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Plus de 100 000 km2 à protéger

Il ne reste que trois mois et demi à Québec pour respecter son engagement international

Monts Chic-Chocs
Capture d'écran

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Alors que le gouvernement du Québec tarde à créer un réseau d’aires protégées comme il l’avait promis, un court métrage est lancé pour convaincre les Québécois d’appuyer la protection d’une partie des monts Chic-Chocs, essentielle à la survie du caribou de Gaspésie. Il ne reste que trois mois et demi au Québec, qui a pris l’engagement international de protéger 17% de son territoire terreste, pour atteindre son objectif. Il stagne toujours à un peu plus de 10 %. 

Convaincre avec des arguments économiques 

Dans son court métrage, la Société pour la nature et les parcs fait usage d’un argument économique. Une aire protégée n’est pas une « cloche de verre » où on ne peut plus rien faire : il est possible d’y pratiquer une multitude d’activités et de construire des infrastructures récréotouristiques, comme des gîtes par exemple. « On s’est rendu compte qu’il y avait cette perception qu’une aire protégée, c’était une clôture et qu’il n’y avait plus rien qui se passait à l’intérieur. On a senti l’importance de faire davantage de liens entre les bienfaits pour la population humaine et la création d’aires protégées », indique le directeur général et biologiste Alain Branchaud. Il est persuadé que le gain à court terme d’une industrie comme la foresterie n’arrive pas à la cheville d’un parc qui attire des touristes à longueur d’année.

Un cri du cœur pour les monts Chic-Chocs

Monts Chic-Chocs
Photo Jean-Simon Bégin

La Société pour la nature et les parcs (SNAP) lance aujourd’hui un court métrage, L’écho des Chic-Chocs, pour convaincre les Québécois d’appuyer en masse un projet de réserve biologique dans la portion des Chic-Chocs située dans la réserve faunique de Matane, au Bas-Saint-Laurent. Le court métrage met en valeur les paysages à couper le souffle de ce territoire montagneux. Les coupes forestières sur ce territoire escarpé provoquent de l’érosion et l’ensablement des fosses à saumon. En plus du caribou de Gaspésie (photo), la grive de Bicknell, une espèce menacée, niche sur ces sommets. La SNAP souligne le potentiel récréotouristique du secteur, qui peut attirer pêcheurs, chasseurs et randonneurs. 

Péribonka menacé par le ministère de la Forêt

Monts Chic-Chocs
Photo courtoisie, Comité de sauvegarde Péribonka

Le projet de protection de la rivière Péribonka (photo) est en attente du feu vert du ministère des Forêts, ce qui fait rager ses défenseurs. « On a déjà investi 100 000 $ d’argent public pour créer ce projet récréotouristique. Mais on a besoin de l’aire protégée pour garantir les paysages », déplore Ève Tremblay, du comité de protection de la rivière. Le secteur a fait les manchettes l’an dernier, quand le ministère de la Forêt a retiré des protections administratives sur le secteur, même si le caribou forestier, une espèce menacée, y réside. Il veut ouvrir le territoire aux bûcherons. 

Le ministère de l’Environnement paralysé

Monts Chic-Chocs
Capture d'écran

La création d’aires protégées au Québec avance au compte-gouttes. La torpeur du ministère de l’Environnement s’illustre à l’aide d’une donnée bien simple. Il y a actuellement au Québec près de 4000 kilomètres carrés de réserves de biodiversité, et plus de 62 000 kilomètres carrés de projets de réserves de biodiversité. Près de 25 projets de territoires protégés prennent la poussière depuis près de deux décennies. Pour que le ministère de l’Environnement aille de l’avant avec la création d’une aire protégée, il doit avoir l’autorisation d’autres ministères, comme la Forêt et l’Énergie, qui ont tendance à vouloir préserver le « potentiel économique ». « Il y a un déni de démocratie, on met les intérêts des industries avant ceux de la population », dénonce Alain Branchaud.