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Montréal doit avoir sa «Journée Jackie-Robinson»

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« Black Lives Matter », qui se traduit par « la vie des Noirs compte », est un mouvement né en 2013 aux États-Unis dans la communauté afro-américaine militant contre le racisme systémique envers les Noirs. Mais il y a un peu de Montréal dans l’origine de cette grande manifestation pacifique.

On pourrait sans prétention et avec un brin de fierté dire que ce mouvement s’est amorcé à Montréal en 1946 au coin de l’avenue De Lorimier et Ontario, soit au stade de baseball De Lorimier, où évoluaient les Royaux de Montréal, affiliés aux Dodgers de Brooklyn.

Parlons un peu de cette équipe qui alignait le lanceur Jean-Pierre Roy, devenu 23 ans plus tard le premier descripteur et analyste à la radio et à la télévision des Expos.

Cet artilleur québécois était une idole pour plusieurs Québécois et un modèle pour plusieurs jeunes qui voulaient suivre ses traces. En 1946, il était aussi populaire que Maurice Richard et le légendaire lutteur Yvon Robert. 

Contrairement à plusieurs Américains au sein de cette équipe, il n’a jamais hésité à se lier d’amitié à un coéquipier qui a changé l’histoire de l’Amérique du Nord, soit l’immortel Jackie Robinson. 

En octobre 1945, Branch Rickey, le directeur-gérant des Dodgers de Brooklyn, a fait signer un contrat professionnel au premier Afro-Américain de l’histoire à jouer pour une équipe de baseball professionnel.

Ce moment historique a permis à Jackie Robinson d’évoluer avec les Royaux, une équipe composée seulement de Blancs. 

« Black Lives Matter »

Donc, le 18 avril 1946 fut le début de « Black Lives Matter ». En cette journée, Jackie Robinson, le joueur de deuxième but des Royaux, a changé le visage de l’Amérique du Nord quand il est devenu le premier joueur afro-américain à disputer un match dans le baseball professionnel. 

En 1987, afin de souligner le 40e anniversaire des débuts de Robinson dans le baseball majeur, Charles Bronfman, l’ancien propriétaire des Expos, et John McHale, le président des Expos, ont participé au projet d’ériger une statue de Jackie aux coins de l’avenue De Lorimier et de la rue Ontario sur le site de l’ancien stade des Royaux, où l’on retrouve maintenant la polyvalente Pierre-Dupuy.

Il y a quelques années, le bronze a été déménagé à l’extérieur du Stade olympique. Croyez-moi, c’est sans aucun doute le meilleur endroit. Pourquoi ? Plusieurs millions de touristes ont visité le Stade olympique, sans oublier les nombreux tours guidés où le guide souligne la présence de la statue tout en donnant une leçon d’histoire sur le début de la carrière de Jackie Robinson à Montréal.

L’ancien député bloquiste Gilles Duceppe et les élèves de la polyvalente Pierre-Dupuy ont rendu un vibrant hommage à ce grand citoyen en inaugurant le gymnase Jackie-Robinson.

Il y a quelques années, j’ai accompagné son épouse, Rachel, à la polyvalente car elle désirait remercier les élèves pour ce grand hommage décerné à son époux.

Événement historique

En 2011, j’ai participé avec des diplomates américains au dévoilement d’une plaque commémorative au 8232 de l’avenue De Gaspé, la résidence des Robinson à Montréal.

J’ai appris dernièrement que la saison 1946 de Jackie Robinson avec les Royaux de Montréal est désignée comme événement historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec, à la suggestion de la Ville de Montréal.

J’ai participé étroitement pendant deux ans aux travaux avec les responsables du comité de la toponymie de la Ville de Montréal afin qu’on rende hommage à Gary Carter, l’ancien receveur étoile des Expos.

En mai 2013, la rue Gary-Carter a été inaugurée devant le stade où les Expos ont joué pendant leurs huit premières saisons et qui a depuis été reconverti en Stade IGA, où on trouve le Centre national d’entraînement de tennis.

La rue Gary-Carter a été un beau geste ; cependant, l’administration municipale devrait maintenant rendre un vibrant hommage au premier joueur de baseball afro-américain qui a ouvert le chemin pour les Afro-Américains dans tous les domaines de la société en Amérique du Nord. 

En honneur de ce grand homme qui, en 1946, n’a pas craint de se battre pour démontrer que « la vie des Noirs compte », la Ville de Montréal doit désigner une « Journée Jackie-Robinson ».