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Lord Elgin au lieu de Macdonald?

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La dernière fois que j’ai visité le manoir de John A. Macdonald à Rivière-du-Loup, la statue de ce dernier venait de tomber à Victoria, mais j’étais loin de me douter que ce personnage deviendrait aussi controversé chez nous que le crucifix (qui n’est plus) dans l’enceinte de l’Assemblée nationale !

Qui aurait cru que la mise à terre d’un champion du Canada anglais britannique fâcherait autant les Québécois nationalistes qui pressentent bien que derrière cet acte de vandalisme d’inspiration « Made in USA » se profile encore un millionième épisode de « Québec bashing » typiquement Canadian... 

C’est à en perdre son latin ! Euh, je veux dire : c’est à en perdre son joual, que cette histoire ! Si je me mets dans les souliers d’un nouvel arrivant qui débarque au Québec et qui assiste à cette controverse, c’est à n’y rien comprendre.

Raisonnable

Dans la cacophonie de suggestions souvent plus motivées par l’émotion que par la raison, je n’ai pas entendu le nom de lord Elgin, méconnu et pourtant beaucoup plus essentiel à notre destinée nationale que « John A. » après lui.

Au lendemain de l’écrasement des Patriotes, ce lord Elgin a compris l’importance de ne pas humilier et anéantir le Canada français. Comme il se montrait conciliant en dédommageant les gens du Bas-Canada dont les fermes avaient été détruites, il y eut même une révolte des pro-Britanniques... qui brûlèrent le parlement canadien, alors situé à Montréal !

Aimables Anglais

Je serais bien content de voir Riel ou Papineau ou Pontiac à la place de Macdonald. Question de respecter l’esprit du lieu, pourquoi ne pas honorer une autre figure d’autorité britannique plus généreuse et rassembleuse ?

Je viens de nommer lord Elgin. J’aurais pu aussi mentionner Guy Carleton, mieux connu sous le nom de lord Dorchester, qui a su reconnaître la langue et les coutumes de nos ancêtres au point de leur faire renoncer à la révolte avec les Américains.