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Intersexuation

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Chaque année, plusieurs nouveau-nés viennent au monde en ne présentant pas des caractéristiques sexuelles typiquement binaires, c’est-à-dire « mâle » ou « femelle ». Le sexe attribué à la naissance est souvent fait en raison de l’apparence des organes génitaux. Mais qu’arrive-t-il lorsque ces caractéristiques sont ambiguës ? Jusqu’à quel point le sexe assigné à la naissance peut-il être juste ? Et dans quelle mesure devrait-on en tenir compte ? Quand on pense que de nombreuses personnes intersexuées sont encore victimes de procédures chirurgicales non consenties... 

Lumières !

Un peu d’éclairage sur ce qu’il en est ! Le terme hermaphrodite est encore parfois utilisé, mais il tend peu à peu à être éclipsé par un autre. À cet égard, certaines associations préfèrent utiliser le terme intersexuation, car elle rappelle que, contrairement à la figure d’Hermaphrodite de la mythologie grecque, les personnes intersexuées « n’ont quasiment jamais deux sexes complets et fonctionnels dans un même corps, mais plutôt une anatomie qui diffère des normes établies ». (Source : Être intersexué : ça veut dire quoi, Laurie Blachier, 26 mars 2018)

De plus, selon Amnesty International France, intersexuation est « un terme générique qui est utilisé pour couvrir un vaste groupe de personne dont les caractéristiques sexuelles ne correspondent pas aux “normes” typiques et binaires masculines ou féminines. Ces caractéristiques peuvent concerner des caractéristiques sexuelles primaires telles que les organes génitaux internes ou externes, les systèmes reproductifs, les niveaux d’hormones et les chromosomes sexuels ; ou des caractéristiques sexuelles secondaires qui apparaissent à la puberté ». Puisque même la communauté scientifique ne s’entend pas sur les chiffres, j’ai peine à vous offrir une réponse qui reflète le consensus quant aux nombres de naissances d’enfants intersexués. Certains disent 1 enfant sur 2000, d’autres estiment que la proportion est similaire à celle des personnes nées rousses, bref il y a du flou.

Précisons que l’intersexuation concerne les caractéristiques biologiques de la personne, il faut faire attention de ne pas faire d’amalgame en y confondant sexe biologique, identité de genre ou orientation sexuelle. Ce sont trois situations différentes et non corrélatives.

Des répercussions importantes

Dans notre société, basée depuis longtemps sur la reconnaissance du sexe binaire (soit homme, soit femme) d’un individu qui arrive en ce monde, il est arrivé — et il arrive encore — qu’au nom du fait qu’une personne doit à tout prix avoir un sexe assigné, que des traitements médicaux non consentis soient dispensés. Cette prise en charge normalisée est de plus en plus révisée, car les conséquences sont trop lourdes. D’ailleurs, selon la Dre Cynthia Kraus de l’Université de Lausanne, les arguments autrefois utilisés (crainte de complications liées à l’intersexuation) sont aujourd’hui contestée, les organes génitaux atypiques ne constituent pas un danger pour la vie des enfants concernés.

Heureusement, la communauté scientifique et médicale a progressivement évolué sur cette question, mais il reste encore du chemin à faire.