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COVID-19: amendes salées pour les contrevenants

Bars, restos et clients pourraient payer de 400 $ à 6000 $ s’ils ne respectent pas les règles sanitaires

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La police de Québec aura à l’œil les tenanciers et les clients des restaurants et des bars : elle donnera des amendes dès samedi s’ils refusent de se conformer au port du masque et à la distanciation.

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« On va changer de ton à partir de maintenant », a avisé le chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Robert Pigeon, dans une rencontre avec les médias vendredi matin. « L’ensemble des établissements licenciés de notre territoire vont être vérifiés. »

« Nous sommes passés d’une situation très enviable et même très confortable à une situation de préalerte. Les cas positifs de coronavirus se sont multipliés et continuent à s’accélérer », a indiqué le chef, qui dit avoir comme objectif de freiner la propagation de la COVID-19. 

Pour ce faire, les policiers auront dès samedi un nouvel outil de travail. Le décret gouvernemental qui est entré en vigueur leur donnera le pouvoir de distribuer des constats d’infraction sur place.

Et contrairement à avant, où seulement le tenancier d’un établissement pris en défaut pouvait se voir remettre une amende, maintenant le client aussi pourra recevoir un constat.

Contraventions salées

Les amendes seront salées : 400 $ pour une première offense. Pour les récidivistes, ce montant pourrait grimper jusqu’à 6000 $, mais l’échelle exacte reste à être fixée par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a indiqué vendredi le cabinet de la ministre Geneviève Guilbault. Les mêmes montants s’appliquent pour les commerçants.

Les règles à respecter sont le port du masque obligatoire dans les lieux fermés et la distanciation de deux mètres dans les rassemblements en tout lieu, intérieur ou extérieur. Les policiers devront franchir six étapes avant de donner un constat, notamment demander au client ou au tenancier de se conformer. 

Bars de danseuses

Déjà, jeudi soir, six établissements ont été visités. Deux bars de danseuses ont été ciblés par les policiers qui ont constaté que des danses contact avaient lieu, en contravention des normes du décret. Le SPVQ étudie la possibilité de remettre des rapports d’infraction qui seront délivrés aux tenanciers.

« Ce sont des comportements irresponsables », a déploré le chef.

À partir de samedi, « le gouvernement nous donne l’outil pour remettre plus rapidement des constats », a indiqué le chef Pigeon.

Il a souligné qu’en grande majorité, les gens se conforment aux règles. La police ne reçoit pratiquement plus d’appels de citoyens pour signaler un rassemblement privé illégal. Les règles sont bien respectées aussi dans les épiceries et commerces. Ce sont les bars et restaurants qui restent à surveiller, selon M. Pigeon.

« Il y aura des effectifs sur chaque relève de patrouille pour faire respecter le nouveau décret. » S’il y a lieu, des policiers pourraient être ajoutés. Également, chaque policier, même s’il n’est pas affecté à cette tâche, pourra remettre un constat en cas d’infraction. 

—Avec la collaboration de Vincent Larin, Agence QMI 

Six étapes avant de remettre un constat 

  1. Constater l’infraction
  2. Consigner l’espace, la disposition des lieux
  3. Demander à l’individu de se distancier à plus de 2 mètres
  4. Laisser le temps à l’individu de le faire
  5. En cas de non-collaboration, indiquer à l’individu à quoi il s’expose
  6. En cas de non-collaboration, procéder à la remise d’un constat d’infraction 

Pas d’amende pour les enfants  

Les parents n’ont pas à craindre que leur progéniture leur revienne avec une contravention parce qu’elle a joué avec les voisins à moins de deux mètres.

Le chef de police Robert Pigeon a été clair. « Les enfants, c’est la même mesure qu’on avait avant. Les enfants peuvent continuer de se fréquenter. Par contre, les adultes, eux, doivent respecter les deux mètres. »

Ainsi, dans un rassemblement privé, les consignes qui s’appliquent sont toujours de respecter un maximum de 10 personnes qui doivent s’assurer de conserver une distance entre elles.

Le fait de limiter à trois familles n’est pas régi par le décret, a souligné M. Pigeon. « C’est une suggestion. » 

Dénonciations peu nombreuses 

Signe que les consignes sont généralement respectées, le service de police reçoit très peu d’appels du public pour dénoncer des situations illégales.

« Il n’y a pas d’augmentation significative. Pour moi, ça veut dire que la très grande majorité des citoyens de Québec se conforment et veulent, eux aussi, collaborer avec les instances du gouvernement du Québec », s’est réjoui le chef Robert Pigeon.

Il faudra voir, maintenant, si le resserrement des mesures changera la donne. « Maintenant que le gouvernement a monté le ton, on verra si ça va mener à une augmentation des appels. On sera prêts à répondre à la demande. » 

Appel à la responsabilité  

Les policiers avaient un message, vendredi, pour les personnes qui se savent infectées et qui jugeraient bon de continuer de se promener quand même dans leur voisinage.

Ils se faisaient l’écho du premier ministre, François Legault, qui a lancé sensiblement le même message vendredi.

« Si des membres de la communauté ont des symptômes de la maladie et sont en attente d’un diagnostic, il serait sage et responsable de rester à la maison, si on ne veut pas se retrouver avec des épisodes qu’on a vus dans certains bars de la région où une personne était infectée », a énoncé le chef Robert Pigeon.

« La responsabilité nous oblige à rester à la maison. »

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