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Restructuration de Louis Garneau: les créanciers non garantis perdront beaucoup


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Les créanciers non garantis de Louis Garneau perdront vraisemblablement beaucoup de sous dans le cadre de la restructuration du détaillant québécois. Selon la proposition déposée, une enveloppe de 550 000$ sera disponible pour couvrir leurs dettes d’environ 15M$. 

Au cours des derniers jours, la direction a déposé une offre à ses créanciers. Dans les documents publics, le détaillant, qui est sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité depuis mars, dit avoir reçu une offre d’un groupe d’investisseurs, qui prendra en échange des parts dans l’entreprise. La semaine dernière, le détaillant se réjouissait d’avoir trouvé des partenaires financiers québécois. Les nouveaux investisseurs ne sont pas dévoilés dans les récents documents du syndic Raymond Chabot. 

Rappelons que le gouvernement a déjà démontré de l’intérêt pour épauler Louis Garneau. En mars, le ministère de l’Économie espérait une «solution québécoise à cette restructuration». 

L’ensemble des dettes du fabricant de vélos s’élève aujourd’hui à 28,1M$. Ce montant n’inclut pas les dettes des autres divisions, comme Sugoi Global. Louis Garneau doit notamment en salaires, en vacances et en commissions près de 179 000$ à des ex-employés. 

Selon l’entente proposée, ce montant sera remboursé via l’enveloppe de 550 000$ pour les créanciers non garantis. La proposition prévoit également le paiement des sommes dues aux employés qui sont toujours à l’emploi. 

Bien peu pour les non garantis

Il restera donc 371 000$ pour couvrir les dettes de 14,56M$ des quelque 600 créanciers non garantis. Le dividende versé sera en moyenne de 2,6%.

Afin de soutenir le plan de relance, la Banque Royale du Canada, qui est un créancier garanti, a octroyé un financement intérimaire de 1,5M$.

Parmi les autres créanciers garantis, on retrouve la Banque Nationale du Canada et Investissement Québec. Des accords devront être signés. Le nouvel investisseur remboursera en partie ou en totalité cette portion des dettes.

Le syndic responsable de ce dossier, Raymond Chabot, fait valoir dans la conclusion de son rapport que «dans un contexte de faillite, aucun dividende ne serait attribué aux créanciers ordinaires, alors que le montant offert dans le cadre de la proposition permettra aux créanciers ordinaires d’obtenir un dividende d’environ 371 000$». 

Entre 2016 et 2019, Louis Garneau a vu son chiffre d’affaires plonger de 15 millions $ en raison notamment de la «perte d’un client majeur». Des investissements importants dans un nouveau système de gestion de l’information n’ont également pas donné les résultats escomptés. 

En mars dernier, le détaillant a remercié 66 travailleurs à son usine de Saint-Augustin-de-Desmaures dans le cadre de sa restructuration. 

Du côté de Sugoi Global, les dettes sont d’environ 8M$. La direction offre un montant de 300 000$ pour couvrir les dettes envers les employés (18 000$) et celles des créanciers non garantis (2,9M$).

Les plans de relance de l’enseigne demeurent conditionnels à l’acceptation des propositions par les créanciers et le tribunal. Les assemblées auront lieu le 10 septembre.

– Avec Jean-François Gibeault