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L’unité qui divise

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Photo AFP Les gestes pacifiques de contestation dans la NFL s’étaient quelque peu estompés récemment, mais tout indique qu’ils repartiront de plus belle cet automne.

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Quand les joueurs des Chiefs et des Texans se sont rassemblés au milieu du terrain jeudi soir avant leur duel pour symboliser leur union face aux inégalités sociales, des huées se sont fait entendre. Quand les joueurs de tous les horizons des Dolphins ont choisi de se prononcer dans une vidéo, les messages négatifs autant que positifs dans le public se sont entrechoqués. Comme quoi l’unité continue de diviser.

Le message a beau être pacifique, puissant et unificateur, il ne plaira jamais à tous. Car à la base, plusieurs amateurs mécontents estiment que peu importe la manière de manifester leur mécontentement, les athlètes professionnels devraient s’en tenir au sport.

Il est frappant de constater à quel point la population américaine est tiraillée par les manifestations de toutes sortes qui se déroulent à gauche et à droite dans le monde du sport.

Selon un sondage mené par Reuters/Ipsos, les répondants qui s’identifient comme des démocrates estiment dans une proportion de 77 % que les athlètes devraient être libres d’exprimer leur mécontentement d’une quelconque façon lors des événements sportifs. C’est donc dire que l’appui a augmenté parmi cette frange de l’électorat américain depuis 2016.

Au moment où Colin Kaepernick a semé la controverse en mettant le genou au sol durant l’hymne national, les démocrates se rangeaient derrière les athlètes désireux de manifester dans une proportion de 60 %.

C’est tout le contraire dans le récent sondage chez les républicains, qui sont seulement 27 % à appuyer les athlètes dans cette cause. Le thermomètre n’a pas bougé chez eux depuis 2016, lorsqu’il ne s’élevait qu’à 25 %.

L’hymne national

Le phénomène est plutôt similaire en ce qui concerne les joueurs qui choisissent de ne pas rester debout durant l’hymne national.

Selon le même sondage Reuters/Ipsos, 54 % des répondants croient que les athlètes devraient se lever durant l’hymne. La division, déjà bien claire, l’est encore davantage en considérant que seulement 33 % des démocrates sont d’avis que les athlètes devraient obligatoirement être debout pendant ce moment, contre 81 % chez les républicains.

Même en quête d’unité, l’abîme semble irréconciliable.

Jusqu’où ça ira ?

Depuis que la pandémie de COVID-19 a foudroyé le monde du sport en mars, de nombreux amateurs de football se demandent si la NFL parviendra à présenter une saison complète.

Et si c’était plutôt l’activisme social, qui unit de plus en plus les joueurs et leurs entraîneurs, qui venait perturber les activités ?

Les joueurs savent actuellement qu’ils ont le gros bout du bâton, au sens où ce sont eux qui donnent le spectacle. Sans eux, pas de matchs. Sans match, pas de revenus.

Voilà pourquoi les gros bonnets dans les bureaux de la ligue et les richissimes propriétaires ont enfin réalisé que les problèmes d’inégalité sont suffisamment importants pour qu’ils cessent de museler complètement les joueurs.

Mais pour combien de temps la ligue continuera de donner son appui ? Si les cotes d’écoute plombent comme en 2016, que les huées résonnent de plus en plus, que les réseaux de télé deviennent frileux et que les commanditaires retirent leurs billes, le commissaire Roger Goodell risque de devenir soudainement moins solidaire des joueurs. 

Et c’est là que l’inébranlable forteresse de la NFL pourrait potentiellement voir sa saison s’effondrer plus vite qu’un volatile château de cartes.

Plusieurs diront que les joueurs et entraîneurs devraient se taire et se concentrer sur le sport qui les a grassement enrichis. Vrai qu’ils sont des privilégiés, mais la richesse ne les isole pas pour autant des injustices subies par leurs concitoyens.

5 points à surveiller  

1. Brady contre Brees

La saison commence en force avec un duel entre les quarts-arrières Tom Brady et Drew Brees, en fin d’après-midi. Brady, maintenant avec les Buccaneers, a l’habitude de démarrer en trombe avec une fiche en carrière de 14-3 lors des matchs d’ouverture. Brees a connu des ennuis dans ce contexte avec un dossier de 8-10. À ce jour, Brees a remporté trois des cinq affrontements face à Brady.

2. Nouveau format de séries

Pour la première fois depuis 1990, la NFL adopte un nouveau format de séries cette saison, avec 14 équipes qui participeront au bal de janvier, plutôt que 12. Sept équipes de chaque conférence seront qualifiées. L’équipe au sommet de chaque conférence bénéficiera d’un laissez-passer au deuxième tour éliminatoire, tandis que les 12 autres équipes rivaliseront dès la ronde initiale. Depuis 1990, au moins quatre équipes par année se sont qualifiées après avoir raté les séries la saison précédente.

3. C’est parti pour Burrow

Les Bengals lanceront dans la mêlée le quart-arrière recrue Joe Burrow. Il s’agira de la 13e année de suite qu’au moins un quart recrue évolue comme partant à la première semaine. Au cours de cette période, 23 quarts-arrières recrues ont été sur le terrain dans ce contexte. Seulement huit ont présenté un dossier gagnant au terme de leur première saison, soit Dak Prescott (2016), Russell Wilson, Andrew Luck et Robert Griffin III (2012), Andy Dalton (2011), Mark Sanchez (2009), ainsi que Matt Ryan et Joe Flacco (2008).

4. Nouveaux pilotes

Cinq équipes entament la saison avec un nouvel entraîneur-chef, soit les Giants (Joe Judge), les Cowboys (Mike McCarthy), l’équipe de Washington (Ron Rivera), les Panthers (Matt Rhule) et les Browns (Kevin Stefanski). Du nombre, Judge, Rhule et Stefanski en sont à leur première expérience dans ce rôle dans la NFL. Lors des trois dernières saisons, cinq pilotes recrues ont guidé leur équipe en séries.

5. Un revenant

L’un des retours les plus intrigants cette saison est celui d’Aldon Smith avec les Cowboys. Le secondeur extérieur s’était forgé une solide réputation avec 47,5 sacs du quart à ses 59 premiers matchs, de 2011 à 2015, avant de sombrer dans une série de problèmes personnels. Après quatre saisons loin du terrain, l’ancien des 49ers et des Raiders effectue un retour improbable et les Cowboys lui donnent un rôle de partant.