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Marie-Anne Legault: sur la traque du Phénix

Portrait de l'autrice Marie-Anne Legault
Photo Ben Pelosse

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« Si mon livre peut pousser les gens à être curieux et à s’ouvrir sur le monde, je vais avoir atteint un bel objectif. »

Un petit rat de bibliothèque. Voilà comment se décrit Marie-Anne Legault en riant. Lectrice boulimique fascinée par tout ce qui est encyclopédique depuis l’enfance, l’autrice voyageuse confie avoir hérité sa grande curiosité et sa propension à aller à la rencontre de l’autre de ses parents. C’est d’ailleurs à eux qu’elle dédie La traque du Phénix, son deuxième roman.  

<b><i>La traque du Phénix</b></i><br/>
Marie-Anne Legault<br/>
Éditions Québec Amérique
Photo courtoisie
La traque du Phénix
Marie-Anne Legault
Éditions Québec Amérique

S’il a fallu cinq années à l’écrivaine pour compléter et fignoler La traque du Phénix, il ne suffit que d’en lire quelques pages pour comprendre pourquoi. À une riche écriture se frotte une horde d’informations détaillées – sur divers sujets – reflétant l’éternelle obsession pour l’apprentissage de celle qui en a même fait une carrière. (Elle est éditrice d’ouvrages de référence, en plus de faire dans l’édition et la rédaction en chef.)

« J’ai toujours adoré lire, cela fait partie de moi, dit celle qui aura fait un an de recherche avant d’entamer l’écriture de ce deuxième roman. C’est ma passion pour le livre qui m’a amenée à écrire des encyclopédies, puis de la fiction qui me permet plus de fantaisie. Tout cela – mes nombreuses lectures, mes recherches – transparaît dans mes fictions, dans mon écriture. » 

C’est un livre sur l’obsession que l’autrice de 45 ans aux influences littéraires éclatées affirme livrer ici. Un livre sur l’importance de la curiosité envers l’étranger aussi. 

Son Phénix – cet autre vers qui les deux héroïnes iront passionnément et qui se verra même traquer par la GRC –, c’est un mystérieux itinérant incapable de dire qui il est et d’où il vient. Un homme semblant venir de nulle part qui parvient toutefois à jouer du Rachmaninov sans sourciller, à parler parfaitement de nombreuses langues et à faire en un temps record les calculs les plus complexes. 

« On a envie de démasquer cet homme mystérieux et de savoir d’où il vient, ce qui explique tous ses dons et ce qui l’a rendu fou », explique l’écrivaine qui a eu le déclic de son roman en croisant les pianos publics dans Montréal, sa ville d’adoption (elle a grandi en Abitibi et habite la métropole depuis 25 ans).

Aller vers l’étranger

Pour l’écrivaine, le mariage entre la forme et le fond (l’histoire) dans ses romans est primordial. Ce fut le cas pour le premier, Le Museum, qui portait sur la mémoire et présentait... des trous de mémoire. Ça l’est aussi dans La traque du Phénix alors que le livre abordant l’obsession « fonctionne tel un cerveau humain ». 

« Les liens se font tels des courts-circuits, d’un chapitre à l’autre, à la même façon du cerveau qui fonctionne de façon très éclatée », explique-t-elle. 

Dans l’œuvre de cette perfectionniste, rien n’est laissé au hasard. Chaque mention possède une utilité et un sens profond. Le sujet du café – nectar précieux dans la vie des deux héroïnes –, par exemple, aura été longuement étudié et approfondi par l’autrice qui a poussé l’exercice jusqu’à en teinter son écriture d’une nervosité caféinée.