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Sports-études et activités parascolaires en péril: un gâchis pour des milliers d’élèves

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Photo Simon Clark Dès que les groupes-classes seront formés au Séminaire Saint-François, Félix-Antoine Bouchard, Tristan Rioux, Allan Saadna et Oderic Mudemberezi ne pourront plus jouer au football durant quelques semaines.

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La rentrée scolaire a été gâchée hier pour des milliers d’élèves qui ont appris que leur programme particulier, comme le sports-études, est en péril en raison des mesures sanitaires imposées par Québec.

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Les déclarations du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, lors de la rentrée hier matin ont eu l’effet d’une douche froide pour plusieurs.

  • Écoutez le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge avec Benoit Dutrizac à QUB Radio:

M. Roberge a précisé que les écoles ne peuvent en aucun temps regrouper des élèves qui ne proviennent pas du même groupe-classe pour la pratique d’activités sportives ou artistiques à l’école.

«La stabilité du groupe-classe [...], c’est le cœur de notre plan sanitaire», a affirmé le ministre Roberge.

Cette consigne, qui a semé l’émoi et suscité un véritable branle-bas de combat dans le réseau scolaire depuis mercredi, vient mettre un frein à plusieurs programmes particuliers, concentrations, profils et activités parascolaires, en pleine rentrée.

La directive pourrait toutefois être revue d’ici «quelques semaines», si le retour en classe se déroule bien, a précisé le ministre.   

  • Écoutez l'entrevue de Pierre Lavoie et Claudine Labelle, présidente fondatrice de Fillactive, à l'émission de Pierre Nantel à QUB radio:   

«Ça nous déchire le cœur»

Sur les terrains de football du Séminaire Saint-François hier, c’était la consternation. «On a été sharp, on s’est entraînés tout l’été, on a porté nos masques, on a respecté les distanciations sociales [...] ça nous déchire le cœur», laisse tomber Allan Saadna, qui en est à sa dernière année de football juvénile.

Le directeur de cette école privée de Saint-Augustin-de-Desmaures, Luc Savoie, n’en revient tout simplement pas de ce revirement à la toute dernière minute.

«Ça vient gâcher la rentrée des jeunes», lance-t-il, parlant d’une «claque en plein visage».

M. Savoie trouve par ailleurs «épouvantable» que le ministre Roberge veuille faire porter « l’odieux de la situation » au réseau scolaire, en laissant entendre que les écoles ont mal compris les consignes. 

  • Écoutez l'analyse d'Alexandre Dubé et de Benoit Dutrizac à QUB Radio:  

«Ça n’a jamais été clair pour à peu près personne dans le réseau scolaire au Québec», lance-t-il.

«Incohérence totale»

De son côté, le président de la Fédération des établissements d’enseignement privé est catégorique : le ministère avait d’abord donné le feu vert aux écoles avant de se raviser à la dernière minute, affirme David Bowles, documents à l’appui.

Ce dernier dénonce par ailleurs une « incohérence totale », puisque ces jeunes pourront continuer à pratiquer leur sport au civil, en dehors des murs de l’école.

«Je ne peux pas faire jouer ensemble des élèves de deux groupes différents, mais le soir après l’école, ils peuvent jouer dans des équipes sportives qui réunissent des jeunes provenant de dix écoles secondaires différentes. On ne comprend pas du tout.»

Privés de leur sport à l’école, plus de jeunes se tourneront vers les organisations civiles, ajoute M. Bowles, ce qui entraînera encore plus de risques de contamination.

Plusieurs craignent par ailleurs que la diminution du sport, mais aussi des concentrations, profils et autres activités parascolaires qui ne pourront se dérouler en raison du respect des groupes fermés, ne mène à une augmentation du décrochage scolaire.

«Les jeunes évitent le décrochage grâce au sport à l’école, car ils ont un sentiment d’appartenance. C’est le cas de mon fils qui a fini son secondaire 5», a fait valoir Enrico Ciccone, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sports.    

  • Écoutez la chronique de Rémi Nadeau au micro de Pierre Nantel à QUB radio:   

Des jeunes réagissent  

«Ça a été tough à entendre. Le sport, c’est presque ma vie. Je ne me lève pas le matin en me disant que j’ai hâte d’aller à l’école. Je me lève en me disant qu’après l’école j’ai une pratique. C’est ça qui me motive.» —Tristan Rioux, receveur au SSF

«Si jamais cette pause-là s’étire plus qu’un mois, je ne sais pas si je réussirai à passer mes cours. C’est vraiment ça [le football] qui me pousse à performer à l’école.» —Oderic Mudemberezi, receveur au SSF

— Avec la collaboration de Jérémy Bernier, Le Journal de Québec, et de Vincent Larin, Agence QMI