/misc
Navigation

À en perdre la tête

Coup d'oeil sur cet article

Ceci est une chronique grise. Une chronique sur le FLQ et la statue de John A. Macdonald qui ne se veut ni noire ni blanche.

À l’affiche ces jours-ci, le film Les Rose retrace le parcours de la famille Rose, dont Paul et Jacques Rose, membres du FLQ, ont participé à la mort de Pierre Laporte.

Sur les médias sociaux, plusieurs ténors souverainistes ont posé devant l’affiche, dont Catherine Dorion, le poing en l’air.

Pour certains, surtout pour la presse anglophone, c’était déjà trop. Coupables d’apologie du terrorisme, ni plus ni moins. 

Et dimanche, des militants antiracistes ont déboulonné la statue de John A. Macdonald.

Pour certains, encore une fois, c’était trop. Tous coupables d’être des « voyous » désirant réécrire l’histoire pour qu’elle réponde aux codes respectables du temps présent.

Le juste milieu, la mesure, le « gros bon sens », eux, sont relégués aux oubliettes...

Même logique

Deux événements distincts donc, mais qui sont liés par la même logique toxique : celle où on sépare les camps en deux, entre bons et méchants.

Soit vous célébrez le terrorisme, soit vous dénoncez complètement le FLQ !

Soit vous voulez javelliser l’histoire, soit vous célébrez des personnages historiques racistes comme Macdonald !

Et pourtant, le réel est plus nuancé. Des enjeux, comme le FLQ et les statues déboulonnés, sont extrêmement plus complexes et nécessitent un dialogue posé.

Ce qui veut dire, hors des agendas idéologiques, qu’il est possible d’apprécier le film Les Rose, d’être curieux de ce Québec en ébullition, tout en ne faisant pas l’apologie du terrorisme.

Tout comme il est possible d’avoir un regard critique sur l’histoire qu’on se raconte et sur nos héros qu’on édifie, et de s’inquiéter de la tentation de la table rase d’activistes radicaux.

Ces questions ne se régleront jamais par une couche de peinture blanche ou noire.

La vérité se retrouve souvent dans les teintes de gris.

Même si ça fait moins de chemises à déchirer...