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L’homme qui plantait des arbres...

Conférence du ministre du Patrimoine canadien Steven Guilbeault
Photo d'archives, Ben Pelosse Alors non Steven, je ne me réjouirai pas qu’on plante des arbres à Calgary…

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Comme bien de ses électeurs après sa victoire dans Laurier–Sainte-Marie, j’ai voulu croire Steven Guilbeault. D’ailleurs, peu après ma défaite avec le Parti vert, je lui ai proposé mon aide puisqu’il allait agir sur les deux causes à l’origine de mon passage en politique fédérale : l’environnement et la culture québécoise.

C’est qu’après y avoir consacré huit ans aux Communes, je peux vous confirmer qu’en cette ère numérique, la protection de notre culture reste encore tributaire du courage du ministre du Patrimoine à Ottawa. Je souhaitais ainsi continuer d’encourager la défense des intérêts du Québec dans ce secteur si crucial pour notre avenir culturel, et en parallèle, j’osais croire en une grande influence de notre nouveau ministre sur la cause environnementale dans l’équipe libérale...

Déception

Triste constat : M. Guilbeault a repoussé aux calendes grecques les démarches essentielles pour colmater la crise médiatique et culturelle. Puis, la semaine dernière, cet ex-militant écologiste nous distrayait avec des « mesurettes » de son collègue à l’environnement.

Planter des arbres, c’est admirable, mais M. Guilbeault sait mieux que quiconque à Ottawa que l’heure n’est plus aux petits pas, et qu’il est urgent de s’attaquer au bilan ca-tas-tro-phi-que de l’exploitation des sables bitumineux en Alberta.

  • Écoutez la chronique de Pierre Nantel à QUB radio:

Pauvre planète, pauvres travailleurs albertains !

Le baril de pétrole provenant spécifiquement de cette exploitation ne vaut plus rien et sa production fait fuir les capitaux étrangers. Pourquoi ? Parce qu’au-delà des coûts, le processus d’extraction actuel des sables bitumineux constitue une horreur environnementale et hautement toxique pour le territoire albertain, les Premières Nations et toute la planète ! 

Oui, une énergie plus sale...

On sait que la moitié du pétrole consommé au Québec provient de cette exploitation. S’il est vrai qu’il n’arrive pas d’outre-mer et offre de bons emplois aux Albertains, le processus actuel d’extraction en pleine crise climatique n’est pas viable, produisant tristement le pétrole le plus polluant au monde. Parce que pour séparer l’huile du sable, on injecte moult produits à l’aide d’une vapeur obtenue par la combustion de gaz naturel, brûlant une énergie fossile pour... en extraire une autre !

Impossible statu quo 

L’effort de guerre à la crise du climat devrait favoriser la recherche de solutions de rechange aux sables bitumineux. Minimalement, afin d’assainir le processus d’extraction de ces réserves pétrolières, qu’on pense à la séparation du sable et de l’huile par liquides ionisés peut-être1 ? Ou, plus simplement et à plus long terme, générer la vapeur requise à cette séparation au moyen d’électricité, issue d’un barrage dans le nord de l’Alberta, assorti d’une Paix des Braves ? L’énergie propre ainsi nécessaire à l’exploitation du pétrole pourrait alimenter Calgary et Edmonton une fois l’exploitation des sables révolue...

Parce que c’est toujours avec des centrales électriques au charbon et au gaz qu’on éclaire les Albertains ! Alors non Steven, je ne me réjouirai pas qu’on plante des arbres à Calgary...


1. Voir les travaux du scientifique Paul Painter de la Pennsylvania State University sur le sujet.