels et constructifs portant sur cet enjeu se sont pourtant tenus dans le passé à l’Assemblée nationale du Québec.

De la commission Bélanger-Campeau, début des années 90, à celle portant sur la création d’un Tribunal spécialisé dans les crimes sexuels en 2020, en passant par celle relative à la question de mourir dans la dignité, les exemples sont légion. Nous sommes capables de changer nos façons de faire de la politique pour la rendre attrayante et inclusive.

La pandémie de la COVID a également révélé au plus fort de la crise que nos élu(e)s pouvaient travailler ensemble sur une base constructive. Et la population a apprécié.

Pourquoi donc du jour au lendemain, à la lumière des débats entourant l’étude des crédits la semaine dernière, la classe politique tourne-t-elle subitement la page pour retrouver ses instincts primaires ?

Pourquoi ?

Le goût et la frénésie du pouvoir ? La soif de sang pour nourrir les médias ? Médias qui à leur tour tablent sur le négatif dans le but d’attirer l’attention du public ? Un public large qui, paradoxalement, de son côté, souhaite voir un changement de culture dans la joute politique ? 

Mystérieuse équation...

En versant constamment dans la partisanerie, le corps politique alimente inconsciemment le cynisme. Et avec l’effet amplificateur des médias périphériques, ce cynisme finira un matin soudain par se transformer en un dissolvant abrasif pour notre démocratie. Sans aller trop loin, observons attentivement ce qui se passe chez notre grand voisin du sud en ces matières.

Alors, pour nos jeunes et l’avenir de notre démocratie, nos élu(e)s ne doivent pas perdre de vue le fait qu’ils ou elles sont des modèles de référence tangibles, voire même d’identification. Ils doivent par conséquent agir avec cette évidence à l’esprit.

Il est encore temps que l’ensemble des partis politiques s’entendent sur le confinement de la partisanerie.