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La nouvelle réalité de Claude Julien

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Photo d’archives L’éclosion de Nick Suzuki et de Jesperi Kotkaniemi procurera à Claude Julien une ligne du centre plus créative et aussi plus productive.

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La bonne nouvelle : Claude Julien est en bonne santé. Bien disposé, il a discuté hier de son avenir et de la prochaine saison avec enthousiasme.

Les séries éliminatoires lui ont procuré des réponses à bien des interrogations et on peut déjà imaginer qu’il aura des plans bien précis pour la prochaine saison.

Résumons quelques-uns de ses propos. 

  • Il a tenu à réconforter Phillip Danault sur son rôle au sein de l’organisation. Il soutient que les joueurs ont tous des responsabilités et que dans le cas de Danault, elles sont très importantes.   
  • Il reconnaît que l’éclosion de Nick Suzuki et de Jesperi Kotkaniemi lui procurera maintenant une ligne du centre plus créative et aussi plus productive. 
  • Il avait donné carte blanche à Kirk Muller pendant la série contre les Flyers.   
  • Il a aussi dit être en bonne forme, prêt à relever le défi de la prochaine saison. 
  • Il a précisé qu’un gardien auxiliaire répondant aux exigences d’un calendrier rigoureux et de la parité dans la Ligue nationale se veut un élément que les décideurs de l’organisation étudieront avec beaucoup d’attention.  

Pour le reste, il suivra de près ce qui se passe dans la Ligue nationale en attendant de reprendre le collier.

La réelle valeur des équipes

On ne sera pas surpris de son énoncé au sujet de Danault. En réalité, Julien est un entraîneur qui prône un système comme celui qu’utilise Barry Trotz avec les Islanders : quatre lignes d’attaque utilisées sur une base régulière. Mais on doit aussi garder en mémoire que les Islanders étaient en sérieuses difficultés à l’interruption du calendrier, le 12 mars. Comme le Canadien d’ailleurs.

On disait même qu’une participation aux séries éliminatoires était loin d’être un fait accompli, bien au contraire. Le retour au travail a été ponctué de bien des événements et on a maintenant de la difficulté à tirer des conclusions sur la valeur de certaines formations engagées dans cette compétition.  

La donne a bien changé.

Certes, le Canadien a fait belle figure et les résultats obtenus par Suzuki et Kotkaniemi ont de quoi rassurer les décideurs de l’équipe. Le travail de Muller qui, à son premier match, a chambardé les lignes d’attaque, a été apprécié... et par la haute direction, et par Julien, qui a affirmé qu’on avait avant tout respecté le plan de l’équipe. Du même coup, il a chassé l’idée qu’il pourrait y avoir un froid entre les
deux hommes. Par contre, il y a beaucoup de travail à faire pour donner encore plus de lustre à cette équipe.

Notamment, doit-on rebâtir l’attaque avec de nouvelles figures et une nouvelle structure ? Sans aucun doute.

le constat juste de jeff petry

Jeff Petry, qui a connu une saison intéressante à tous les plans, admet que le Canadien peut toujours miser sur une solide brigade défensive et un gardien de premier plan, mais qu’il faudra bien résoudre un problème important à l’attaque.

Il ajoute aussi que des joueurs avec de bons gabarits sont de plus en plus convoités et que le Canadien se doit d’accentuer ses recherches dans cette direction.

Il a parfaitement raison.

Un rapide coup d’œil sur les équipes dominantes de la Ligue nationale donne un aperçu de la tendance à travers la ligue. Le jeu est de plus en plus rapide et les joueurs au physique imposant en sont les principaux acteurs.

Chez le Canadien, les petits joueurs sont nombreux, trop nombreux, devrait-on ajouter, et il est parfois difficile de maintenir le rythme quand la compétition est de plus en plus intense.

Rencontre au sommet

Julien a rassuré un peu tout le monde.

Maintenant, on doit passer à une autre étape, celle des orientations en vue de la prochaine saison. Son patron, Marc Bergevin, a des plans bien définis et les dernières semaines lui ont sans doute donné une perspective différente des actions qu’il entendait prendre en mars dernier.

Le portrait n’est plus le même.

Quand Claude Julien souligne que Max Domi est un joueur de centre, le problème, c’est que dans la nouvelle structure, considérant que les trois joueurs de centre seront, en principe, Suzuki, Kotkaniemi et Danault, y a-t-il une place pour un centre qui exigera au moins 5 millions $ ?

On connaît la réponse. Aucune équipe ne peut se permettre un tel luxe.  

Quel parcours empruntera Bergevin pour donner du lustre à son attaque et aussi pour améliorer son équipe ?

L’exemple des Canucks de Vancouver a attiré son attention : de bonnes transactions, de bons choix au repêchage et un système axé sur l’attaque. Est-ce que cela respecte la philosophie de Claude Julien ?

L’homme est un entraîneur de carrière, il sait que des ajustements s’imposent. Le hockey change à un rythme fou et les dirigeants doivent appliquer les nouvelles consignes avec une philosophie répondant au modèle d’affaires.

Il sera de retour, on peut présumer avec le même personnel, mais il dirigera une équipe différente parce que son directeur général profitera de la conjoncture actuelle pour colmater les brèches.

Le plus important pour Claude Julien, c’est avant tout sa santé, et il semble avoir reçu un avertissement qu’il a pris très au sérieux.

Mais cela ne l’empêche pas de garder cette passion pour sa profession.