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L’économie après la pandémie: un retour à la normale vers la mi-2022, prédit Desjardins

Le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier

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Le retour à la normale de l’activité économique au Québec devrait avoir lieu vers la mi-2022, prédit Desjardins. Les régions du Bas-Saint-Laurent, du Saguenay–Lac-Saint-Jean, des Laurentides et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine mettront plus de temps à retrouver la santé.

«Il y a encore de la fragilité dans différentes régions», concède le président et chef de la direction, Guy Cormier, dont l’organisation se dit ouverte à investir davantage de capitaux plus à risque pour soutenir les industries. 

Jeudi, l’équipe des études économiques du Mouvement Desjardins a dévoilé ses projections pour les prochaines années en tenant compte des impacts de la pandémie sur différentes industries, comme le tourisme, le commerce de détail et le secteur du divertissement. 

  • Écoutez l'entrevue avec le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier, à QUB radio :

Selon la coopérative, la «rapidité de la relance des activités économiques variera d’une région à l’autre», ce qui aura un impact sur le marché du travail. L’adaptation des entreprises aux règles sanitaires ainsi que leurs outils numériques pèseront également dans la balance de la reprise. 

Afin de soutenir ses membres, Desjardins a annoncé, jeudi, le maintien, jusqu’à nouvel ordre, de ses mesures d’allègement sur les produits de crédit et les prêts. Chaque cas sera évalué individuellement. 

Pour les entreprises durement touchées, l’organisation offrira aussi des tarifs de financement garanti pendant deux ans, et ce, «aux meilleurs taux disponibles avant la pandémie». 

«Ce serait une erreur de penser que tout est derrière nous», répond M. Cormier, précisant que plus de 300 000 demandes d’allègement ont été signées et que 2,5 millions de membres ont profité des différentes mesures. 

Une deuxième vague pourrait venir brouiller les cartes et faire replonger l’économie, avertit Desjardins, ajoutant qu’en période de confinement, 45% des entreprises d’ici ont subi une baisse de revenus de plus de 50%. 

Par ailleurs, la province a récemment enregistré des taux de chômage records. Les économistes du Mouvement prévoient que le taux passera de 9,1% en 2020 à environ 7,5% l’an prochain, au Québec. 

Plus touchés

Certains secteurs d’affaires souffriront plus longtemps, comme l’hébergement, la restauration, le commerce de détail et le divertissement. Et Desjardins ne le cache pas, d’autres fermetures pourraient survenir. 

Les entreprises brassant des affaires à l’étranger devront aussi s’armer de patience. Avec la fermeture des frontières et le ralentissement de l’économie, les exportations seront encore touchées jusqu’à la fin de 2021. 

Les régions qui devraient se relever le plus rapidement sont l’Abitibi-Témiscamingue, la Côte-Nord et le Nord-du-Québec, grâce à la présence du secteur minier, dont l’activité n’a pas été longtemps mise sur pause. La valeur de l’or a aussi grimpé en flèche, avantageant certaines compagnies. 

Du côté du Bas-Saint-Laurent, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, la reprise devrait être plus laborieuse en raison des enjeux en foresterie et en agriculture causés par le conflit sur le bois d’œuvre, le prix élevé pour la fibre et la pénurie de travailleurs. 

Les régions manufacturières comme la Mauricie, Chaudière-Appalaches et le Centre-du-Québec seront aussi touchées par la baisse de production de certaines compagnies en raison de la chute des exportations et de la diminution de la demande pour certains produits, par exemple les vêtements. 

Pour le Grand Montréal, Desjardins prévoit que l’économie se relèvera moins vite qu’à travers la province en 2020. La reprise sera davantage soutenue en 2021. La construction du Réseau express métropolitain et les nouveaux développements immobiliers contribueront à cette relance.   

Quant à la Capitale-Nationale, le secteur public, avec ses nombreux employés a, entre autres, permis d’atténuer le choc de la crise.  

«La diversification des activités dans la Capitale-Nationale, depuis une trentaine d’années, dans des secteurs à croissance rapide (optique-photonique, jeux vidéo, etc.), lui sera bénéfique», conclut l’équipe économique de Desjardins. 

Quelques mesures du plan de relance de Desjardins         

  • Maintien de certaines mesures d’allègement     
  • Fonds du Grand Mouvement de 150 M$ pour soutenir des projets      
  • Tarifs de financement garanti pendant deux ans, aux meilleurs taux avant la pandémie, pour les entreprises durement touchées.     
  • Partenariat avec l’École de technologie supérieure pour accélérer la transition vers l’économie circulaire afin de réduire le gaspillage.     
  • Desjardins versera cet automne 1,8 M$, sous forme de bourses, à des étudiants de niveau professionnel, collégial et universitaire.         

Q: Est-ce qu’il y aura des secteurs plus importants pour Desjardins dans l‘après-COVID-19?

R: Avant les secteurs, il faut prioriser les régions du Québec. Après, il faut prioriser le secteur manufacturier, qui produit plusieurs emplois, et le secteur des technologies. La pandémie a accéléré le virage numérique.  


Q: La coopérative prévoit-elle offrir de nouveau des produits d’assurance pour les voyageurs lors de l’ouverture des frontières?

R: Nous avons mis un frein à ça, car le gouvernement demande de ne pas voyager. En assurance, nous assurons des risques. Le jour où nous allons être en mesure de bien encadrer les risques, par exemple avec un vaccin, il y a une normalité qui va s’installer. L’assurance voyage va continuer d’être importante pour nous. Nos équipes regardent ce dossier. 


Q: Avec la croissance du télétravail, est-ce que les primes pour les assurances habitation pourraient grimper?

R: Nous réalisons actuellement des analyses. Nous avons mis en place un comité de travail qui regarde les impacts du télétravail. Il y a des pour et des contre. Cela peut créer des dommages collatéraux, comme l’isolement des employés. Est-ce que cela pourrait avoir un impact sur le commercial, car il y a moins de gens dans les édifices? On regarde toutes ces dimensions.