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Louis-Jean Cormier a «le goût de dédramatiser l’écriture d’une chanson»

Louis-Jean Cormier
Photo courtoisie, Maude Chauvin Louis-Jean Cormier

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Moins de fignolage, plus d’instinct. Depuis qu’il a échangé sa guitare contre un piano pour composer Quand la nuit tombe, et qu’il a renoué avec son vieux complice François Lafontaine, Louis-Jean Cormier a revu sa manière de créer, qu’il estime plus proche de l’esprit qui prévalait au sein de Karkwa. 

Justement, l’auteur-compositeur-interprète peaufine ces jours-ci les chansons laissées en plan durant les séances d’enregistrement de son dernier album et qui se retrouveront sur celui qu’il souhaite présenter aussi tôt qu’au début de 2021.

Au téléphone, Louis-Jean Cormier ne se lasse pas de jaser création. De ses chansons en gestation, il dit qu’elles flirtent avec la soul et le jazz contemporain. «Je suis encore dans mon trip sans guitare», dit-il, précisant qu’il y en aura tout de même un peu, cette fois.

Qu’importe le résultat final, c’est de la route pour s’y rendre qu’il avait envie de parler.

«Il y a comme une espèce de détachement en moi qui fait que j’ai le goût de dédramatiser l’écriture d’une chanson. Souvent, j’ai été à la loupe et au peigne fin pour que la prochaine chanson soit la meilleure du monde.»

«Là, poursuit-il, j’ai le goût de suivre la musique et ne pas être trop à cheval sur chaque petit détail, chaque syllabe, chaque virgule. C’était de même qu’on travaillait avec Karkwa dans le temps. Peut-être que je suis en train de revenir au naturel.»

Une belle équipe

À ce propos, l’apport de François Lafontaine, qui a renoué musicalement avec Cormier sur Quand la nuit tombe, est tout sauf négligeable. Les deux amis se complètent à merveille dans un studio, note Louis-Jean Cormier.

«Je comprends pourquoi on a fait de la musique ensemble pendant quinze ans, à quel point nos forces ne sont pas aux mêmes places et que nous formons une belle équipe. François est toujours dans une démarche hyper inspirée avec des références fucking obscures. Moi, ça me déstabilise, ça me fait triper. De mon côté, je me suis stabilisé dans l’écriture d’une façon plus organisée, plus concise.»

Autrement dit, «il est capable de crisser la marde pendant que je tiens le squelette».

Cela dit, Louis-Jean Cormier adore confier ses idées de chansons à d’autres pour voir où celles-ci aboutiront. Il songe même, un jour peut-être, à aller cogner à d’autres portes, hors de nos frontières.

Il pense même le faire à l’international. Il cite des jeunes artistes qui travaillent pour le compte de vedettes comme Childish Gambino ou Beyoncé.

«J’aimerais ça voir ce que ça donne quand j’arrive avec l’ADN d’une chanson et que je mets ça dans la tête de quelqu’un qui ne connaît rien de ce que j’ai fait ni de mon parcours. Même avec un Daniel Lanois, j’aimerais ça...»

«J’ai envie de voir des êtres humains»

Avant que tout cela se concrétise, Louis-Jean Cormier a un concert devant du vrai monde à son horaire, vendredi, à Québec, dans le cadre de FEQXP, un événement musical organisé par le Festival d’été à l’Impérial Bell.

Il a beau qualifier les spectacles virtuels en temps de pandémie de «beaux prix de consolation», rien n’allume plus notre Louis-Jean national qu’un public en chair et en os.

Même si ce sera en solo, devant une poignée de spectateurs (mais il sera possible de voir le concert en ligne).

«J’ai envie de voir des êtres humains, de jouer devant des personnes vivantes», s’enflamme-t-il.

Parce que l’art vivant, «ça nous manque vraiment, autant les mélomanes que les artistes.»

Difficile de le contredire.


Louis-Jean Cormier en concert, le 18 septembre, à 18 h 30, à l’Impérial Bell et en ligne. Détails et programmation complète sur feq.ca.