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Comme un goût de viande amer

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Qu’est-ce que l’antispécisme ? Ce mot, relativement nouveau, « désigne une volonté politique de prendre en compte les intérêts des animaux dans l’organisation de la cité ». C’est aussi un mouvement de libération des animaux. Pour ces militants radicaux, tous végétaliens, les animaux seraient les égaux des humains.

<b><i>Animal radical</i></b></br>
Jérôme Segal</br>
Éditions Lux
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Animal radical
Jérôme Segal
Éditions Lux

Son contraire, le spécisme, serait donc le droit, pour une espèce, en l’occurrence les humains, de disposer des autres espèces, « de la même façon que le racisme s’appuie sur la prédominance supposée d’une race sur les autres, ou le sexisme, d’un sexe sur l’autre ».

Les activistes animalistes se sont fait connaître un peu partout dans le monde par des actions violentes et spectaculaires : incendies de grandes fermes d’élevage et d’abattoirs, sabotage, destruction de laboratoires, menaces de mort contre des propriétaires de restaurants, graffitis et bris des vitrines de boucheries, etc. Ce radicalisme semble trouver sa justification dans la publication de statistiques effarantes. Ainsi, « entre 60 et 70 milliards d’animaux terrestres sont abattus chaque année dans le monde pour nourrir les humains (et 15 fois plus en tenant compte des poissons) ». De quoi refroidir nos ardeurs carnassières.

Mais on sait peu de choses sur ce mouvement planétaire. Déjà, à la fin du XIXe siècle, nous dit le chercheur, au sein du mouvement anarchiste, la cause animale s’inscrivait naturellement dans la lutte contre toute forme d’oppression. Il rappelle l’histoire de ce jeune anarchiste qui, en 1900, a tiré deux balles et blessé un toréador pour protester contre une course de taureaux.

En 1850, en France, sera adoptée la première loi de protection des animaux, qui prévoit des amendes et des peines de prison pour les coupables de cruauté envers les animaux. Même Louise Michel, une des grandes figures de l’anarchisme, sera associée à la cause pour le bien-être des animaux. Elle raconte, dans ses Mémoires, « que c’est le traitement cruel réservé aux animaux qui a animé son esprit de rébellion contre le pouvoir arbitraire des puissants ». « Plus l’homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent », affirme celle qui participa à la Commune de Paris. 

Cette compassion pour les animaux est loin d’être acceptée et on raille souvent les femmes qui y participent en plus grand nombre. Ceux qui adoptent un régime végétarien sont considérés comme anormaux. Ce statut social portera les végétaliens à se regrouper en sociétés plus ou moins fermées et à vivre en communautés. Bakounine, Franz Kafka, Isadora Duncan, Otto Gross, Max Weber et Herman Hesse, entre autres artistes et penseurs, en feront partie. Mais ces mouvements, tout progressistes qu’ils soient, rapporte Segal, ne sont pas à l’abri de quelques dérives, comme la création d’un type ethnologique aryen ou l’opposition à l’avortement.

Mais c’est dans les années 1970, en Angleterre, que les premières actions directes radicales vont se manifester. On libère les animaux des centres d’expérimentation, des zoos, des cirques, pour les placer dans des refuges et on traque les chasseurs de mille et une façons. Ces campagnes contre la violence faite aux animaux, entre autres la vivisection à des fins expérimentales, porteront fruit. 

Mouvement mondial 

Désormais, la cause animaliste inquiète les grands groupes industriels, surtout agroalimentaires. Le mouvement est devenu mondial, avec des ramifications au Québec et au Canada, en Australie, en France, en Italie, en Allemagne, au Japon, en Pologne, en Suède et aux États-Unis.

L’ouvrage de Segal nous rend plus humains ceux qui traquent, à la limite de la légalité, les meilleurs ennemis des animaux, au-delà de l’image terroriste dont on les a affublés. C’est aussi l’occasion de mieux apprécier les différences entre végétariens, végétaliens, véganes, ces derniers adoptant, en plus d’un régime alimentaire très spécifique, une position éthique, refusant de porter du cuir et de la laine, ou de dormir avec une couette et des oreillers contenant des plumes. 

Si plusieurs médecins et diététiciens affirment que nous pouvons nous passer de consommer de la viande sans affecter notre santé, sommes-nous prêts à devenir véganes ? 

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