/news/coronavirus
Navigation

Rentrée scolaire: les profs ne sont pas en confiance

Rentrée scolaire: les profs ne sont pas en confiance
Photo Agence QMI, Joël Lemay

Coup d'oeil sur cet article

QUÉBEC | Près de deux enseignants sur trois affirment que le plan présenté par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, le 10 août dernier, ne leur inspire pas confiance, révèle un sondage mené par leur syndicat et publié le jour de la rentrée scolaire.

• À lire aussi: Tous les développements de la pandémie de COVID-19

• À lire aussi: Un quatrième cas de COVID-19 en milieu scolaire à la rentrée, selon la FAE

Le plan sanitaire présenté par le ministre Roberge ne permettra pas d’assurer la sécurité dans leur établissement scolaire, estime aussi plus de la moitié (61%) des 3800 membres de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) ayant participé à cette consultation du 21 au 26 août.

D’ailleurs, près de la moitié d’entre eux (46,6%) auraient préféré une présence alternée des élèves dans les classes.

  • ÉCOUTEZ l'entrevue avec Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l'enseignement, avec Mario Dumont à QUB radio:

«Dans le contexte de la rentrée scolaire 2020, la réponse des profs est claire: le gouvernement ne doit pas uniquement faire en sorte que les ressources qui permettent d’assurer la sécurité des personnels et des élèves soient disponibles, il doit aussi poser les gestes qui contribueront de manière positive au sentiment de sécurité des profs», a dit jeudi le président de la FAE, Sylvain Mallette, par communiqué.

Parmi les autres résultats rapportés par cette consultation: les profs consultés sont d’avis que le masque/couvre-visage (59,5%), la visière (52,4%) et l’écran de protection en plexiglas installé sur leur bureau (53,4%) sont les équipements de sécurité les plus adaptés pour à la fois enseigner et se protéger en présence des élèves.

De plus, 62% d'entre eux considèrent que les règles relatives au port du masque/couvre-visage dans leur établissement scolaire ne sont pas suffisantes. Presque la même proportion (59%) considère que la prise de température des élèves qui entrent chaque matin dans leur établissement renforcerait leur sentiment de sécurité.

La FAE regroupe neuf syndicats qui représentent environ 49 000 enseignants dans tout le réseau d’éducation de la province.

Beaucoup de démissions chez les enseignants, prévient la FAE     

Le Québec déplorait déjà une pénurie de 1000 enseignants à l’approche de la rentrée scolaire 2020; voilà que la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) s’attend à de nombreuses démissions en raison des conditions de travail difficiles.

Le défi organisationnel relié à la gestion des mesures sanitaires serait à l’origine de ces départs, estime Sylvain Mallette, président de la FAE.

«On est en attente de confirmations écrites, mais il semble qu’il y ait beaucoup de démissions, particulièrement sur l’île de Montréal, et des départs précipités à la retraite», a relaté Sylvain Mallette en entrevue sur les ondes de LCN, jeudi.

«Des enseignants à deux ou trois ans de la retraite auraient dit: "Ce n’est pas vrai que je vais vivre dans ces conditions"», a ajouté le président de la FAE.

Pas que la sécurité sanitaire à l’enjeu

Sylvain Mallette a souligné le «manque de matériel et d’équipement de protection» dans certains milieux et s’inquiète d’une mise à niveau nationale qui ne prioriserait finalement pas les savoirs essentiels, d'après l’évaluation de la FAE, contrairement à ce qui avait été annoncé par le ministère de l’Éducation lors de l’annonce du plan de relance.

Le rendu des services éducatifs serait, selon le président de la FAE, affecté par le manque de personnel de soutien.

«Les profs se font dire qu’ils devront passer plus de temps à surveiller les élèves plutôt qu’être en présence de leurs élèves pour faire de la récupération, a-t-il dit. Des élèves vont se présenter sans avoir de prof devant eux parce que la pandémie est venue aggraver la pénurie déjà existante.»

La FAE en appelle donc au ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, de ne pas se contenter de «réunir les conditions sanitaires» pour la sécurité des enseignants, des élèves et des membres du personnel scolaire. «Il faut que l’épisode qu’on vit collectivement, on puisse le traverser – on pense surtout aux élèves les plus vulnérables», a-t-il noté.

En conférence de presse dans une école primaire à Repentigny, jeudi, le ministre Roberge a soutenu que le plus important était d’assurer la sécurité des jeunes et du personnel.

Concernant l’inquiétude au sujet du matériel de désinfection qui n’est pas disponible dans tous les établissements, le ministre croit que cette crainte n’a pas sa raison d’être.

«Le matériel est là, je presse les administrateurs de faire les achats, il n’y a pas de raison que le matériel ne soit pas là, alors que les directives sont là depuis juin», a-t-il martelé.

La FAE a rapporté, jeudi, trois cas de COVID-19 au Centre de services scolaires de la Pointe-de-l’Île, à l’est de Montréal, incluant deux professeurs. Un quatrième cas a été enregistré sur la Rive-Nord de Montréal par le Centre de services de la Seigneurie-des-Mille-Îles.

Situation au Québec

En date du

Cas confirmés

Total

Décès

Total

Vaccins administrés

Total 84 837+ 9 264

Tests effectués

Total 5 195 725+ 35 114

Hospitalisations

Total

Soins intensifs

Total

Voir tous les chiffres