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«La ballade de Robert Johnson»: 29 chapitres de blues

Jonathan Gaudet
Photo courtoisie, Téo Gaudet

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Né dans le delta du Mississippi en 1911, le guitariste Robert Leroy Johnson reste une figure marquante, mais très énigmatique, de l’histoire de la musique populaire américaine. Bien que très courte, sa carrière est marquée par la légende puisqu’on dit qu’il aurait vendu son âme au diable. L’écrivain Jonathan Gaudet le raconte dans un roman original et très musical, La ballade de Robert Johnson. 

Joint au Royaume-Uni où il est professeur de littérature et de français dans une école internationale, Jonathan Gaudet explique qu’il s’est intéressé à Robert Johnson il y a déjà plusieurs années. «C’est une longue histoire d’amour et Robert Johnson a traversé le temps et les cultures», dit-il.

«Je l’ai rencontré quand j’ai commencé à m’intéresser plus sérieusement à la musique. Quand j’étais adolescent, j’aimais bien le rock et le heavy métal, et puis j’ai découvert des groupes comme Led Zeppelin, qui m’ont mené aux Rolling Stones, qui m’ont mené à Muddy Waters et au blues de Chicago, puis aux musiciens de blues traditionnel comme Son House et Robert Johnson.»

Dès qu’il a commencé à en savoir plus sur Robert Johnson, il a été intrigué par sa musique et par sa personnalité énigmatique. «Je suis complètement tombé sous le charme, sous la fascination de cet individu. J’aime sa musique. C’est le genre de tunes que je peux réécouter. C’est tellement frais, original, tellement complexe. C’est juste un gars avec une guitare... et avec ce qu’il fait, tu as l’impression d’entendre deux, trois personnes qui jouent. C’est fantastique à écouter.»

Dix ans de travail

Le travail de documentation a été très compliqué, entre autres du fait de l’absence de sources. L’auteur a mis dix ans pour écrire ce livre. «J’ai essayé de lire tout ce qui avait été écrit sur Robert Johnson : des livres, des études, des articles. Des podcasts. Toutes sortes de choses ont été dites sur Robert Johnson, parfois contradictoires, parfois complètement fausses. Mais tout cela a créé dans mon imaginaire un personnage, celui qu’on retrouve dans le roman.»

Son livre présente 29 chapitres, inspirés des 29 chansons de Robert Johnson, de façon à créer une histoire cohérente. «La personnalité de Robert Johnson, qui est au centre du roman, est un peu absente en fait, parce qu’on parle de lui toujours comme un absent, ou à la deuxième personne. Si je faisais une trame traditionnelle, ça allait ressembler à une biographie et c’est exactement ce que je voulais éviter. Je voulais vraiment en faire une œuvre de littérature, avec un sujet qui est musical.»

On sait peu de choses de Robert Leroy Johnson. «C’est un personnage qui était très élusif. C’était le genre de gars qui allait à une fête, puis disparaissait. Il a utilisé toutes sortes de noms de famille. Il s’est forgé toutes sortes de personnalités, selon les endroits où il se trouvait. C’était vraiment un personnage difficile à capter, à comprendre, de son vivant. Maintenant, 100 ans plus tard, la tâche est encore plus difficile. Mais on peut le recréer, je pense, dans notre imaginaire, à travers un roman.»

<b><i>La ballade de Robert Johnson</i></b><br />Jonathan Gaudet<br />Éditions Leméac<br />344 pages
Photo courtoisie, Éditions Leméac
La ballade de Robert Johnson
Jonathan Gaudet
Éditions Leméac
344 pages

  

  • Jonathan Gaudet est né à Joliette.  
  • Il a fait ses études en littérature et a enseigné le français en Argentine, en Louisiane, à Prague et à Athènes.  
  • Il enseigne le français et la littérature dans une école internationale, près de Londres.  
  • Il a écrit La Piscine (Héliotrope, 2016) et La dérive des jours (Hurtubise, 2013), qui lui a valu d’être finaliste au Prix des cinq continents de la Francophonie.  
  • Il joue de la guitare et interprète quelques pièces de Robert Johnson. «C’est impossible de jouer comme lui!»