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Le show de boucane

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Photo d'archives, Simon Clark

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Déjà deux ans que la CAQ et François Legault ont pris le pouvoir à Québec. Pendant ce temps, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et la pandémie de COVID-19 qui s’abat sur le monde entier n’a pas fini de distraire celles et ceux qui s’intéressent à la gestion des affaires de l’État.

Presque à mi-mandat, que retient-on de ce gouvernement qui promettait de faire les choses autrement ?

Foncer les yeux fermés

En campagne électorale, François Legault s’est engagé à respecter ses promesses, une stratégie qui a séduit bon nombre d’électeurs. Aujourd’hui, on constate que le premier ministre entend tenir parole coûte que coûte, sans considération pour le prix économique et social de ses engagements.

C’est le cas, notamment, de la loi 21, adoptée sous le bâillon « parce qu’au Québec, c’est comme ça qu’on vit ». C’est le cas également des Maisons des aînés, qui ne diminuent en rien le manque de places en CHSLD, mais qui coûtent les yeux de la tête. Même chose pour les maternelles 4 ans, dont le coût réel pourrait atteindre les 2 M$ par classe et non les 122 000 $ prévus par la CAQ. Pour un gouvernement de comptables et d’entrepreneurs, on se serait attendu à mieux qu’un show de boucane.

Par ailleurs, plus le temps passe, plus on constate que le conseil des ministres de François Legault manque de profondeur. Le Québécois moyen peine à nommer la majorité des ministres tout simplement parce que ceux-ci n’ont jamais l’occasion de se faire valoir.

L’équipe caquiste, c’est principalement François Legault, Geneviève Guilbault, Simon Jolin-Barrette, que j’ai déjà qualifié de « ministre-de-toute », Christian Dubé et Pierre Fitzgibbon. Ah ! Et Marguerite Blais aussi. Parce qu’il est évident qu’avec plus de 5000 morts en CHSLD au printemps, la ministre responsable des Aînés méritait de conserver son poste tandis qu’on limogeait la ministre de la Santé.

Pénible relance

Les prochains mois s’annoncent difficiles. La relance économique devra être encadrée pour éviter les faillites tant personnelles que celles d’entreprises. On a beau mettre l’insistance sur des emplois à 30 $/l’heure, bon nombre de travailleurs de la culture, du tourisme, de la restauration et du commerce de détail se retrouveront bientôt sans emploi. Pour le moment, le gouvernement ne leur offre aucune solution, à court ou à moyen terme.

Ce qui inquiète le plus après deux ans, c’est le manque de vision du gouvernement, souligné à grands traits depuis le début de la pandémie. Tout le monde reconnaît que la situation est exceptionnelle et qu’on « construit l’avion en plein vol » comme aime le répéter François Legault. Mais près de 6 mois après la grande mise en pause du printemps, on n’a toujours pas de plan ou d’indicateurs concrets pour un retour à la normale ou même pour gérer une quasi inévitable deuxième vague.

En gestion de crise, on apprend rapidement que le capital de sympathie des premiers instants ne dure jamais. À deux ans des élections, François Legault devra fouetter ses troupes s’il ne veut pas voir son étoile pâlir.