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Un prix Nobel pour le Joker?

Le président des États-Unis, Donald Trump
Photo AFP Le président des États-Unis, Donald Trump

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Ce serait bien le restant des écus comme on dit.

Selon M. Tybring-Gjedde, un élu de la droite populiste norvégienne, le président américain mériterait le Nobel de la paix pour son rôle dans l’apaisement des relations entre les Émirats arabes unis et Israël.

Bien qu’il nie que le Joker soit son idole, c’est quand même la seconde fois qu’il soumet sa candidature pour le Nobel de la paix.

Avouons que celui qui s’emploie davantage à diviser son pays et à mettre sa démocratie en péril inspire tout sauf la paix.

Ce n’est pas parce qu’on propose une candidature qu’elle est retenue, mais ça n’empêche pas le commandant en chef de se pavaner. Rien ne semble vaincre sa fatuité.

Les sondages qui ne le favorisent pas sont évidemment truqués.

Il nie toutes les déclarations qu’on lui attribue.

Ces jours-ci, on en déterre une par semaine. La plus virulente fut rapportée par le magazine The Atlantic. Trump aurait refusé en 2018 d’effectuer une visite officielle dans un cimetière militaire américain en France. Pourquoi visiter un cimetière d’anciens combattants de la Première Guerre tombés au champ d’honneur? Il les considère comme des losers.

Cette déclaration, qui a soulevé l’ire de tous les corps d’armée des États-Unis, vient d’être supplantée par une autre aussi fracassante. Dans son plus récent ouvrage à paraître, le célèbre journaliste Bob Woodward affirme que Trump a admis avoir minimisé la menace de la COVID-19 alors qu’il était totalement conscient de ses dangers.

Encore une fake news? Hélas non, le célèbre journaliste possède un enregistrement audio à l’appui.

Notre golfeur émérite et ses troupes s’empressent de faire du damage control et les spins doctors travaillent à plein régime.

Le président devrait avoir à l’esprit qu’un menteur compulsif doit s’astreindre à exercer sa mémoire.

Ainsi, il évite de s’empêtrer dans ses mensonges et de se peinturer dans un coin pour se disculper.

Ses collaborateurs et porte-parole qui affrontent les médias lui en seraient certainement reconnaissants.

Pensons à la pauvre Sarah Huckabee Sanders, qui a repris du galon la semaine dernière pour tenter de réparer les pots cassés au sujet de l’épisode du cimetière militaire américain en France.

Sans oublier l’actuelle secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Kayleigh McEnany, forcée au quotidien de nous faire avaler des couleuvres.

Le Joker s’en moque, il continue à jouer son rôle de sauveur de la nation. Et cet acteur de troisième ordre a encore bien du succès.