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Protection du béluga: Québec renvoie la balle au fédéral

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Le gouvernement Legault se dit « préoccupé » par la protection du béluga, mais souligne que c’est le fédéral qui a la responsabilité de protéger cette espèce menacée et qui contrôle le transport maritime.

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« On entend collaborer avec le gouvernement du Canada, car c’est lui qui a la responsabilité de la protection de l’habitat du béluga et du transport maritime », a expliqué Carl Charest, l’attaché de presse du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, dans une communication écrite.

Il réagissait au rapport d’un groupe d’experts financés par Québec et qui demandent un moratoire sur la hausse du transport maritime sur le Saguenay. Ces scientifiques ont découvert que près de la moitié des 1000 bélugas du Saint-Laurent qui sont toujours en vie séjournent dans le fjord du Saguenay. Moins passant que le fleuve Saint-Laurent et sa voie maritime, il sert de « refuge acoustique » à l’animal emblématique, menacé par le transport maritime en raison des risques de collisions et du bruit.

Rien ne bouge

Québec, qui finance les travaux de ce collectif de chercheurs, ne s’engage cependant pas à agir.

Les groupes environnementalistes le talonnent toutefois. « Il faut écouter la science, et la mise en place d’un moratoire est le minimum requis alors que la population de bélugas reste gravement en péril. Il est évident qu’on ne peut plus ajouter de stress supplémentaire sur les bélugas, et des projets comme GNL Québec doivent être relégués aux oubliettes », a indiqué le porte-parole de Greenpeace, Patrick Bonin.

« Cet emblème du Québec est malheureusement sur le bord de l’extinction. L’augmentation du trafic maritime causé par GNL Québec pourrait mener à sa disparition », a déploré Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec.

Alain Branchaud, biologiste et directeur de la Société pour la nature et les parcs, propose une solution mitoyenne. Plutôt qu’un moratoire, pourquoi ne pas imposer un nombre maximum de passages quotidiens sur le fjord, et choisir les déplacements les plus utiles.

« Les gens du Saguenay, ils sont fiers du fjord, ils aiment les bélugas. On ne veut pas empêcher les projets de développement économique. Mais avec un nombre maximal de déplacements par bateau, on peut choisir les projets qui ont le plus de retombées positives, et exclure ceux qui ne créent pas assez d’emplois par exemple », souligne-t-il.

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