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[PHOTOS] 10 écoles de Québec aujourd'hui disparues

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Avant l'apparition du ministère de l'Éducation et des écoles polyvalentes, à l'époque où le réseau de l'enseignement s'appuyait sur les communautés religieuses, on retrouvait à Québec de nombreuses petites écoles aux missions très variées. Elles sont aujourd'hui fermées, mais le souvenir de certaines d'entre elles est encore visible dans le paysage de la capitale. Voici donc 10 de ces écoles aujourd'hui disparues.

1) L'école Saint-Charles-de-Hedleyville  

L’ancienne école Saint-Charles de Hedleyville, en 2012.
Photo Google Street View
L’ancienne école Saint-Charles de Hedleyville, en 2012.

À la suite de l'incendie du faubourg Saint-Roch survenu le 28 mai 1845, plusieurs travailleurs de l’industrie du bois, des tanneries et de la construction navale qui ont perdu leur toit vont s'installer dans Limoilou, qu'on appelait à l'époque Hedleyville. Il se forme alors une petite agglomération. C’est là que se développera la paroisse de Saint-Charles-de-Limoilou.

C’est dans ce contexte qu’en 1863, les hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Québec font construire une école sur la rue Anderson, l'actuelle 3e Rue. Elle abrite trois classes qui accueillaient, au tournant du XXe siècle, jusqu’à 175 élèves. Des religieuses de la congrégation Notre-Dame de la paroisse de Saint-Roch ainsi que des laïques y enseignent. 

À partir de 1899, les Sœurs Servantes du Saint-Cœur de Marie prennent le relais, mais pour une courte durée, puisque l’école Saint-Charles-de-Hedleyville ferme ses portes en 1903. L’édifice est converti en logements, un usage persistant de nos jours. Seuls le clocheton qui couronne sa toiture et les deux portes d’entrée qui flanquent sa façade, l’une pour les garçons et l’autre pour les filles, rappellent l’ancienne fonction de cette maison sortie d’une autre époque.

2) L'école de Saint-Pascal  

L'ancienne école de Saint-Pascal, en 2012.
Photo Google Street View
L'ancienne école de Saint-Pascal, en 2012.

Dans le quartier Maizerets, au 1515 de la rue Saint-Eugène, se trouve une maison qui se démarque de toutes les autres dans le secteur, tant par son style que par son implantation par rapport à la rue. On ne peut pas la manquer. Alors que les habitations voisines sont des unifamiliales de type bungalow ou cottage, ou encore des multiplex, celle-ci est de style français. Elle semble sortie d'une autre époque. De plus, alors que toutes les autres sont parallèles à la rue, elle est oblique. 

Elle aurait été construite vers 1850. Son concepteur s’est vraisemblablement inspiré du Château du Domaine Maizerets voisin. La parenté stylistique est évidente. De forme rectangulaire et s’élevant sur deux étages et demi, elle est en pierres, recouvertes d’un crépi blanc, et est coiffée d’une toiture à deux versants, initialement en tôle à baguettes. Elle avait été érigée comme maison de ferme. En 1914, cette maison accueillera la première école de la paroisse Saint-Pascal-de-Maizerets. Elle était mixte, accueillant les garçons et les filles, les catholiques, les protestants, ainsi que les francophones et les anglophones. Aujourd’hui, elle abrite trois logements.

3) La St. George's School 

En 1925, on construisait la St. George's School, école élémentaire anglophone destinée aux protestants et aux juifs de Québec. En 1949, on l’agrandira par l’arrière par l’ajout du Stobo Auditorium, dont l’entrée est toujours visible sur la rue Fraser. Vraisemblablement, il s’agissait d’une école mixte, mais aux classes séparées. 

En effet, on le constate encore aujourd'hui par les deux entrées latérales qui flanquent l’édifice du 265, boulevard René-Lévesque Ouest. On peut y lire, gravé dans la pierre, «Boys Entrance» et «Girls Entrance». Ces entrées rappellent également que le quartier Montcalm, très francophone de nos jours, a déjà compté beaucoup de citoyens anglophones. La proximité de la paroisse irlandaise St. Patrick en fait foi. La St. George's School était également voisine du Driscoll Institute of English. 

Entrée des filles de l'ancienne St. George’s School
Photo J.F. Caron
Entrée des filles de l'ancienne St. George’s School
Entrée des garçons
Photo J.F. Caron
Entrée des garçons

Elles nous rappellent aussi qu’entre la rue Fraser et le chemin Saint-Louis (aujourd’hui la Grande Allée), les avenues Brown, Moncton et Lemesurier, ainsi que la rue Learmonth, formaient une enclave anglophone dans le quartier. Par ailleurs, ne parlait-on pas de Maples Avenue et de Sillery Junction? L'édifice est aujourd'hui occupé par le centre de loisirs Montcalm.

4) L'ancien Quebec High School 

L'ancien Quebec High School de la rue Saint-Denis vers 1910.
Photo BAnQ, Fonds Fred C. Würtele, P546,D3,P62
L'ancien Quebec High School de la rue Saint-Denis vers 1910.

Le 4 septembre 1941, les Québécois assistaient à l’inauguration du nouveau Quebec High School de l’avenue Belvédère. Cette école anglophone était sous la direction du Protestant Board of School Commissioners of Quebec. Cette institution scolaire est bien connue. Toutefois, peu de gens se souviennent qu’auparavant, elle était située au pied des glacis de la citadelle, sur l’avenue Saint-Denis, dans le Vieux-Québec. L'une des plus belles rues de la capitale. 

Cette école avait été construite en 1865 par l’entrepreneur Joseph Archer, d’après les plans de l’architecte Edward Staveley, le père de Harry Staveley. Il dessine un magnifique édifice de style gothique. L’école aura été en service durant 75 ans avant de déménager dans le quartier Montcalm. En 1944, le bâtiment avait été acheté par le gouvernement du Québec qui y installait le Conservatoire de musique. Il est détruit en 1986 par un violent incendie. L’édifice est finalement sauvé de la démolition alors que l’architecte George Leahy transforme ses ruines en condos, tout en respectant l’œuvre originale de Staveley.

5) Aux Buissonnets  

L'ancienne école Aux Buissonnets, en 2014.
Photo Google Street View
L'ancienne école Aux Buissonnets, en 2014.

L'école Aux Buissonnets était l'un des premiers établissements privés en éducation préscolaire au Québec. Elle ouvre ses portes en septembre 1940 au 325, rue Saint-Cyrille Ouest (aujourd'hui le 401, boulevard René-Lévesque Ouest). Elle avait été fondée par Marcelle Turcotte au sous-sol de la maison familiale où elle habitait avec ses parents et ses sœurs, dont Thérèse, également enseignante à l'école Aux Buissonnets. Son père était inspecteur d'école à l'Île-d'Orléans. Quant à Marcelle, elle avait une solide formation en enseignement. D'ailleurs, dans les années 1950, l'Université Laval ouvrait une section de pédagogie préscolaire et on lui en confiait la direction. À son décès survenu en 1966, elle était conseillère technique au ministère de l'Éducation.

Dans les années 1940, on ne disait pas «école privée», mais plutôt «école indépendante». On offrira chez mademoiselle Turcotte deux classes mixtes de niveau préscolaire, première et deuxième année. Malgré le jeune âge des élèves, on les préparait au cours classique. On leur donnait également des notions de musique, de peinture et d'art ménager. L'école Aux Buissonnets sera en service jusqu'en 1967. L'année suivante, elle devient un jardin d'enfants sous la direction de Thérèse. Finalement, en 1976, elle devient une succursale de l'école L'Éveil de Sainte-Foy avant de fermer ses portes. Plusieurs personnes gardent certainement un bon souvenir des sœurs Turcotte et de leur école.

6) Le couvent Notre-Dame de Saint-Roch  

Le couvent de Saint-Roch, vers 1900
Photo BAnQ, Fonds J.E. Livernois Ltée, P560,S1,P1047
Le couvent de Saint-Roch, vers 1900

De 1692 à 1890, les religieuses de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal étaient présentes au bas de la côte de la Montagne, entre les rues Saint-Pierre et Dalhousie. Ce segment de la côte s'appelait d'ailleurs la rue des Sœurs. 

Lors du siège de 1759, leur couvent sera partiellement détruit. Il sera reconstruit en 1769. Elles y enseignaient et elles le feront jusqu'en 1843, alors que cette école déménage dans le quartier Saint-Roch, face à l'église, sur la rue de l'Église, entre les rues Saint-François et Saint-Joseph, dos à la rue de la Couronne. 

À la suite de l'incendie du quartier Saint-Roch survenu le 28 mai 1845, le couvent sera à peu près le seul édifice épargné du désastre. On y donnait un enseignement classique féminin pour former de futures religieuses, des enseignantes ou de bonnes épouses. Le couvent Notre-Dame de Saint-Roch a été démoli en 1972, après avoir hébergé, temporairement durant deux années scolaires, l’Externat classique Saint-Jean-Eudes. C'est à cet endroit qu'on retrouve aujourd'hui l'Hôtel PUR.

7) L'École des beaux-arts de Québec  

L'École des beaux-arts de Québec, 1933-1934
Photo Thaddée Lebel, collection Musée national des beaux-arts du Québec, fonds Yves-Beauregard
L'École des beaux-arts de Québec, 1933-1934

C'est le 8 mars 1922 que le gouvernement du Québec fonde l'École des beaux-arts de Québec. Il en ouvrait également une à Montréal. La nouvelle institution ouvrait officiellement ses portes le 7 octobre suivant dans l'édifice de l'ancienne École des arts et métiers située sur la rue Saint-Joachim du faubourg Saint-Jean. 

L'École des arts et métiers était ainsi réformée sur le modèle de l'École des beaux-arts de Paris. On y enseignait l'architecture, le dessin, la peinture, la sculpture, les arts décoratifs, la gravure, la tapisserie, l'histoire de l'art, le vitrail, la céramique, les arts graphiques et la photographie. Elle formera de nombreux artistes québécois comme Simone Hudon, Raoul Hunter, Alfred Pellan et Albert Rousseau, pour ne nommer que ceux-là. 

L'école cesse ses activités en août 1970, alors qu'elle est intégrée à la nouvelle École des arts visuels de l'Université Laval. Par la suite, l'édifice de la rue Saint-Joachim est démoli au profit de Place Québec. 

8) La St. Matthew's School  

La St. Matthew's School, en 2017
Photo Le Bourdon du faubourg
La St. Matthew's School, en 2017

Au coin nord-est des rues D'Aiguillon et Saint-Augustin se situe une résidence de six logements en copropriété. Les usagers de l'autobus numéro 7 l'ont sûrement remarquée en raison de son style plutôt particulier. Elle ressemble à une église. Une croix blanche est même intégrée dans sa façade de briques rouges. 

En fait, elle logeait anciennement la St. Matthew's School. Cette école ouvre ses portes en 1876. Elle accueillait les jeunes filles. En 1923, elle existe toujours, mais elle semble avoir changé de vocation. En effet, sur les régimes d'assurances de cette année-là, elle est identifiée comme étant la St. Matthew's Sunday School. Elle était alors certainement associée à l'église anglicane St. Matthew's de la rue Saint-Jean, occupée aujourd'hui par une succursale de la bibliothèque municipale. En 1953, cette école n'existait plus.

9) La Diamond Harbour School 

Plan de la Diamond Harbour School, 1856
Photo BAnQ
Plan de la Diamond Harbour School, 1856

Immédiatement à l'est de l'escalier du Cap-Blanc se trouve un magnifique édifice. Il a été construit en 1861 à partir des plans dessinés par les architectes Edward Staveley et Gerald George Dunlevie. Ce bâtiment de trois étages de style néogothique accueillait la Diamond Harbour School. Cette école protestante était destinée aux enfants des marins et des constructeurs navals habitant le Cap-Blanc. 

Auparavant, cette école était située dans le sous-sol de la Mariner's Chapel située encore plus à l'est. Avec le déclin des activités portuaires, moins d'élèves fréquentaient l'institution et de l'espace s'y était donc libéré. C'est pourquoi, en 1879, on y ouvre une église luthérienne, la Scandinavian Church. Elle y tiendra des registres jusqu'en 1900. Dans l'intervalle, en 1888, l'école avait fermé ses portes. 

À partir de 1900, l'édifice est occupé par un club sportif, le Sarsfield Athletic Club, et ce, jusqu'en 1925. À cette date, c'est la Commission du havre de Québec qui s'y installe jusqu'en 1933. Par la suite, on y retrouvera des logements, comme c'est toujours le cas aujourd'hui.

10) L'école Saint-Louis-de-Gonzague  

L’école Saint-Louis-de-Gonzague, en 1933
Photo BAnQ, fonds des Sœurs de la Charité de Québec, P910,S3,D3,P3
L’école Saint-Louis-de-Gonzague, en 1933

En 1898, les Sœurs de la Charité de Québec fondent une école primaire et un pensionnat pour les garçons. Elles font alors construire un édifice pour accueillir leur nouvelle institution. Cette école était située sur la rue Richelieu, sur le glacis, immédiatement à l’extérieur des fortifications. On retrouvait à cet endroit la poterne Richelieu qui sera plus tard démolie pour permettre le passage de la rue éponyme. 

Ce terrain avait été libéré par le départ de la garnison britannique le 11 novembre 1871. C’est l’architecte David Ouellet qui dessine les plans de l'école Saint-Louis-de-Gonzague. Il s’agit d’un édifice en briques de trois étages, lequel est fait d’un corps central flanqué de deux ailes et d’une troisième aile, qui prolonge le corps central vers l’arrière. Le tout est alors surmonté d’une toiture mansardée. 

En 1939, l’édifice est allongé vers l’est par une nouvelle aile et, en 1959, la mansarde est remplacée par un étage et un toit plat. En 2010, les religieuses ont vendu l’école à l’Académie Saint-Louis et l’édifice de la rue Richelieu a été fermé. Des dizaines de générations de jeunes garçons ont fréquenté cette école et plusieurs y ont été pensionnaires.

Un texte de Jean-François Caron, historien  

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