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Le logo d’un café injustement comparé à celui de pédophiles

Un propriétaire du commerce dénonce une séance de «lynchage»

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Les propriétaires du Café des artistes, un commerce bien établi à Baie-Saint-Paul, se sont retrouvés au cœur d’une tempête sur les réseaux sociaux lorsque des gens ont associé leur logo à celui d’un groupe de pédophiles.

Le logo du Café des artistes qui a créé beaucoup d’émoi chez certains internautes.
Illustration courtoisie
Le logo du Café des artistes qui a créé beaucoup d’émoi chez certains internautes.

Sur la page Facebook de l’entreprise, des détracteurs ont publié des commentaires l’accusant d’avoir un logo très semblable à celui que des pédophiles utiliseraient.

Un logo qu’utiliseraient certains pédophiles, selon le FBI.
Illustration courtoisie
Un logo qu’utiliseraient certains pédophiles, selon le FBI.

Ils font référence au BLogo, qui signifie BoyLover selon des documents du Federal Bureau of Investigation (FBI) et qui ont été diffusés par WikiLeaks.

Selon ces documents, ce logo serait associé à un groupe pour préciser leur préférence sexuelle pour des garçons.

Un des copropriétaires a dû défendre son logo – en forme de triangle – qui représente, à gauche, un C pour café, à droite, un A pour Artistes et au centre, les montagnes de Charlevoix.

Rodolphe Kerbouriou, un des propriétaires du Café des artistes devant son commerce à Baie-Saint-Paul.
Capture d’écran, TVA Nouvelles
Rodolphe Kerbouriou, un des propriétaires du Café des artistes devant son commerce à Baie-Saint-Paul.

Rodolphe Kerbouriou soutient qu’il n’avait aucune idée que le logo ressemblait à celui d’une organisation pédophile et se dit bouleversé par toute cette histoire.

« Ça m’a quand même anéanti, laisse tomber M. Kerbouriou, un des copropriétaires du restaurant. Le monde est tombé sur la tête. Je ne sais pas ce qui arrive, avec ce confinement, cette pandémie. On dirait que c’est du lynchage en permanence. On se demande dans quel monde on vit. »  

  • Écoutez l'entrevue du propriétaire du Café des Artistes à l'émission de Geneviève Pettersen à QUB radio:   

Plusieurs commentaires vilipendant le café, qui ont ensuite été effacés, faisaient mention d’allégations de pédophilie. 

Un certain Martin Charlebois a écrit : « Êtes-vous conscients que votre logo est un logo de pédophilie ? Si oui, vous êtes une bande de détraqués et je souhaite votre fermeture et des accusations au criminel ! ». 

Pas de plainte à la police

Le commerçant ne compte pas porter plainte à la police. Le changement de logo n’est également pas dans les plans. 

« Refaire le logo serait de donner raison à ces gens-là », fait-il valoir. 

Il souhaite que toute cette histoire soit derrière lui le plus rapidement possible et ne veut plus intervenir auprès des personnes qui ont prêté de telles intentions à son commerce. 

« Je ne veux plus en parler pour ne pas nourrir les accusateurs. Je veux qu’on me laisse travailler et qu’on laisse mes employés aussi », lance-t-il. 

Des liens douteux 

Marie-Ève Carignan, une professeure à l’Université de Sherbrooke qui s’intéresse au niveau de confiance dans les sources d’information et la croyance de certaines fausses nouvelles liées à la COVID-19, indique que ce genre de liens douteux est souvent le résultat d’informations – à l’origine véridiques – liées à d’autres informations qui n’ont aucun lien.

« C’est déplorable, mais il faut savoir que ce sont des gens qui sont souvent sur les réseaux sociaux des heures et des heures, et ils essaient de faire du sens avec des informations qu’ils trouvent partout, et, souvent, ils vont mettre en relation toutes sortes de petites bribes d’informations que l’on pige un peu partout », explique-t-elle.