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Femmes fortes recherchées

Erin O'Toole
Photo Agence QMI, Marc DesRosiers Erin O’Toole est devenu le nouveau chef du Parti conservateur du Canada le 23 août dernier.

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Erin O’Toole aimerait que plus de Canadiens « voient un conservateur quand ils se regardent dans le miroir ».

Et si son parti était un meilleur reflet de la société ?

Malgré ses bonnes intentions, le nouveau chef conservateur a du chemin à faire en la matière.

Sur les 51 membres que comptent sa garde rapprochée et le groupe de députés de son cabinet fantôme, seulement 13 sont des femmes, une proportion de 25 %. 

C’est moins que le nombre de députés antiavortement (16) récompensés par leur chef.

En revanche, ce n’est pas si mal lorsqu’on fait la comparaison avec la proportion de femmes dans l’ensemble du caucus conservateur, un maigre 17 %.

Quant aux pro-vie, ils sont eux aussi plus nombreux dans l’ensemble des députés (près de 40 %) que parmi les chouchous du chef (31 %). 

Symboles

Le parti a historiquement de la difficulté à faire élire des femmes. Cela se traduit dans les intentions de vote. 

Un récent sondage indiquait que les libéraux avaient sur eux un avantage oscillant autour de 10 points de pourcentage. C’est énorme. Les conservateurs ont néanmoins une avance similaire chez les hommes. 

Erin O’Toole est pleinement conscient qu’il doit diversifier son équipe. 

Dans son premier discours devant ses collègues, hier à Ottawa, M. O’Toole a souligné à grands traits l’apport de ses députés féminins ainsi que des Québécois et de ses collègues issus de l’immigration. 

M. O’Toole a aussi fait une place dans sa garde rapprochée au premier député conservateur ouvertement homosexuel. 

Certains diront que ce sont les idées et la compétence qui comptent. Mais en politique, les symboles ont leur importance.

Et tant qu’à jouer sur les symboles, M. O’Toole devra recruter (et idéalement faire élire) plus de femmes fortes en vue du prochain scrutin.

Au Québec

La question maintenant est de savoir si M. O’Toole saura y arriver. 

Car les options sont pour lui limitées ; ce sont généralement les militants qui choisissent les candidats, et non le chef. 

Dans ce sens, le Québec offre l’occasion au parti d’injecter du sang neuf. Dans la province, on ne se bouscule pas aux portillons pour représenter les bleus, contrairement à d’autres endroits au pays. L’entourage du chef a donc davantage son mot à dire sur le choix du candidat.

Ça adonne bien. Une course à trois se dessine au Québec. L’arrivée de M. O’Toole (ou le départ d’Andrew Scheer) donne un nouveau souffle aux conservateurs dans les intentions de vote. Le Bloc québécois en a d’ailleurs pris note.

Nous saurons bientôt si M. O’Toole est sérieux dans sa volonté de moderniser l’image de son parti.