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Trump n’est pas invincible

Donald Trump
Photo AFP Donald Trump

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La convention républicaine a mis le paquet pour raviver sa campagne et Trump mise à fond sur la loi et l’ordre, mais rien n’y fait, l’électorat ne suit pas.

Malgré quatre jours de convention où les républicains ont monopolisé les ondes en chantant les louanges de leur candidat et malgré ses efforts pour braquer l’attention sur certaines manifestations violentes, Donald Trump reste loin derrière Joe Biden dans les intentions de vote.

Où sont les pouvoirs surnaturels de vendeur du président ?

Pas de remontée

Normalement, on se serait attendu à une embellie après la convention républicaine, mais l’avalanche de sondages récents ne donne aucun signe d’un resserrement significatif de l’avance de Biden.

Globalement, Trump tire de l’arrière par environ sept points, soit à peu près le même écart qui prévalait avant les conventions. Dans les États clés, l’avance de Biden n’a pas rétréci.

Tant les partisans aveugles de Trump que les cassandres parmi ses opposants continuent pourtant de claironner ses capacités légendaires de persuasion. Pour le moment, ça ne fonctionne pas.

Panique ?

Ce à quoi on assiste ressemble plutôt à de la panique. Donald Trump joue avec le feu en donnant l’impression de souffler sur les braises des violences dans l’espoir de tirer parti de l’insécurité d’une partie de l’électorat.

Trump est allé jusqu’à défendre les homicides commis par un jeune manifestant d’extrême droite et à encourager des milices improvisées armées jusqu’aux dents à faire leur propre loi contre la menace réelle, mais largement exagérée de groupes violents dits d’extrême gauche. La sagesse politique de cette stratégie incendiaire qui revient à attiser la violence pour mieux se poser en défenseur de la loi et de l’ordre paraît plutôt douteuse.

Le problème est double. D’abord, la plupart des électeurs placent l’économie et la santé bien au-dessus de ces enjeux qui ne touchent qu’une minorité. Ensuite, ces violences surviennent pendant sa présidence à lui et il est ironique qu’il prétende être seul capable de régler un problème dont ses adversaires peuvent lui imputer la responsabilité.

L’énergie du désespoir

Évidemment, Donald Trump va remonter le volume et multiplier les tentatives de faire oublier l’échec lamentable de sa réponse à la pandémie et les multiples scandales qui continuent de déferler sur lui et sur son entourage.

Trump fera flèche de tout bois, mais la présomption selon laquelle il est destiné à se faufiler vers la victoire à la dernière minute comme il l’a fait en 2016 reste encore à démontrer, notamment parce que l’opinion est beaucoup moins fluide cette fois-ci.

Non seulement les dernières semaines ont-elles démontré l’impuissance du président à renverser la tendance, mais les démocrates ont fait des collectes de fonds record en août et ils pourront pousser Trump dans ses derniers retranchements en contestant sérieusement des États auparavant tenus pour acquis comme l’Ohio, la Géorgie et même le Texas.

Bien sûr, Trump va déployer l’énergie du désespoir, mais, ce faisant, il aura autant sinon plus de chances de faire de coûteuses erreurs que de trouver le filon gagnant.