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Québec a perdu 500 M$ dans l'aventure de la cimenterie McInnis

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L'aventure de la cimenterie McInnis, qui pourrait être bientôt vendue à un conglomérat brésilien, aura finalement coûté environ 500 M$ au gouvernement du Québec.

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C'est à tout le moins ce qu'a révélé mardi le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, dans une entrevue sur les ondes de LCN.

«C'est près de 500 M$. On se rappelle qu'il y avait 250 M$ en prêts, plus les intérêts accumulés au fil des ans et 100 M$ en capital. Cet argent va évidemment être radié au complet», a admis M. Fitzgibbon. 

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Lundi, le premier ministre François Legault a indiqué que le projet McInnis initié sous le gouvernement péquiste de Pauline Marois en 2014, avant d'être complété par les libéraux, avait été une «grave erreur».

«Ça aurait très difficile pour nous de se désengager de ce projet-là, alors on l'a continué, mais je reconnais volontiers que c'était un projet qui était beaucoup trop risqué», a reconnu mardi l'ancien ministre des Finances du Parti libéral du Québec, Carlos Leitão, en entrevue avec TVA Nouvelles.

«C’est un fiasco économique et écologique, a renchéri mardi la députée solidaire Ruba Ghazal. C’est un puits sans fond de gaspillage d’argent public. Plus un sou ne devrait être mis [dans cette usine].»

La députée solidaire Ruba Ghazal
Photo d'archives Simon Clark
La députée solidaire Ruba Ghazal

Selon des informations du Journal de Montréal, le conglomérat brésilien Votorantim chercherait à mettre la main sur la cimenterie de Port-Daniel actuellement détenue, entre autres, par la famille Beaudoin-Bombardier et la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Béton provincial, de Matane, veut aussi acheter l’usine, mais sollicite 150 M$ d’aide gouvernementale pour le faire.   

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Le maire de Port-Daniel, Henri Grenier, espère avant tout que l'usine survive. «Si c'est pour être Québécois, tant mieux [...] mais on ne peut pas refuser non plus un investisseur étranger», a-t-il confié à TVA Nouvelles.

«Il ne faut pas oublier non plus que, pour la Municipalité, c'est quand même des revenus très intéressants. On parle de 2,2 M$ en revenus de taxes sur un budget de 4,5 millions», a-t-il ajouté.

Des importations à revoir

Par ailleurs, le ministre Fitzgibbon a profité de son passage de l’entrevue pour détailler les intentions de son gouvernement, qui entend promouvoir les produits «fabriqués au Québec».

«Les Québécois veulent acheter québécois – le cri du cœur a été lancé –, mais pas à n'importe quel prix», a assuré le ministre de l'Économie.

Le gouvernement a identifié 12 secteurs industriels représentant environ 35% des importations du Québec où il serait possible d'aider les entreprises à accroître leur productivité pour, ultimement, faire diminuer les importations. C'est notamment le cas des secteurs du bois de construction et de la fabrication d'autobus, a énuméré M. Fitzgibbon.

Le secteur des batteries, avec le projet de Nemaska Lithium où Québec investira 300 M$, entre aussi dans cette catégorie. «Il y a toujours des risques, mais honnêtement, on prend un risque avec un partenaire sophistiqué», a d'ailleurs indiqué le ministre lorsqu'interrogé à savoir s'il craignait une répétition du fiasco de la cimenterie McInnis.

«Il y a environ le tiers de nos importations que l'on ne pourra jamais produire au Québec. On pense aux téléphones cellulaires, par exemple. Il y a d'autres secteurs où ça va être plus difficile et prendre plus de temps; je pense au pétrole, qui représente 10% de nos importations», a-t-il ajouté.

– Avec la collaboration de Charles Lecavalier

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