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La hiérarchie canadienne

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Le dernier match nous a rappelé la position de l’Impact dans l’échiquier du soccer canadien. En regardant tant le classement que la façon de jouer sur le terrain, on se rend compte que les Montréalais sont devant Vancouver, mais derrière Toronto.

Vendredi dernier, le Toronto FC méritait amplement la victoire même si un seul but séparait les deux équipes au score final. Les hommes en rouge ont dominé de bout en bout des 90 minutes et l’Impact n’a jamais été en mesure de trouver des solutions pour les embêter.

Si les Whitecaps de Vancouver se sont avérés une proie facile mardi dernier, c’était tout le contraire vendredi face au TFC qui est nettement supérieur aux hommes de Thierry Henry.

Dans les circonstances, c’était quelque peu entendu. Si on se fie aux chiffres de l’an dernier, Toronto dépense deux fois plus que l’Impact pour son effectif. 

En fait, l’équipe de la Ville Reine est celle qui a la masse salariale la plus élevée de la MLS. En ce sens, il va de soi qu’elle domine ses rivaux. Dépenser autant ne garantit pas le succès, mais ça augmente les probabilités en ta faveur. 

Pas de vol, pas de miracle

Au début de la deuxième mi-temps, Toronto aurait pu mettre le match hors de portée pour l’Impact. Entre la 52e et la 54e minute, les Reds ont bénéficié de deux occasions en or devant la cage de Clément Diop, mais n’ont pas été en mesure de concrétiser. 

Pour les visiteurs, marquer à ce moment aurait été une suite logique à leur première mi-temps. Toronto a promené l’Impact d’un bord à l’autre du terrain sans ménagement. En changeant ses points d’attaque avec de longues diagonales, le TFC a donné tout au long des 45 premières minutes du fil à retordre au bloc défensif montréalais qui peinait à glisser rapidement pour se replacer.

En somme, quand un joueur de Toronto recevait le ballon, il bénéficiait de beaucoup – trop au goût de l’Impact – de temps pour prendre une décision sensée et exécuter la bonne passe nécessaire dans les circonstances. 

À lui seul, Alejandro Pozuelo a incarné cet état de fait. Le milieu torontois a pris le contrôle du secteur offensif et l’Impact n’a jamais vraiment réussi à le cadrer. En route vers une victoire plus facile que la marque finale ne l’indique.

L’ironie dans tout ça, c’est que les partisans de l’Impact pouvaient encore espérer un résultat à la toute fin du match. Si par miracle, le Bleu-blanc-noir avait marqué, ça aurait été littéralement du vol... ou un miracle, dépendamment de votre perspective. 

Confusion

Tout ce qui a mené au match de vendredi au Stade Saputo a été entouré d’un voile de confusion. Allait-on jouer ? Allait-on reporter la rencontre ? Qui voulait jouer, qui ne voulait pas ? 

Ces tractations ont assurément affecté les deux équipes dans leur routine d’avant-match. L’absence de Saphir Taïder et Samuel Piette aura aussi handicapé le milieu de terrain montréalais qui aurait sûrement offert un meilleur visage avec ses deux joueurs. 

Mais n’oublions pas que Toronto était aussi privé de son meilleur attaquant, Jozy Altidore. De la façon dont le match s’est déroulé, si le grand numéro 17 avait été sur le terrain cette soirée-là, il aurait sûrement marqué un ou deux buts. 

Au final, la frustration montréalaise a été incarnée par Thierry Henry. En deuxième mi-temps particulièrement, il a semblé ulcéré autant par la prestation de ses joueurs que par le contexte de la rencontre. 

Personnellement, je le comprends d’avoir ressenti de la frustration. De mon salon, à voir des joueurs marcher sur le terrain, je bouillais aussi en dedans.