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100 emplois d’avenir: Besoin de bras pour la relance

La construction, principal secteur de la reprise économique, cherche désespérément de la main-d’œuvre

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Photo Jean-François Desgagnés Un travailleur déplaçait de la machinerie de forage lors de travaux à l’hôtel Manoir de la Terrasse, à Québec, le 9 juillet.

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Les chercheurs d’emploi intéressés par l’industrie de la construction n’ont rien à craindre, ils ne manqueront pas de boulot. Déjà en pénurie avant la pandémie, le secteur connaîtra un boom provoqué par le plan de relance économique du gouvernement.

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« Circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles », disait le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, au début juin en présentant le projet de loi 61 qui devait activer la relance économique du Québec par l’accélération de 202 projets de construction majeurs. Même si le projet de loi a été mis sur la glace et qu’une nouvelle mouture sera présentée à l’automne, cette volonté de Québec demeure de la musique aux oreilles des gens de l’industrie.

« Il y avait déjà des difficultés de recrutement dans ce secteur. Quand on parle de 200 grands projets d’infrastructure mis de l’avant par le gouvernement, ça va nécessiter des embauches massives », analyse Éric Bouthié, président d’Événement Carrières, grande foire d’embauche qui se tient annuellement à Montréal.

20 000 employés seront nécessaires

L’Association de la construction du Québec (ACQ) avait publié l’automne dernier ses projections de main-d’œuvre pour un horizon de 10 ans.

Au total, 20 000 employés seront nécessaires, un chiffre qui n’est pas appelé à diminuer après la pandémie.

« Les heures travaillées avaient déjà explosé dans les deux dernières années, et ça, c’était avant la volonté du gouvernement de relancer l’économie québécoise par la construction », explique Guillaume Houle, porte-parole de l’ACQ.

Parmi les besoins les plus criants, il cite entre autres les briqueteurs, les électriciens, les ferblantiers, les soudeurs, les poseurs de systèmes intérieurs, les mécaniciens d’ascenseurs et les tuyauteurs.

« Pour quelqu’un qui a perdu son emploi en pandémie et qui veut se réorienter, ce sont des emplois à 40 $ de l’heure en moyenne, avec de bonnes conditions, des assurances, un fonds de pension. C’est franchement intéressant », insiste M. Houle.

Secteurs connexes

Évidemment, les secteurs entourant celui de la construction bénéficieront aussi de cette relance. Tous les sous-traitants et fournisseurs profiteront de la manne et auront besoin de bras.

Le secteur du bois, notamment, fait partie de ceux où les perspectives sont intéressantes. 

« Tant ici qu’aux États-Unis, la relance semble vouloir passer par la construction, donc c’est une très bonne nouvelle parce qu’ils auront besoin de nos produits », souligne Réjean St-Arnaud, directeur général de Formabois, comité sectoriel de la main-d’œuvre du bois.

Même son de cloche du côté de la fabrication métallique industrielle, qui fournit en structures les grands chantiers.

« Pour les structures d’acier, oui la demande va être là. Même avant la pandémie, la différence entre l’offre qu’on avait et la demande était immense, donc les besoins de main-d’œuvre sont grands », explique Carl Boily, directeur du comité sectoriel, précisant que les soudeurs et les machinistes étaient les plus demandés. 

5 des métiers les plus demandés dans la construction en 2020   

  1. Électricien  
  2. Tuyauteur  
  3. Briqueteur-maçon  
  4. Opérateur d’équipement lourd  
  5. Peintre   

Source : Statistiques de l’Association de la construction du Québec 

Reprise rapide dans la construction  

94 % des employeurs affirment avoir repris leurs activités au début juin.

48 % des entrepreneurs indiquent avoir plus de difficultés à recruter qu’il y a un an.

63 % estiment que leurs embauches seront stables ou en hausse.

Plus de 70 % indiquent ne pas être parvenus à pourvoir tous leurs postes dans la dernière année. 

Source : Sondage de la Commission de la construction du Québec, entre le 1er et le 15 juin 2020