/news/currentevents
Navigation

850 000 $ réclamés à l’ex-PDG de SNC-Lavalin

Pierre Duhaime n’aurait pas payé son avocat en entier

palais de justice de Montréal
Photo d’archives, Chantal Poirier Pierre Duhaime a évité un procès de six mois en plaidant coupable à un chef d’abus de confiance, au palais de justice de Montréal, le 1er février 2019.

Coup d'oeil sur cet article

L’ancien PDG de SNC-Lavalin n’en a pas fini avec la justice. Coupable d’abus de confiance pour avoir pris part au pire cas de corruption de notre histoire, il est maintenant poursuivi au civil par son propre avocat, qui lui réclame des honoraires impayés totalisant près de 850 000 $.

Le criminaliste Michel Massicotte défend ses illustres clients bec et ongles depuis 43 ans.

Il a notamment représenté l’ex-premier ministre Jean Charest, qui est dans la mire de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) concernant le financement politique, et l’animateur déchu Éric Salvail lors de son procès pour agression sexuelle. 

Mais les conseils juridiques de celui à qui le Barreau du Québec a décerné le titre d’avocat émérite se monnaient pour une somme appréciable. 

Et gare à qui n’acquittera pas son dû.

Me Massicotte vient d’intenter une poursuite en Cour supérieure contre son ancien client Pierre Duhaime pour des honoraires impayés.

Trois mois de travail

Le criminaliste lui reproche de ne pas lui avoir versé la somme de 726 705, 24 $, soit le montant des services rendus entre le 22 octobre 2018 et le 1er février 2019.

En ajoutant les intérêts, c’est un total de 846 728, 33 $ que Pierre Duhaime devrait à son avocat pour les trois derniers mois de son mandat.

« À part les factures no 1278 et no 1281, tous les comptes d’honoraires du demandeur pour les services rendus au défendeur du 22 mars 2012 au 21 octobre 2018 ont été payés », lit-on dans la requête déposée récemment au palais de justice de Montréal.

Duhaime avait requis les services du réputé juriste quelques mois avant son arrestation dans la foulée du plus grand scandale de corruption du Canada, à l’automne 2012.

Ex-PDG de la firme de génie SNC-Lavalin, l’homme maintenant âgé de 66 ans avait été inculpé de diverses accusations, dont complot et fraude, dans le dossier de la construction du Centre universitaire de Santé McGill (CUSM).

Pots-de-vin

Pour s’assurer d’obtenir le contrat du mégahôpital montréalais, SNC-Lavalin a versé 22,5 millions $ en pots-de-vin.

Les procédures judiciaires contre Pierre Duhaime se sont étirées jusqu’en février 2019, moment où Me Massicotte – assisté de Me Nicholas St-Jacques – a réussi à s’entendre avec la Couronne pour éviter un procès de six mois. 

Sentence clémente

L’accusé a plaidé coupable à un seul chef d’abus de confiance et a écopé d’une peine de détention à domicile de 20 mois.

Le sexagénaire purge cette peine, qui s’achèvera sous peu, dans sa luxueuse résidence de plus d’un million $, érigée en bordure du fleuve Saint-Laurent, à Dorval.

Qualifiant le crime de son client « d’erreur de jugement », Me Massicotte avait même défendu Duhaime devant les journalistes qui avaient soulevé la clémence de cette incarcération dans une prison dorée.

« Il a agi par ignorance volontaire dans l’objectif d’aider SNC-Lavalin à obtenir le contrat du CUSM. Il n’a bénéficié d’aucune somme d’argent, il n’a pas autorisé ni n’avait connaissance des paiements corruptifs de 22,5 millions $ », avait déclaré l’avocat à l’époque.  

Selon la poursuite, Me Massicotte a envoyé une mise en demeure à son ancien client en janvier dernier pour tenter de récupérer son dû.

Malgré une réponse de Pierre Duhaime, dont le contenu n’est pas précisé dans le document judiciaire, la somme n’aurait toujours pas été versée.