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Un nouveau test pour détecter du colza OGM canadien

Un nouveau test pour détecter du colza OGM canadien
AFP

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Un test permettant de détecter un colza OGM canadien non autorisé dans l'Union européenne (UE), mais dont la mutation n'était jusqu'ici pas décelable a été mis au point, rendant possible l'application de la réglementation européenne, selon une étude parue lundi. 

Le canola, cultivé principalement au Canada et conçu par la firme américaine Cubis, est une variété de colza transgénique «nouvelle génération», modifié par une technique d'édition génomique pour la rendre résistante aux herbicides.

Bien que cette plante soit reconnue comme étant un OGM par la Cour de justice de l'UE, la mutation génétique qu'elle porte n'était jusqu'ici pas détectable en laboratoire, rendant le canola indiscernable des cultures non modifiées.

Les pays de l'UE n'avaient donc pas d'outils pour contrôler son éventuelle présence dans les importations.

Mais un consortium dirigé par le Health Research Institute (Iowa, États-Unis) a mis au point un nouveau procédé permettant de déceler cet OGM, décrit dans la revue scientifique Foods.

Il s'agit d'un test moléculaire PCR en temps réel, similaire à ceux qui sont utilisés en laboratoires pour contrôler les OGM «classiques», selon cette étude qui a été financée par des ONG comme Greenpeace, des associations, et SPAR, la principale enseigne de grande distribution en Autriche.

La loi peut donc s'appliquer

Pour Greenpeace, cette découverte vient «réfuter les affirmations des industriels selon lesquelles on ne pouvait pas détecter ces OGM, et donc que la loi ne pouvait pas s'appliquer».

«Certes, les Canadiens ne sont pas censés exporter ces OGM en Europe. Mais techniquement, nous n'avions pas les moyens de le vérifier», a développé Franziska Achterberg, directrice de la politique alimentaire de Greenpeace dans l'UE, interrogée par l'AFP.

Le nouveau procédé permettra également à la grande distribution et aux organismes de certification «sans OGM» de s'assurer que les produits n'en contiennent pas.

«Il s'agit d'une étape clé dans la protection des consommateurs et des entreprises européens (...)», s'est félicitée Heike Moldenhaueur pour Vlog, une association allemande d'organismes de certification, dans un communiqué.

Le nouveau test «est opérationnel, il va pouvoir être utilisé sans surcoût par les laboratoires de contrôle et les services de répression des fraudes», a expliqué Yves Bertheau, spécialiste des OGM à l'Inrae (Institut national de la recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement).

Pour les opposants aux OGM, l'édition de gènes, une technique ciblée qui permet de provoquer une mutation de la plante sans ajouter de matériel génétique étranger, induit une manipulation «mal maîtrisée» aux «effets inattendus», détaille le chercheur.

La résistance aux herbicides qu'elle provoque permet d'avoir plus souvent recours à ces produits, ce qui présente des risques pour la santé et l'environnement, selon eux.