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Le temps presse pour Transat

Le voyagiste québécois est forcé de brûler 1,7 million de dollars par jour

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Les choses pourraient difficilement aller plus mal pour Transat. Alors que ses liquidités fondent à vue d’œil, le voyagiste commence à s’inquiéter sérieusement que la transaction avec Air Canada ne tombe à l’eau.

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« C’est fou comment nous souffrons », a lancé jeudi le grand patron de l’entreprise montréalaise, Jean-Marc Eustache, au cours d’une téléconférence avec les analystes financiers.

Au cours de la période de trois mois qui a pris fin le 31 juillet, Transat a puisé plus de 157 millions $ dans ses liquidités, soit 1,7 million $ par jour.

En excluant les dépôts de clients, Transat n’a plus que 219 millions $ dans ses coffres. L’entreprise est actuellement en « discussions avancées » pour obtenir du financement additionnel, mais ses dirigeants ont noté que pour s’endetter davantage, elle pourrait devoir obtenir le consentement d’Air Canada.

« Ce qui compte vraiment pour l’instant, ce sont nos liquidités », a admis M. Eustache.

Résultats décevants

Transat a enregistré à son troisième trimestre des résultats bien inférieurs aux attentes des analystes. Avec des revenus d’à peine 9,6 millions $, en baisse de 99 % par rapport à l’an dernier, l’entreprise a subi une perte nette de 45,1 millions $. Il faut dire que ses avions n’ont repris les airs que le 23 juillet.

Mince consolation : en août, les appareils de Transat ont affiché un taux d’occupation d’un peu plus de 50 %, ce qui est faible, mais tout de même supérieur à la moyenne observée au sein des grands transporteurs mondiaux.

Le grand patron de Transat s’est encore une fois plaint du refus des gouvernements d’instaurer des mesures d’aide spécifiques pour le secteur du voyage.

« Il semble qu’au Canada, notre industrie n’existe pas », a-t-il déploré.

Licenciements en vue

Notons tout de même que depuis le début de la pandémie, Transat a touché plus de 66 millions $ au titre de la subvention salariale.

Si ce programme fédéral n’est pas reconduit au-delà de décembre, Transat compte supprimer de façon permanente quelque 2000 postes actuellement occupés par des employés mis à pied au printemps. À l’heure actuelle, l’entreprise compte à peine 1800 salariés actifs, soit 35 % des 5100 travailleurs à son emploi au Canada avant la pandémie. 

Jean-Marc Eustache a par ailleurs semblé fort nerveux quant au sort de la transaction de 720 millions de dollars qui doit faire passer Transat dans le giron d’Air Canada.

« Je n’aurais jamais pensé que j’attendrais aussi longtemps », a-t-il lancé, en dénonçant les nombreuses demandes de renseignements de la Commission européenne, à qui Transat a déjà envoyé plus de 100 000 pages de documentation.

« Je suppose qu’il n’y a pas de pandémie en Europe », a lâché M. Eustache, visiblement exaspéré.

Si l’examen des autorités prend plus de temps que prévu, Transat pourrait être incapable de respecter la date butoir pour conclure la transaction, fixée au 27 décembre.

Le cas échéant, « nous devrons avoir une discussion avec Air Canada et décider ensemble : voulons-nous continuer, veulent-ils continuer, oui ou non ? » a glissé M. Eustache.