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Des locataires indésirables qui font peur aux voisins

La drogue et la prostitution inquiètent dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve

Locataires Indésirables
Photo Clara Loiseau Les locataires du logement situé au bas à gauche de cet immeuble du quartier ont reçu l’ordre de partir d’ici le 1er septembre.

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Plusieurs consommateurs de drogues illicites ayant élu domicile dans un logement situé dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve font grogner le voisinage.

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« Il y a de la drogue, de la prostitution. On entend des cris et on voit du va-et-vient à toute heure du jour et de la nuit. Ils font leurs besoins, laissent leurs déchets et leurs préservatifs dans la ruelle », déplore une voisine qui a demandé à garder l’anonymat par peur de représailles. 

Ce n’est pas la première fois que des résidents du quartier Hochelaga-Maisonneuve sont pris avec des voisins consommateurs de substances illicites. Le Journal rapportait il y a quelques semaines qu’un immeuble de la rue Sainte-Catherine était également occupé par d’autres toxicomanes et des travailleuses du sexe.

Selon plusieurs résidents du secteur contactés par Le Journal, les dérangements ont débuté au mois de novembre alors que les locataires occupaient un autre appartement situé tout près.

Expulsion

« Ça fait 21 ans que j’habite dans le quartier, que je reste au même endroit, mais c’est la première fois que je crains pour ma sécurité », affirme un voisin, qui songe à déménager. 

Comme lui, plusieurs parents soutiennent qu’ils interdisent dorénavant à leurs enfants de jouer dans la ruelle arrière.

Les propriétaires de l’immeuble où se trouve le logement en question ont entamé au mois de juillet des démarches pour expulser la locataire. 

Cette dernière devra partir dès le 1er septembre, sous peine d’être évincée du logement, selon une décision de la Régie du logement rendue le 21 août.

Conscient des enjeux et des « difficultés liées à la cohabitation » dans son arrondissement, Pierre Lessard-Blais, maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, demande d’être compréhensif.

Pierre Lessard-Blais, maire de l'arrondissement.
Photo Agence QMI, Camille Gaior
Pierre Lessard-Blais, maire de l'arrondissement.

« Ce n’est pas unique ce que ces citoyens vivent, il y a des citoyens qui l’ont déjà vécu auparavant et la situation peut s’améliorer, mais quand il y a de la misère humaine dans notre ruelle, c’est un symbole de notre échec social », explique M. Lessard-Blais. 

« Il faut les accepter »

Selon lui, l’expulsion n’est pas la première solution. Il faut plutôt trouver une manière de leur offrir davantage d’outils pour s’en sortir.

Martin Pagé, qui est directeur de l’organisme Dopamine, abonde dans le même sens. 

« Tant que le système de prohibition va être en place, il y aura des lieux de consommation dans nos communautés et il faut les accepter. »