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Lourde peine réclamée pour un coach abuseur

La Couronne veut 18 ans de prison pour un proprio d’écuries qui a fait 12 victimes

clément lamoureux
Photos d'archives, Jonathan Tremblay et Chantal Poirier Me Geneviève Beaudin, de la Couronne (en mortaise), demande une lourde peine de 18 ans de détention pour l’entraîneur équestre agresseur Clément Lamoureux, que l’on voit ici lors d’un de ses passages au palais de justice de Sorel-Tracy, en 2019.

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La Couronne demande une peine record de 18 ans de détention pour un entraîneur équestre de la Montérégie qui a abusé sexuellement d’une douzaine de jeunes cavalières pendant près de 20 ans.

« Il est temps que les tribunaux et les juges rendent des sentences plus sévères pour les crimes sexuels commis envers des enfants parce que la société a changé et elle est à même de voir les conséquences de ces crimes sur les enfants », a plaidé hier avec ferveur Me Geneviève Beaudin, au palais de justice de Sorel-Tracy.

La procureure a donc suggéré au juge Denys Noël d’imposer cette lourde peine de 18 ans de pénitencier à Clément Lamoureux pour les crimes odieux qu’il a commis entre 1998 et 2017. 

L’homme de 67 ans a plaidé coupable en février à une kyrielle d’accusations allant des attouchements aux agressions sexuelles à plusieurs personnes, en passant par l’incitation à des contacts sexuels alors qu’il était en position d’autorité.

Propriétaire d’écuries à Saint-Amable, puis à Sainte-Julie, il a abusé de 12 jeunes filles, toutes mineures, à l’exception d’une.

La plus jeune victime avait 12 ans lors des traumatisantes infractions, tandis que Lamoureux était âgé de plus de 45 ans. 

Si le juge acquiesce à la suggestion de la Couronne, il s’agirait d’une peine record pour un coach coupable de gestes sexuels sur ses élèves, selon nos informations.

À titre comparatif, l’ex-entraîneur de ski alpin Bertrand Charest avait initialement écopé de 12 ans de détention pour des crimes similaires commis à l’endroit de neuf jeunes femmes. La Cour d’appel a réduit la sentence à 10 ans et trois mois.

  • Écoutez l'analyse de la juge à la retraite Nicole Gibeault à QUB radio :

Concours de fellation

Lamoureux avait toujours le même modus operandi. Si les cavalières acceptaient de travailler pour lui gratuitement, elles pouvaient monter à cheval à leur guise. Mais à l’écurie, tout tournait autour du sexe, tout était prétexte à les tripoter, selon ce qui a été relaté à la cour.

Certaines victimes se sont fait toucher les seins et les fesses, d’autres ont eu des relations sexuelles complètes avec Lamoureux, à plusieurs occasions.

Une ado de 14 ans a également dû participer à des ébats sexuels avec son coach et la conjointe de celui-ci.

Plus troublant encore, l’entraîneur a même assouvi ses bas instincts en créant des concours de fellation entre deux jeunes filles, lors desquels plusieurs adultes étaient présents.

Il veut Quatre fois moins

Me Rodrigue Beauchesne, de la défense, a quant à lui réclamé une peine quatre fois moins sévère que celle de la Couronne, soit un peu moins de quatre ans de détention.

Comme Lamoureux est emprisonné depuis son arrestation en juin 2019, il ne lui resterait donc que deux ans moins un jour à purger dans une prison provinciale. 


♦ Le juge Denys Noël tranchera dans deux semaines.

Entendu à la cour       

« Les jeunes filles étaient libres d’y aller ou d’aller dans une autre écurie. Elles n’étaient pas prisonnières comme des skieuses en compétition en Europe [les victimes du coach Charest]. »

– Me Rodrigue Beauchesne, avocat de la défense


« C’est un préjugé de dire que les victimes auraient pu quitter. C’est comme dire qu’une victime est coupable de ne pas s’être débattue. »

– Me Geneviève Beaudin, de la Couronne


« C’était un stratagème structuré, à répétition, de façon à ce que tout le monde ait fini par trouver ça banal. [...] Il y a des jeunes filles qui ont dû se débattre parce que juste dire non, c’était pas suffisant. Ce n’était pas toutes des jeunes filles qui se croyaient en amour, il y a aussi eu des gestes forcés. »

– Me Geneviève Beaudin, de la Couronne


« [Une ado] était toujours assise sur moi. Probablement que je suis tombé dans le panneau, je ne suis pas un saint. »

– Clément Lamoureux, agresseur


« Oui, mon père est un homme à femmes. Mais il n’a pas provoqué le fait d’être entouré de jeunes filles. C’est le milieu des chevaux qui est comme ça. Il s’est laissé emporter par ce qui se passait autour. »

– Véronique Lamoureux, fille de l’agresseur