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Éviter de punir tout le monde

Bled Resto Lounge COVID-19
Capture d'écran, Instagram On ne peut pas faire vivre la fermeture à tout le monde pour une poignée de récalcitrants.

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Un karaoké qui a platement erré provoque la fermeture de tous les autres. Ceux qui avaient respecté toutes les règles et investi beaucoup d’argent pour se conformer sont punis injustement. Certains vont même en mourir.

Pourtant, on devait désormais éviter ces fermetures généralisées. C’est de façon ciblée seulement que le gouvernement devait imposer ses mesures restrictives. C’est l’approche derrière la carte colorée que diffuse désormais le gouvernement.

Il s’agit d’ailleurs d’une excellente approche. Le confinement doit être évité au maximum dorénavant. Il doit être strictement limité à des conditions extrêmes, lorsque la circulation de la maladie contagieuse serait devenue ingérable. 

Non au confinement 

Le confinement généralisé du printemps dernier fut une mesure extrême pour une situation extrême : nous n’avions aucune préparation comme société pour affronter une pandémie. Pris au dépourvu, nous avons pris une mesure tous azimuts pour protéger notre système de santé.

Lorsque la COVID-19 entre sérieusement dans une région, le gouvernement a désormais l’avantage de pouvoir agir localement. Il évite ainsi de perturber la vie ailleurs, où les choses se passent bien. Ce principe de ne pas faire payer toutes les régions parce qu’une éclosion survient à un endroit devrait aussi s’appliquer aux commerces et établissements ?

La règle générale pensée par le gouvernement est la suivante : accroître la surveillance et la distribution de contraventions lorsqu’une région passe au jaune et commencer à imposer des restrictions à partir du code orange. Dans le cas extrême d’une région au rouge, les restrictions seront plus sévères, pouvant même aller jusqu’à une sorte de confinement.

Je me répète : le confinement sous toutes ses formes doit être évité dans toute la mesure du possible. Dans le cas de cet automne, un confinement serait bien pire qu’au printemps. L’économie est fragilisée, les entreprises aussi. Les gouvernements ne pourront plus emprunter autant pour distribuer l’argent. 

Mais, surtout, dans un monde où les mesures sanitaires sont connues et largement appliquées, le confinement impose une punition exagérée à tout le monde. Si une poignée de restaurateurs irresponsables se rendent coupables de générer des éclosions majeures, faut-il que tous les autres restaurateurs payent ? Je réponds non. Même chose pour des bars, des commerces ou des lieux de sports ou de loisirs.

Contraventions et amendes 

Les contraventions sont toujours un outil bien désagréable. Dans le cas des mesures sanitaires, les policiers n’ont pas particulièrement le goût de distribuer des constats et de se chicaner avec des citoyens chaque fois. Je suis le premier à ne pas aimer avoir cette impression de vivre dans un État où tout est patrouillé par la police.

Mais dans ce cas-ci, si l’on ne pénalise pas sévèrement les propriétaires d’établissements ou les organisateurs de rassemblements qui violent les règles sanitaires de base, c’est tout le monde qui va finir par payer. Comme pour les karaokés.

Aussi plate que cela puisse paraître, nous n’avons pas le choix de souhaiter des pénalités sévères pour les récalcitrants. Ils auront été avertis.