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Sondage Léger: encore une personne sur six en télétravail à Québec d’ici la fin 2020

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Le pourcentage de «télétravailleurs» est en baisse constante à Québec, depuis le sommet de 57% en mars, et les employeurs sondés prévoient que 17% de leurs effectifs travailleront toujours à la maison en décembre 2020.

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Il s’agit encore d’une proportion très importante, soit un employé sur six dans le secteur privé. C’est ce qui ressort d’un sondage Léger sur l’avenir du télétravail dans la région de Québec, commandé par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ).  

Pas moins de 421 gestionnaires et dirigeants d’entreprises (de 10 employés et plus) sur la rive-nord ont répondu à ce coup de sonde, un échantillon «assez puissant», selon le sondeur qui permet de mesurer de façon concrète les effets de la pandémie sur le télétravail.  

«Pour la première fois, on a des indicateurs clairs de l’avenir de cette pratique-là», a indiqué en conférence de presse, jeudi, Cynthia Darisse, vice-présidente au bureau de Léger à Québec.  

En mars, au plus fort de la pandémie et des mesures de confinement, 57% des employés ont été renvoyés à la maison, alors que la pratique du télétravail était «quasi nulle» avant la crise sanitaire, a indiqué le nouveau président de la Chambre de commerce, Steeve Lavoie.  

«Il y a à peu près seulement 30% des entreprises qui peuvent se permettre d’avoir des employés à la maison. Le 57% était un peu élevé. On a vécu, en quelques mois, probablement dix ans de changements au niveau du télétravail».  

En juillet dernier, le pourcentage de «télétravailleurs» a baissé à 32% et continuera de baisser de façon importante d’ici la fin de l’année. Difficile de voir au-delà puisque les employeurs n’ont pas été sondés sur le long terme. «Il est trop tôt pour se prononcer sur le télétravail à Québec en 2021, 2022...», reconnaît M. Lavoie. 

Appui au projet de tramway

Ils sont nombreux, à Québec, à penser que la pratique du télétravail sera durable, ce qui rendrait obsolète le projet de tramway. La Chambre de commerce de Québec appelle cependant à la prudence et rappelle que les projets de mobilité régionale sont planifiés pour répondre aux besoins à très long terme. Plusieurs ménages ont également choisi, dit-il, de couper la deuxième voiture et privilégieront le transport collectif.

«Notre position est toujours d’appuyer le tramway. Le gouvernement, présentement, est en réflexion. Geneviève Guilbault est sortie hier dans les médias. On a toujours été respectueux de leur réflexion, alors on va leur donner le temps de réfléchir et de nous revenir», a indiqué M. Lavoie.  

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Appréciation mitigée du télétravail

Parmi les autres constats intéressants du sondage, on note les résultats mitigés quant à l’appréciation de la pratique du télétravail. Selon les employeurs, la moitié des travailleurs n’ont pas vraiment de préférence. L’autre moitié est tranchée au couteau, en parts égales, soit 24% qui apprécieraient davantage le télétravail, contre 24% qui préfèrent la présence physique au boulot.  

Quant à la productivité, 62% des employeurs estiment que leurs employés sont aussi efficaces qu’avant à la maison, alors que 24% ont noté une baisse de productivité. A contrario, un employeur sur dix (10%) dit avoir observé une augmentation de la productivité.  

Forcés de s’adapter à vitesse grand V, pas moins de 82% disent néanmoins voir aujourd’hui le télétravail plus positivement qu’avant et 55% d’entre eux ont déjà modifié leur politique corporative pour permettre plus de flexibilité à leurs employés quant au télétravail.  

Enfin, la Chambre de commerce se désole de constater que seulement 50% des employeurs ont prévu de l’aide ou du soutien psychologique pour atténuer les craintes de leurs employés et les inciter à revenir sur les lieux de l’entreprise. «Il ne faut pas négliger ce volet. Il est également essentiel à la survie d’une entreprise», fait valoir Steeve Lavoie.