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La magie boursière refait surface

Lightspeed
Photo courtoisie L’entreprise québécoise de paiements électroniques Lightspeed est listée depuis hier à la Bourse de New York, avec un prix établi à 30,50 $ US l’action. Sous le symbole LSPD, Lightspeed était déjà inscrite à la Bourse de Toronto depuis mars 2019.

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Après un départ en lion qui a propulsé, en février, les indices à des niveaux records, la bulle boursière a éclaté. L’arrivée de la satanée pandémie mondiale de COVID-19 a généré une débandade explosive qui a dégonflé les indices de 30 à 35 % en mars. Mais dès avril, malgré la grave crise financière, la magie boursière a refait surface pour permettre aux investisseurs de récupérer au fil des mois suivants une grande portion des pertes subies en mars. Arrive septembre, voilà que la Bourse se remet en mode correction...

Si la nouvelle tendance baissière se maintient, les baromètres des bourses de Toronto et de New York pourraient boucler l’année en baisse de 5 % par rapport à leur niveau actuel.

Dans Le mensuel boursier de septembre de la Financière Banque Nationale, le stratège en chef, Stéphane Marion, et son collègue, Matthieu Arseneau, prévoient que le S&P 500 de la Bourse de New York reculera d’ici la fin de l’année au niveau des 3200 points, soit 4,2 % de moins que le niveau actuel.

Et en ce qui concerne le S&P/TSX de la Bourse de Toronto, les deux spécialistes de la Financière anticipent un recul à 15 300 points, baissant ainsi de 5,5 % par comparaison au présent niveau.

Si les prévisions de la Financière s’avèrent exactes, le S&P 500 bouclerait l’année 2020 presque au même niveau qu’à la clôture boursière de 2019, ce qui serait en soi une relative bonne performance compte tenu de la crise financière déclenchée par la pandémie.

Mais le S&P/TSX de Toronto, lui, ferait malheureusement piètre figure puisqu’il terminerait l’année 2020 en recul de 10 % par rapport à la fermeture des marchés à la fin de décembre 2019.

SURÉVALUATION

Pour vous montrer à quel point la Bourse baigne fondamentalement dans la surévaluation, sachez que les actuels ratios C/B (cours des actions divisés par les bénéfices prévisionnels à 12 mois) dépassent grandement la moyenne de la dernière décennie pour tous les secteurs de l’indice S&P 500 de la Bourse de New York, lequel indice est le plus important indice boursier au monde.

La Financière Banque Nationale rapporte que le ratio C/B du S&P 500 s’élève actuellement à environ 22,6 alors que la moyenne sur 10 ans n’est que 15,6.

Du côté de l’indice torontois S&P/TSX, on évalue présentement le ratio C/B à 18,1 comparativement à une moyenne de 14,8 sur 10 ans.

Cette comparaison laisse présager que la Bourse américaine serait théoriquement surévaluée de 45 % par rapport à sa moyenne de la dernière décennie et la Bourse canadienne de 22 %.

  • Écouter la chronique économique de Michel Girard, chroniqueur à la section Argent du Journal de Montréal et au Journal de Québec, sur QUB Radio:

EMBÛCHES

Malgré une correction de 10 %, le NASDAQ reste gonflé à bloc : il affiche une spectaculaire hausse de 21,7 % depuis le début de l’année alors que tous les autres grands indices boursiers de la planète accusent des reculs.

Voir les titres de haute technologie se négocier à des prix aussi élevés rappelle de mauvais souvenirs, dont celui de l’éclatement de la bulle internet et des télécoms de l’an 2000.

En dépit de leur recul de 10 à 12 % en Bourse, les cinq géants du GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) n’en continuent pas moins d’accaparer une position démesurée dans la capitalisation boursière du S&P 500 de la Bourse de New York. On parle ici de 25 %.

Autre facteur d’inquiétude : la reprise effrénée des fusions et des acquisitions d’entreprises en juillet et en août rappelle que toute vague dans ce domaine risque de mal se terminer.

Le blocage par les démocrates du plan de relance économique de 1300 milliards $ US de Donald Trump inquiète au plus haut point les grands investisseurs institutionnels.

Bien entendu, la plus grande inconnue porte sur le résultat des prochaines élections américaines. Qui, de Donald Trump ou Joe Biden, occupera la Maison-Blanche à la suite des élections de novembre prochain ?

Mais l’inconnue la plus inquiétante pour la Bourse, c’est quoi ? Ce serait de se retrouver le 3 novembre prochain aux prises avec un résultat serré à l’élection présidentielle.

Un tel scénario pourrait inciter l’un des candidats à remettre en question la légitimité des résultats. Et si la contestation présidentielle traînait en longueur, cela risquerait d’ébranler la Bourse. Solidement !