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Le rapport du négociateur Yvon Charest sous la loupe

Le document sur le pont de Québec n’a pas encore été rendu public

pont de Quebec
Photo Simon Clark Le très rouillé pont de Québec a fêté ses 100 ans en 2017.

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Vendredi, Le Journal révélait la principale recommandation du rapport du négociateur spécial, Yvon Charest, dans le dossier du pont de Québec. L’homme d’affaires y estime que la «seule option viable» est la rétrocession de l’infrastructure au gouvernement fédéral. Outre cette suggestion, le document de 36 pages, qui n’a toujours pas été rendu public par Ottawa, contient divers éléments d’intérêt. 

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Un joyau patrimonial

Yvon Charest recommande des mesures de mise en valeur du pont «afin de favoriser le rayonnement national et international de cette merveille d’ingénierie présentement méconnue».

Il évoque pêle-mêle un centre d’interprétation, des activités de tourisme (croisières, marches guidées, escalade), l’ajout d’une passerelle d’observation de la structure ou encore la création d’un timbre ou d’une pièce de monnaie commémorative.

Il relance également l’idée d’une inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Quelle participation du Québec et du CN ?

Le négociateur n’avance pas de chiffres quant aux montants que le CN et le gouvernement du Québec mettraient sur la table pour le pont de Québec.

Il dessine cependant les contours d’une «contribution adéquate des partenaires à l’entretien de l’infrastructure». 

D’après Yvon Charest, «les contributions du CN et du MTQ devront être suffisantes pour payer la totalité du programme d’entretien du scénario de base (le premier des six scénarios détaillés dans le rapport), tandis que le gouvernement fédéral serait responsable des investissements supplémentaires requis pour assurer la pérennité du pont et sa mise en valeur».

Aussi, «les contributions du CN devront inclure un montant supplémentaire en compensation pour les risques liés au pont qui seraient transférés au gouvernement fédéral, et en guise de frais d’usage pour cette infrastructure stratégique», écrit-il.

Un pont sécuritaire

Yvon Charest fait siennes les conclusions du CN, de Transports Canada et du ministère des Transports du Québec quant au fait que « le Pont est sécuritaire pour son utilisation actuelle. Toutefois [il] est à la limite de sa capacité portante ».

Le négociateur mentionne que « le programme d’entretien du CN est adéquat selon les standards de l’industrie ferroviaire, et la compagnie s’est acquittée de ses obligations quant à la structure. Cependant, en tant qu’entité privée, le CN n’a aucune obligation quant aux aspects esthétiques du Pont ».

Vers une peinture «sélective et préventive»

Se basant sur les derniers rapports (2018 et 2019) d’inspection de la structure du pont, réalisés par la firme Norda Stelo, M. Charest juge que «la peinture intégrale n’est plus l’approche privilégiée financièrement pour assurer la pérennité du Pont».

D’après lui, «les investissements dans la réparation et le remplacement des membrures d’acier du pont doivent être priorisés [...]. Le programme de peinture sélective ciblée du CN pourrait être bonifié et accéléré».

Six scénarios, dont les coûts varient de 694 M$ à 1,16 G$, sont détaillés. Yvon Charest privilégie le scénario qui prévoit des investissements de 784 M$, sur 25 ans, pour l’entretien et la peinture de l’infrastructure.  

Les trois options étudiées

À part «l’option privilégiée» d’une reprise par le fédéral, Yvon Charest a examiné deux autres hypothèses.

«L’option législative» aurait consisté à adopter une loi obligeant le CN à peinturer le pont. Cette solution a toutefois été écartée, car elle aurait vraisemblablement ouvert la voie à une nouvelle saga judiciaire entre Ottawa et le Canadien National (CN).

L’autre option envisagée était la «cession» du pont au gouvernement du Québec. Or, cette avenue a également été rapidement exclue.

«La réponse du Québec à l’idée de cette option fut négative. La province n’a exprimé aucun intérêt à acquérir la structure», écrit Yvon Charest.