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La diversification des compétences dans le milieu de l’humour: Pierre Hébert répond à sept questions

Pierre Hébert
ANNIE T. ROUSSEL/JOURNAL Pierre Hébert

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Humoriste, auteur, animateur et acteur: Pierre Hébert a tous les talents. Mais savoir porter tous ces chapeaux est-il devenu la norme pour faire carrière en humour? Le slasheur répond à sept questions sur la diversification des compétences dans les arts de la scène.

Q. Lorsque tu étais plus jeune, avais-tu l’ambition précise de devenir humoriste?

R. «Dans le temps, il y avait le métier de comédien, d’acteur à la télé, mais ce n’était pas encore clair que je voulais faire le métier d’humoriste. Je savais que j’avais le goût d’être sur une scène, ça, c’était clair [...]. J’ai eu la chance de voir mon oncle, François L'Écuyer, dans des pièces de théâtre, dans du théâtre d’été. J’ai toujours été fasciné par la scène, l’envers du décor, le fait d’arriver dans une salle avec le rideau qui se lève.»

Q. L’École nationale de l’humour a beaucoup élargi son programme au fil du temps, notamment par l’intégration de cours d’interprétation, de technique vocale, etc. Les étudiants sont aussi initiés à la chronique télé, par exemple. Selon toi, les métiers d’animateur, d'acteur ou d'humoriste s’apprennent-ils réellement sur les bancs d’école?

R. «Oui, ce sont des métiers qui s’apprennent, absolument. Mais est-ce que c’est important de toucher à tout? Ouf, j’ai envie de dire: va faire ce que tu aimes. Ne va pas faire de l’animation si tu n’aimes pas ça, ou de la radio si tu n’aimes pas ça, parce que ce sont des métiers qui demandent trop de travail et de sacrifices.»

Q. Doit-on obligatoirement être bon dans tout pour réussir, ou est-ce plutôt un atout d’avoir plusieurs talents?

R. «Honnêtement, je ne sais pas. Je ne fais pas tout ça parce que je trouve ça important de tout faire, je le fais parce que j’aime ça. [...] J’ai un peu touché à tout par nécessité aussi, oui parce que j’aimais ça, mais aussi parce que ce n’est pas vrai que tu fais une tournée de 200 spectacles en sortant de l’École nationale de l’humour. Maintenant, j’aurais de la misère à faire des spectacles pendant trois ans sans rien d’autre, comme j’aurais de la misère à faire que de la radio ou que de l’écriture.»

Q. Tous ces métiers semblent interreliés. Est-ce que certains aspects d’un métier t’ont aidé dans un autre?

R. «J’ai animé dans des bars d’humour au début de ma carrière devant parfois 30, parfois 100 personnes. Ces gens-là ne sont pas toujours là pour te voir, parfois ils sont là pour la soirée et ils ont pris un verre. Donc, c’est sûr que cette espèce de rapidité à réagir s’il y a quelque chose et cette espèce de capacité à se dire que peu importe ce qui arrive, on sera prêt et on va réagir, eh bien, ça m’aide en radio.

«On me dit souvent que j’ai beaucoup de répartie en animation, mais cette répartie-là vient aussi des centaines de spectacles animés dans des bars où il peut arriver n’importe quoi. Je pense que ce côté-là de mon humour m’a servi en animation aussi.

«Et la radio m’aide en animation télé. Ça pratique l’écoute, le timing [...]. C’est vraiment une espèce de toile d’araignée où tout s’enclenche.»

Q. Quelle est LA qualité qui te sert dans tout ce que tu fais professionnellement?

R. «Être travaillant. [...] J’ai eu la chance de travailler avec des François Avard, de voir aller Véro [Cloutier], Louis Morissette, d’avoir le même metteur en scène que Louis-José [Houde], donc j’ai compris vite le travail que ça prenait pour arriver là. J’en ai vu des gens qui avaient deux fois mon talent dans le milieu, mais qui ne travaillent pas parce qu’ils se sont assis sur ce talent-là.»

Q. Comment parviens-tu à déterminer si tu acceptes un contrat ou non?

R. «Je me base vraiment sur trois critères: est-ce que le projet est le fun, est-ce que je vais apprendre quelque chose et est-ce que la rémunération est adéquate? Quand il y a deux critères sur trois qui sont remplis, j’embarque. Des fois, ce n’est pas payant, mais c’est le fun et je vais apprendre de quoi, donc j’accepte.»

Q. Sur Wikipédia, on peut lire que ta principale activité est celle d’acteur. Comment te définis-tu toi-même?

R. «Pour moi, je suis avant tout humoriste. Pour moi, Guy Nadon et Benoît Brière, ce sont des acteurs. Je pense que je peux dire que je suis animateur. J’aime ça animer; je pense que je suis à ma place, mais comme acteur... Je pense que des fois, je suis plus un humoriste qui aime jouer qu’un acteur. Je ne pense pas qu’un jour je vais vraiment me déclarer acteur. Il faudrait appeler Wikipédia pour leur dire que je suis plus humoriste qu’acteur (rires).»

— Pierre Hébert sera à la barre de la troisième saison de Ceci n’est pas un talk-show à Z dès le 3 septembre et participera à l’émission Véronique et les fantastiques sur les ondes de Rouge à compter d'aujourd'hui.

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